‹ Folk-lore chinois moderneChapitre 44 sur 231 · SN SI · texte numérisé non relu

SN SI

raconta l'histoire que voici: « Quand j'avais trente ans environ, j'étais précepteur dans une famille distinguée.

Mes quatre élèves étaient tous fils ou neveux du maître de la maison. L'un d’entre eux élait trés bien fait. Je conçus pour lui une affection déshonnéte.

A la fête du ts’ing-ming, les autres aljerent aider aux travaux du cimetière; celui-là seul resta à la maison. Je lui écrivis une strophe de vers, pour le tenter. Il la lut, rougit, mâcha le papier et l’avala. Je pris cela pour un consentement. Le soir je le fis boire. Quand il fut ivre, j'abusai de lui. Le matin, quand il se réveilla et sut ce qui lui était arrivé, il manifesta un trés grand chagrin. Je lui dis que ce n'était rien, et me rendormis. Quand je me réveil- Jai, je le trouvai mort pendu. La famille n’y comprit rien. Je me tus et dévorai mes larmes. — Or, cette nuit, ce jeune homme m'est apparu dans ma loge, avec un satellite infernal, qui nous a conduits tous deux devant le juge des enfers. Mon ancien élève m'accusa. J'avouai mon crime. Abuser de quelqu'un sans son consentement, me dit le juge, mérite cent coups de rotin. Comme tu étais le supérieur de ta victime, il convient que ton chàliment soit aggravé. Tu devais réussir aux examens et devenir mandarin. Je supprime tout cela. — Mon ancien élève trouvant ma peine trop légère et demandant ma mort, le juge lui dit, en se moquant: |l ne ba pas tué. C'est toi qui as mis fin à tes jours, oubliant ta vieille mère et le prix de la vie. Tu as agi comme ces femmelettes, qui se

Page 1