MUE PAR LES,EFFLUVES D UN MYSTERIEUX DESCENDAIT SUR PARIS (P
en de tels arrangements — prendre garde aux méchefs qui résultent d'un luxe surabondant, d'une pléthore d'aise. Ainsi, par exemple, certains nababs, jaloux de posséder un train de maison splendide, se rendent la vie odieuse par l'immixtion de la livrée en leur intimité, — obligés qu'ils sont de conserver perpétuellement une attitude (partant, de s'imposer un effort), ■ — se voient plus mal servis que de petits bourgeois, patrons d'une unique bonne, boivent de la piquette dans des bouteilles glorieusement étiquetées !
Suivant ces principes, Jerry Smith, sans cesse en déplacements, de même qu'il s'était édifié dans la plupart des cités américaines des maisons conformes à son idéal d'agrément, possédait, pour les voyages maritimes, un steamer exactement aménagé comme ces habitations, et, sur terre, l'attendant au garage de la station la plus voisine, des trains qui constituaient une réduction de son home.
Un poste de télégraphie — - qui fut
VN AVIATEUR
sans fil dès que cette méthode se trouva applicable — le reliait à ses bureaux. En même temps que son état-major de secrétaires, et que son chef français, payé dollars 50.000 annuellement, le convoi recevait un orchestre de musiciens choisis, et un vieux nègre danseur et joueur de banjo; car Jerry Smith, éclectique mélomane, révérant Beethoven autant qu'il convient, parfois se complaisait tout de même aux rythmes bizarres du cake-walk.
D'autre part, s'il avait décidé de faire route en automobile, il prenait place en de colossales deux cents HP, habitacles confortables et rapides, et trois roulottes semblables l'escortaient, au cas d'une panne, sur tous les chemins.
Au surplus, dans ses comportements, nulle ostentation; s'il se montrait en général inabordable, toutes les semaines, pendant deux heures, le vendredi, il recevait, où que ce fût. Un boy cireur de bottes se trouvait admis, au même titre qu'un lord, à ces audiences où les spécimens les plus disparates du genre humain se trouvaient représentés. Certains pèlerins de ce pape moderne avaient franchi des milliers de milles pour lui parler. Chacun avait deux minutes, scrupuleusement chronométrées par un assistant.
Le visage impassible, Jerry Smith prenait une note sur un calepin, saluait et passait à un autre.
l'institut aéronautique jerry SMITH
Jerry Smith allait apprendre l'immense ennui des hommes d'action qui ne voient plus rien à tenter, lorsqu'il s'avisa que le seul domaine encore inexploré et digne de sa sollicitude se trouvait être celui des airs.
Donc, après avoir mené à bien, comme d'usage, une dernière entreprise, colossale du reste, et qui consistait à truster l'industrie du fer, non seulement suivant les Kartells d'Allemagne et d'Amérique, mais sur l'entière surface du globe, Jerry Smith remit aux têtes de son état-major les affaires courantes, et vint à Paris « travailler ».
C'est en France, effectivement, qu'il avait résolu de fonder un vaste Institut d'études aviatoires; car il estimait que sous le rapport du pur
génie mécanique les races latines se trouvent supérieurement douées.
Il conçut cette organisation avec la prévoyante méthode qui le caractérisait en toute circonstance.
Par le moyen de correspondants répartis en réseau sur la terre, sans excepter les plus lointains pays (quelques mauvais plaisants prétendirent que l'on communiquerait même avec la Lune), de vastes bureaux devaient centraliser tout ce qui se produisait de neuf en aviation.
Un Bulletin de l'Institut, qui serait publié en éditions polyglottes, enregistrerait, classerait et commenterait les faits et les résultats.
Dans le même temps que l'on essayerait de constater le présent, de découvrir l'avenir, Jerry Smith vou-
c'était une nuit d'août finissant, avec un ciel léger, un air VELOUTE,