CHAPITRE II
Musique et iostruments de musique des Indiens. — Leurs danses. — La danse du Soucouriou. — La danse du Tamaquaré. — La fête du Jurupary. — Qu'est-ce que c'est que le Jurupary? — Initiation des Pages. •— La danse du Crapaud.
M. Auguste de Saint-Hilaire a vu dans les Indiens de pauvres abrutis sans une ombre de poésie ; Gonçalves Dias, au contraire, en a fait des guerriers quasi sublimes. La vérité est entre ces deux opinions extrêmes. Les Indiens, comme toutes les races vaincues et exploitées, sont profondément tristes, dissimulés et défiants. Ils ne se livrent pas au premier venu, et le blanc, même celui qui parle leur langue, est toujours regardé par eux comme un traître dont il est bon d'éviter le contact intime. Pour les voir tels qu'ils sont, il faut être un peu des leurs. Alors, ils se montrent tels qu'ils sont : généreux, serviables, intelligents, braves et souverainement rêveurs. Ils vous invitent à leurs porassés et ne craignent pas de se montrer devant vous de vrais yerokiaras, des danseurs guerriers, dont la mimique traduit toute rhistoire traditionnelle de la tribu avec ses triomphes et ses revers.
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Dans ces fêtes viriles, les femmes ne sont guère admises. On ne les en exclut pas par un tahou quelconque, mais on les néglige. Elles ont, de leur côté, leur neengara^ leur récit patriotique, destiné à perpétuer le souvenir des grandes luttes.
La plupart du temps ces fêtes s'effectuent sans accompagnement ; ce sont des récits simplement parlés ou mimés. Parfois, les Indiens ajoutent à leurs récits chantés ou mimés Taccompagnement d'instruments de musique, dont j'ai donné la description détaillée dans Le pays des Amazones,
Je possède dans ma collection quelques-uns de leurs instruments : un caracachay cylindre creux en bambou, qu'on racle avec un morceau de bois ; de nombreux maracas, espèces de hochets comme ceux dont se servent les enfants ; des me7nbys ou flûtes, faites de tibias de divers animaux, etc. Us jouent de ces instruments en chantant d'une voix monotone, avec peu d'inflexions.
Il paraît que c'est aux sons de deux chicutas — instrument à vent fait du bois de l' Yriartea satigéra — que les Indiens Pariquys exécutent la plus originale de leurs danses, la danse des animaux. Les danseurs doivent reproduire par leurs chants les cris des bêtes et rendre en même temps par leurs gestes toutes les allures des animaux de la création.
Tantôt, ils miment la danse du soucouriou — le