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LA COUPE JERRY-SMITH (SUITE

Un soleil de cérémonie luisait sur le ciel d'un tendre bleu matinal, sur les pelouses et arbres pleins de fraîcheur, sur le sable crémeux des allées.

Des barrages de sergots, dont les uniformes empruntaient un ton sympathique au charme du décor, canalisaient, parmi les trépidants escadrons des automobiles, d'innombrables badauds, dont la foule, en ruisseaux

SON SQUELETTE u'aLUMINIUM ET d'aCIER FIGURE UN GRAND VOLUCRE ANTÉDILUVIEN (P. 57).

denses, convergeait au terrain de Bagatelle où devait se donner, à huit heures, le départ pour la Coupe des aéroplanes.

Le Président de la République, en habit, suite des ministres et de leurs daines, survint avec son escorte cuirassière.

Jerry Smith, — en veston et chaussé de gros souhers jaunes, — surveillait les préparatifs, sans ostentation. Officieusement sollicité de s'asseoir près du chef de l'Etat, il déclarait: No mat ter; et cette réponse, dans sa bouche, signifiait: question récriée.

On supposait que le vainqueur serait de retour avant le crépuscule; cependant, en prévision d'arrivées nocturnes, Jerry Smith avait fait installer sur place une usine électrique, laquelle ahmenterait d'énormes projecteurs brevet Scott, hissés au sommet de grands pylônes, et capables de conférer à ce vaste terrain un éclairage de plein jour, rayonnant jusqu'à quinze cents mètres d'altitude.

D ' i m. m e n s e s tableaux d'affichage indiqueraient — grâce à ^\\W des vedettes automobi-

^ ^ les, munies d'appareils

radio - télégraphiques .

et échelonnées sur la route, — la position des dix-huit concurrents pendant toute la durée de l'épreuve.

On se montrait les baraquements où ces champions tenaient, comme des chevaux dans des box, leurs appareils enfermés jusqu'à la minute du lancer ; certains avaient fait établir, devant leur hangar, des plates-formes de projection, des catapultes, des monorails en montagnes russes.

Et autour de ce quartier de coureurs aériens, se produisait un émouvant remous d'allées et venues — officiels, chronométreurs, pilotes — que commentait l'attention en éveil de cent mille spectateurs; on discutait les chances des compétiteurs, des bookmakers établissaient la cote (le gouvernement, qui avait enfin re-

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