‹ Folk-lore brésilienChapitre 23 sur 77 · CHAPITRE IX Mayandeua* — La ville enchantée · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX Mayandeua* — La ville enchantée

La rivière Mayandeua cache sous ses eaux profondes une ville enchantée, que le profane ne connaît que de nom, mais que les pages, les sorciers indiens, décrivent en détail.

La nuit, quand le clair de lune illumine tout, tantôt les pêcheurs aperçoivent sur le sable fin du rivage les vestiges laissés par un joli pied de femme; tantôt ils voient au loin, sur le blanc rocher, une femme; elle est belle, elle est blanche, et elle reste là, assise, ses cheveux blonds tombant sur ses rondes épaules. S'ils prêtent bien Toreille, ils distinguent parfaitement, au fond des eaux, le coq qui chante et les tambours qui battent aux champs.

Les pages, eux, connaissent bien la ville mystérieuse, car nul n'ignore qu'ils peuvent vivre jusqu'à sept années de suite au fond des eaux.

Les pauvres pêcheurs croient tous ces légendes, et, tout en ramant leur pirogue, ils chantent leurs naïves croyances* :

' D'après M. Padua-Carvalho.

Sur les eaux du Mayandeua Ma barque a fait naufrage ; J'ai vécu loin de la terre Là-bas où Tanimal m'a mené.

J'y ai vu des maisons, des palais Que jamais je n'ai vus sur tçrre ; Là-bas il y a des choses incroyables, Il y a plus de beautés qu'ici.

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