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‘ tête. Comme une vapeur légère, le
se demanda le Tch'énn; et il mit la corde dans la tige de sa botte. 一 Quelques instauts aprés, la ferme etl bleu sortit de la maison, et vint chercher à l'endroit où elle avait caché sa corde.
Ne la trouvant pas, elle marcha furieuse droit au Tch'énn, et lui dit: Rends-moi mon objet! — Quel objet? demanda le Tch'énn. — La femme ne le nomma pas, mais, se dressant de toute sa hauteur et ouvrant Ja bouche toute grande, elle se mit à souffler sur le Tch'énn un vent plus froid que glace, qui fit hérisser ses cheveux et claquer ses dents. — Puisqu'elle souffle, se dit le Tch'énn, pourquoi ne soufflerais-je pas ?.. Il souf- . fa donc... Sa chaude haleine fit trouée dans le spectre, partout où elle le toucha. Une première bouffée lui perfora le ventre, une seconde lui troua la poitrine, une troisième lui emporta Ja
spectre s'évanouit. — A ce moment Li-fou rentra avec un pot de vin. Etant eultré dans la maison pour le faire chauffer, il s'écria soudain, ma femme est étendue morte sur le lit. — Elle ne doit pas être morte, dit le Tch'ênn, car j'ai la corde dans ma botte... Et il racouta à Li-fou ce qui venail d'arriver. 一 Les deux hommes ranimèrent la femme, avec de l’infusion de gingembre. Quand elle fut revenue à elle, ils lui demandérent ce qui s'élait passé. — Elle dit:
Nous sammes si pauvres, el mon mari a si bon cœur. Un hôte lui étant venu, comme il n’y avait aucun argent à la maison, il me pit ma dernière épingle à cheveux, pour aller acheter du vin.
L'hôle étant dans la cour, je ne pus
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pas me lamenter, et dus dévorer mon chagrin. À ce moment une femme en bleu et les cheveux épars entra. Je suis votre voisine, me dit-elle. Votre indigne mari est en train de jouer voire épingle au tripot. Je vais vous consoler... Et ramassant une corde, elle fit un nœud coulaat et me dit: mettez votre telte làdedans; dans un instant vous verrez le ciel de Bouddha et ses joiesinfinies. Puis elle serra la corde, mais n'arriva pas à m'étrangler… Attendez un instant, ditelle, que je cherche ma corde à moi.
Elle sortit et ne revint pas. Vous m'avez rappelé à la vie. 一 Tch'ênn et Li ayant pris des informations, apprirent qu'une voisine s'était pendue quelques mois auparavant. La famille avait fait croire qu'elle était morte de mort naturelle.
Voyez Introduction VII. 一 Ame d’une pendue qui cherche une remplaçante. — Ces âmes profitent des accès de colère ou de désespoir des femmes, pour les pousser à se pendre, et les aident. Plus rarement elles emploient la violence ouverte, comme dans l'histoire suivante. — Un hôte ne peut pas entrer dans la maison
d’un Chinois pauvre, à cause des femmes. Il reste dans - Ja cour.
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Un certain Yinn-k'ien satellite à Kiûyoung (Nän-hoei), élait célèbre pour le zèle et l'audace avec lesquels il prenait Jes voleurs. Il passait les nuits à l'affût, . dans les endroits les plus obscurs et les moins fréquentés. Une nuit il rôdait aux environs d'un village, quand soudain un individu qui courait, tenant en main une corde, le heurta dans l'obscurité. Cet homme doit ëlre un voleur, se dit Yinn-k'ien ; et il le fila. 一
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L'homme alla droit à une habitation, et escalada le mur. 一 Bien deviné, se dit Yinn-k'ien. Laissons-le faire son coup. Je le cueillerai, à Ja sortie, avec les piëces de conviction. Maïs soudain il entendit les gémissements d'une femme. Alors Yinn-k'ien sauta aussi le mur, juste à temps pour voir l'inconnu qui l'avait heurté, juché sur une poutre, prendre avec un nœud coulant une femme occupée à sa toilette, et la pendre haut et court. Yinn-k'ien comprit que son inconnu était l'âme d’un pendu, qui cherchail un remplaçant. Il enfonça la fenêtre, et appela au secours.
Les voisins accoururent et dépendirent la femme avant qu'elle n'expirât. Les parents remercièrent Yinn-k'ien el le firent boire. Puis il reprit son chemin pour retourner chez lui. — La nuit était encore noire. Soudain il enteudit du bruit derrière lui. 11 <e retourna.
C'élait le spectre avec sa corde. Pourquoi m'as-tu ravi cette femme que je tenais? cria-t-il. C'est notre droit, à nous suicidés, de nous chercher un . remplaçant. Pourquoi m'as-tu empêché de lefaire?.. Ce disant, il se mit à frapper Yinn-k'ien. Mais celui-ci était intrépide. Îl rendit coup pour coup. Le spectre était très froid, et sentait très mauvais. — Enfin l'aube blanchit. Les forces du spectre diminuérent. Yinnk'ien le saisit à bras le corps. A ce moment quelqu'un vint à passer, et vit Yinn-k'ien qui s’acharnait sur un morceau de bois pourri. Qu'avez-vous?
lui demanda-t-il.. Ce que j'ai? Le spectre doit être passé dans ce bois. Il ne m'échappera pas... Et il cloua le
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