‹ Folie d'opiumChapitre 126 sur 129 · UNE DAME QUI PASSAIT · texte numérisé non relu

UNE DAME QUI PASSAIT

être à la miséricorde, il faut avoir pitié jusqu'au bout...

Et je me représentai le petit chien

devant ma porte, assis sur son derrière, comme à l'endroit où je l'avais rencontré, où, qui sait, peut-être la même navrante aventure l'avait conduit: quelque promeneur, charitable, mais égoïste, et lequel, au dernier moment, avait déçu sa foi. Assis sur son derrière, il attendait, le petit chien...

Je n'y tins plus : je me rhabillai, descendis les marches quatre à quatre, demandai le cordon et sortis. Plus personne à l'entrée. Je sifflai, j'explorai les alentours. Rien. Il était parti. Après une heure de recherches vaines, je rentrai désespéré.

Qu'êtes-vous devenu, petit chien?

Un passant, bonne âme, vous a-t-il enfin recueilli, quelque vagabond meilleur et plus paternel que 1' « intellectuel » atroce? Retrouvâtes-vous votre maîtresse, grâce au dieu des chiens qui est parfois miséricordieux ?

Ou bien, raflé par les sergents de ville, avez-vous fini à la Fourrière où l'on tue?

Vivant ou mort, pardonnez-moi, petit chien. Mon devoir était de vous consoler, de vous recevoir, de vous nourrir: je ne l'ai pas accompli. J'en suis puni par ce remords.

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