‹ Folk-lore chinois moderneChapitre 52 sur 231 · RON · texte numérisé non relu

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était une méchante femme, qui détestait et mallraitait sa belle-iméère. Quand il lui fallait la saluer, aux époques riluelles, elle revêtait des habits de deuil, pour lui donner à entendre qu'elle désirait sa mort. — Le Tcheüu avait fait en vain tout ce qui était en son pouvoir pour corriger sa femme, Désespéré, il porta plainte contre elle au lemble du tch'éng-hoang de Hängtcheou. Faites-la mourir, dit-il, pour que ma mère puisse vivre. — A ueuf reprises diTérentes, il écrivit et brüla sa requêle, toujours sans résultat.

Enfin ij Ss’impatienta, el traita le tch'éng-hoang d'imbécile. 一 La nuit suivaate, un satellite le cita. Quand il fut arrivé au temple et prosterné devant le tribunal, le tch'éng-hoang lui di 让 avec bienveillance: Crois-tu que j'ignore que ta femme se conduit mal? Son insolence ne m'est que trop connue. Tu veux que je la fasse mourir. Sache que le destia ne ta alloué que celte femme, de laquelle doivent te naître deux fils. Tu sais que la piété filiale interdit de ne pas laisser de postérité.

C'est par égard pour toi que j'ai épargné ta femme jusqu'ici. As-tu compris? 一 Cowment aurai-je des enfants de cette femme, répondit le Tcheüu, alors que je ne cohabile plus avec elle, à cause de sa méchancelé? — Quia fait ton mariage? demanda le tch'énghoang. — Un certain Fân, el un certain Tch'énn, dit le Tchemu. 一 Le tch'énghoang les fit appeler. Vous avez fn#, ;:

leur dit-il, à ce pieux garçon, une fille absolument impie. Vous allez recevoir la bastonnade. — Ce n'est pas notre

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faute, crièrent les deux entremetteurs.

Elle vivait enfermée dans un gynécée, Comment pouvions-nous nous rendre compte de son caractère? 一 Le Tcheônu ayant attesté que les deux entremetteurs avaïent agi par amilié, non par intérèt, le tch'éng-hoang ne les fit pas battre. = Alars le Tcheôu parla ainsi.

Quoique ma femme soit excessivement Insolente, elle a pourtant une certaine crainte des Chenn et quelque dévotion au Bouddha. Si vous la citiez et lui faisiez une belle peur? Elle s'amenderaît peut-être. 一 Pas mal imaginé, dit le tch'éng-hoang; et ïil envoya un gramd diable au visage bleu, muni d'une énorme chaîne, avec ordre d'amener la femme. Puis il dit au Tcheôu el aux entremetteurs: Comme vous êles de braves gens, je vous ai parlé amicalement. Vous allez voir comme je vais arranger cette pécore. Ce sera fort, maïs n'ayez pas peur, cela finira bien.

E le tch'éng-hoang passa sa manche sur son visage. Sa face devint noire, ses cheveux devirrent écarlate. Sur un appel, une bande de démons et de yakchas, armés de sabres et de scies, disposèrent la cuve d'huïle, ke moulin,

et le reste. 一 Ace memert le diable

bleu revint, trainart la femme pantehinte. Misérable impie, Lomna le tch'énghoang, vois ce cahier, c'est la liste de Les péchés. Yakchas, écorchez-la et faïtesla frire daus l'huile! 一 Gracel cria la fenime ; je tte le ferai plus. - Le Tcheôu et les deux entremetteurs s'étant prostermés, imereédérent pour elle. — Par égard pour la piété filiale de lon mari, dit le tch'éng-hoang, je veux bien te

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pardonner celle fols encore. Mais sotviens-toi que, à la première ineartade, tu seras écorchée et frite sans merci. — Cela dit, il les renvoya tous. — Le lendemain matin! J'ai fait un rêve, dit le mari... Et moi aussi, dit la femme. 一 Depuis lors elle fut pieuse au possible, et donna, avec le lemps, deux fils à sou mari. |

Voyez Introduction Ii, — Ce texte du dix-huitième. siècle se passe de commentaire.

ATch'äng-ts’ing (Ghän-tong) vivait un bonze plus qu'octogénaire. Strict observateur de sa règle durant Loute sa vie, il était encore plein de verdeur à cet âge avancé. Un jour il tomba à

. Ja renverse. Les aulres bonzes accou-

rurent pour le relever. [ était mort si doucemeut, que son âme ne s'était pas aperçue de l'événement. Elle s'envola vers la frontière du Heüe-nan. Là, le fils unique d’une famille opulente, suivi d’une dizaine de cavaliers, chassait le lièvre au faucon. Soudain son cheval se Cabra. Le jeune homme tomba, et se tua dans sa chute. Son âme rencontra celle du bonze. Les deux âmes se fondirent en une, qui rentra dans le corps. Le jeune bomme revint à la vie.

Il ouvrit les yeux, regarda autour de lui tout étonné, et dit: Comment suisje venu ici? — On le porta à la maisc-, où les femmes s'approchèrent de lui pour lui donner leurs soins. Relirezvous, dit-il tout effaré, Je suis bonze.

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Comment suïs-je venu ici? Et fermant les yeux, il ne parla plus. — Depuis lors, Il s’abstint de viande et de vin, ne mangea que des grains vulgaires, dormit seul, et refusa les services de sa femme et des concubines. — Après quelque temps, 人 commença à se promeher, et ft quelques sorties. On le crut guéri. Les Comptables lui présentérent leurs ltvres pour qu’il les vérifiât.

Laissez-moi tranquille, leur dit-il; je suis maläde et las. — Un jour it demanda: Au Chän-tong il y a une sous-préfecture appelée Tch'âng-ts'ing, n'est-ce pas? — Oal, lui dit-oh. =- J'aimerais tant aller là, fit-il. 一 Vous êtes encore trop malade pour faire ce toyäge, lul dit-on. = Cependant, comme il insistalt sans trêve, on finit par le cohduire à Tch'äng-ts'ing. I1 alla droit à la bonzerle. Les bonzes reçurent avec honteur ce riche personnage. Où est je vieux bonze? leur demahdast-il, 一 Notre ancien est allé se rélncarner all< leurs, fut la réponse. — Montrez-mol son tombeau, dit le jeune homme. 一 On le conduisit devant un petit tumulus isolé, haut de trois pleds seulemetit, que les hetbes n'avaient pas encore eu le temps d'entahir. — J1 dit aux bonzes :

Gardez bieh les avis que votre ancien vous a laissés. 一 lls le lui promirent. 一 Alors il retourna au Heüe-nan, s’enfonça dans une tnedilation profonde, et ne s'occupa plus d’aucune affaire sécultère. Au bout de quelques mois, il quitta la maison, alla seul lout droit au Chän-tong à son ancienne pagode, et dit aux bonzes! Je suis la nouvelle incarhation de volre ancien. 一

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