‹ Folk-lore chinois moderneChapitre 56 sur 231 · BR ES RE · texte numérisé non relu

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pauvre et trés brave. Près de la ville se trouvait une grande propriété, bäâtiments et jardins couvrant une superficie de plusieurs dizaines d’acres. On disait qu'il s'y passait des choses extraordinaires, qu'elle était hantée.

Aussi étail-elle inhabitée depuis longtemps. Même en plein jour, personne n’osait s’y aventurer. Les armoises et les ronces avaient tout envahi. — Un jour que Yinn-t'ienkoan buvait avec d'autres jeunes lettrés, ceux-ci le provoquérent en ces termes: On te dit brave. Si tu oses passer une nuit dans la propriété hantée, nous nous cotisevons pour te payer un grand diner. 一 Tope ! dit le Yinn. — il roula aussitôt sa natte, et s’achemina vers la propriété abandounée, escorté par tous ses amis.

Arrivés à la porte, ceux-ci lui dirent en plaisantant: Nous attendrons ici quelque temps; quand tu auras peur, tu n'auras qu'à crier, et nous viendrons ‘à ton secours. — Soyez sans crainte, dit le Yinn; demain je vous dirai exactement, si ceux qui font le sabbat ici, sont des revenants ou des renards. — Cela dit, le Yinn s’engagea dans la propriété déserte. Plus trace de sentier ni davenue. Un inextricable fouillis de hautes herbes couvrail tout. Le croissant de la nouvelle lune, donnait une faible lumière, juste assez pour permettre au Yinn de se frayer un passage jusqu'aux bâtiments, et de trouver la porte. Il traversa les cours antérieures, et poussa jusqu’au perron du bâtiment principal, une grande maison à étage.

La lune descendait derrière les moutagnes à. l'horizon, faisant se détacher

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sur le ciel la ligne ondulée de leurs sommets. Le Yinn contempla longucment ce silencieux et beau spectacle.

Il n’est pas vrai que cette propriété soit bantée, se dit-il. 11 étendit sa natte sur le perron, disposi une pierre pour oreiller, s'étendit, regarda longuement les étoiles, et allait s'endormir, quand il entendit un bruit de pas, comme d'une lroupe nombreuse. Un homme parut, vêlu de noir, qui portait une Janterne. Quand il aperçut le Yïnn, il s'arrêta, et dit à ceux qui venaient derrière: il y a ici un homme vivant. — Qui? demanda une voix. — Je ne sais, répondit l’homme à la lanterne. 一 Alors un vieillard s'avanca, et examina le Yinn, qui feignit de dormir. C'est le lettré Yinn, dit-il. Peu importe. Faisons nos affaires. Il ne nous en voudra pas. — La troupe entra dans le grand bâliment à étage, qui resplendit bientôt de lumières. Alors le Yinn fit semblant de s’éveiller, Le vieillard s'approcha de lui, se prosterna, et lui dil: Je marie ma fille celte nuit. Je n'ai eu aucune intention de vous déranger. Veuillez ne pas m'en vouloir, — Le Yinn salua el dit: Si je l’avais su, j'aurais apporté ma contribution à la corbeille de noce. — Trop heureux de votre présence, répondit le vieillard. Votre personne faste écartera d'ici tous les influx néfastes. — Le vieillard appela sa femme, une dame de quarante ans passé, et la présenta au Yinn dans les formes. À ce moment les accents d'une musi- ‘que se firent entendre, et un courrier vint annoncer que le marié arrivait.

Bientôt le cortège déboucha. Le marié,

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