DU DOGME CHRÉTIEN
Ces conceptions, nous n'irons pas les demander aux philosophes qui jugent le Christianisme du dehors, ni aux chrétiens imbus des théories de la libre croyance, mais aux penseurs qui font profession de catholicisme et qui paraissent capables, sauf examen, de contribuer intellectuellement au progrès religieux. Nous laissons donc de côté, non seulement les philosophies du dogme qui ont cours chez les dissidents, mais aussi tout système qui, chez les catholiques eux-mêmes, ne ferait point la part très large à la notion du développement, — ou, si l'on veut, et si Ton enlend correctement ce terme, de l'évolution ; — car cette notion très ancienne a pris de nos jours une telle importance, grâce au génie du cardinal Newman et au progrès général du sens historique, que ne pas en tenir compte c'est désormais, pour un penseur, se mettre en dehors de la communion des esprits.
^ Revue Thomiste, juillet-août 1903.
Nous avons ainsi réduit à trois les conceptions philosophiques du dogme qui nous paraissent mériter une étude. Opération bien simple, qui peut-être aura l'air simpliste. C'est que, de parti pris, nous négligeons tout ce qui est hybride, ou trop vague, et tous les essais dont l'évolution a manqué. Nous ne soutiendrons pas^ du reste, que ces conceptions caractéristiques soient (sauf la troisième) exposées par leurs partisans sous la forme exacte que nous leur donnerons dans ces pages ; peut-être même, en nous efforçant de les tirer au clair, les aurons-nous rendues méconnaissables pour plus d'un c[ui n'y adhère qu'implicitement. Mais c'est le droit de tout critique de mettre à nu son sujet et d'en accuser fortement les grandes lignes. Nous le ferons, afin de pouvoir apprécier ensuite, dune façon nette et motivée, la valeur comparative de ces théories au point de vue de l'apologétique.