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. Pourrais-je vous voir? demanda le ba-
chelier. — Le koëi refusa d'abord, mais se rendit enfin aux sollicitations réitérées du Linn, et apparut sous la forme d'un homme suppliant, le visage triste et ensanglanté. Je suis, dit-il, un marchand de toile de Lân-tch'eng-hien.
J'ai été assassiné par un certain Tchäng de Îe-hien, qui a enterré mon cadavre prés de la porte de l'Est, et a roulé sur l'emplacement une vieille meule usée. II m'a été dit que vous deviendrez sous-préfet de fe-hien, et qu'alors vous me vengerez. Voilà pourquoi je vous suis sans gesse. J'attends ma vengeance. Vous serez reçu licencié en telle
année, et docteur en telle année... Cela
dit, le koëi cessa d'être visible. — A l'époque dite, le bacheljer Linn fut reçu licencié. il se présenta pour le.
doctorat avec confiance, maïs échoua.
Vexé, il dit tout haut: I paraît que les koëi ne savent pas tout. — Aussitôt.la
‘yoix lui répondit : C'est votre faute. Sou-
yenez-vous de la veuve, à laquelle vous
avez fait outrage, tel mois, tel jour. Les
bommes n'en ont rien su. Mais aux enfers vous avez été jugé, et ditféré, pour votre faute, jusqu’à la session prochaine, — Très saisi, le licencié s'amenda sérieusement. A ja session suivante, il fut reçu docteur, et envoyé comme sous-préfet à fe-hien. — Comme il se promenait dans sa ville, il vit une vieille meule qui gisait sur un terrain vague.
1! la fit enlever, et creuser à cette place.
On découvrit un squelette. Aussitôt le sous-préfet ordonna d'arrêter le Tchäng, lequel, examiné juridiquement, avoua son crime et en reçut le châtiment.
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