‹ Folie d'opiumChapitre 118 sur 129 · NICOLE DISPARUE · texte numérisé non relu

NICOLE DISPARUE

Ayant achevé un après-midi de bon travail où ils réglèrent le jeu des huit hélices conjuguées que comportait le nouveau modèle du Lebrisard- Planchut, un aéroplane avec lequel Gilles devait pouvoir, sans aléa, passer, sinon l'Atlantique, du moins la Manche, et dont le moteur à turbines parallèles, montées sur k même arbre, formait, avec des dynamos, un groupe électrogène des plus ingénieusement agencés, Gilles, M. Planchut et Paul Rebour, se reposaient

en des rocking-chairs sur la vérandah du Castel, savouraient la fin d'un beau jour d'été.

En attendant l'heure où l'on mange, ils se taisaient longuement ou n'échangeaient que des phrases brèves, comme des hommes qui, vivant côte à côte, se sont tout communiqué, et savent, quoi qu'il en soit, condenser en peu de mots ce qu'ils ont à se dire.

Le père Planchut faisait exhaler des volutes énormes à une bouffarde

^ UN AVIATF.Vn ^

de porcelaine, Rcbour rallumait sans cesse une cigarette que bientôt il laissait éteindre, par distraction, et Gilles Lebrisard ne fumait pas.

Dans la maison la sonnerie du téléphone, par appels prolongés, tinta; le père Planchut, alerte et vif comme un jeune homme, sauta sur ses pieds avant que Gilles et Rebour eussent pu le prévenir et, leur faisant signe de demeurer, pénétra dans la maison.

— Allô, ne nous coupez pas, made moiselle... C'est vous, Morisset?

— C'est moi... Dites donc, est-ce que Nicole n'est pas restée à dîner chez vous ?

• — Mais non. Elle est venue ici en

auto vers deux heures; nous avons

bavardé, elle a visité sa ménagerie,

.joué avec les chiens, puis elle esi

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