‹ Folk-lore chinois moderneChapitre 85 sur 231 · HAL · texte numérisé non relu

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a à Heüe-nan, dit le kinnara, un certain Tchäng, gros richard et mauvais drôle. Pour le corriger, le juge des enfers l’a cité, lui a fait enfoncer un croc dans le dos, et l’a fait suspendre durant toute une nuit. Ce morceau s'est détaché, et est resté accroché au croc. Reporté à son domicile, le Tchäng a au dos une plaie énorme. Mille médecins ont tenté de le guérir, en vain biea entendu. Va le trouver, et applique-lui ce morceau. Il te paiera comme il faut. — Ting-k'ai remercia, enveloppa l’énorme greffe dans un papier, et suivit le kinoara, qui le ramena à la Porte des morts. Dès qu'ils l’eurent franchie, le kinnara disparut. — Tingk'ai alla à K'oëi-tcheou, puis à Heüenan, Où il guérit Tchäng le richard, de ce que ses médecins appelaient un anthrax. Cetle cure lui valut cinq mille ligatures d'honoraires.

Voyez Introduction VI, et comparez numéro 14. — Kinnaras, voyez TP page 365.

Celui dont le destin est d’être brûlé, ne sera pas noyé. 一 Un certain te de King-hien (Nän-hoei) faisait le commerce avec une dizaine d'associés.

Leur barque fut coulée dans une tempête, près de Nän-k'ing. Tous furent noyés, excepté le te. Celui-ci coulait à fond, quand un personnage vêtu d’écarlate le repêcha. Lorsqu'il se trouva sain el sauf sur la rive, il se dit: Pour qu'un chénn se soit donné la peine de me sauver, je dois être destiné à de

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grandes choses. — Une famille de riverains offrit l'hospitalité au naufragé.

En se séchant, celui-ci s’approcha trop près du feu. Il se brûla si grièvement, qu'il en mourut.

Le génie du feu est vêtu d'écarlate. Il refjéra de l'eau la victime destinée au feu. à

Li-yuankoei originaire de 了 angtcheou (Tchée-kiang), était secrétair du sous-préfet Hän de P’éi-hien (Kiäng-sou). Un de ses compatriotes, qui retournait au pays, ayant pasé par là, Li-yuankoei le pria de vouloir bien se charger d’une lettre pour sa famille. Quand il l’eut écrite, il demanda à un petit domestique de la colle de farine, pour coller l'enveloppe.

L'enfant apprêta la colle, et. apport dans une jatte. Li-yuankoei colla s lettre et l'expédia, puis plaça la jati avec le reste de la colle sur une table.

La nuit suivante il eatendit bruire | papier de sa fenêtre. Pensant qu'u rat s'était introduit dans la chambr il entr'ouvrit le rideau de son lit, Que le ne fut pas sa surprise, de voir u petit mouton blanc, haut de deux pou4 ces, qui battait en retraite aprés avoir

‘mangé toute sa colle. — Croyant avoir

révé, le lendemain Li-yuankoei fit pré< parer exprès une nouvelle jatte de colle de farine, qu'il plaça au même endroit.

La nuit suivante, même manège.

petit mouton entra de nouveau par la fenêtre, mangea la colle, puis se retira

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Li-yaankoei se leva vite, pour épier où il allait. Il le vit disparaître sous un arbre, non loin de la fenétre. — Le lendemain il avertit le mandarin. Celuici ordonna de creuser au pied de l'arbre. On découvrit le squelette d'un mouton, dont les os étaient gorgés de colle de farine fraîche. Le mandarin les ayant fait brûler, les apparitions nocturnes cessérent. | Voyez Introduction IX. — Ame d’un mouton. 一

Ossements des animaux, presque aussi redoutés que ceux des hommes.

Alors que Tch'énn-choucheu était tao-tai des deux préfectures T'ingtcheou-fou et Tchäng-tcheou-fou (Fôukien), une cloche énorme vint, flottant sur les eaux de la mer. Elle pou vait contenir cent piculs (mille hoisseaux) de grain. Les riverains considérérent ce prodige comme un événement faste. Ils averlirent le préfet de Tchängtcheou, lequel fit bâtir, à l’ouest de sa ville, une tour dans laquelle la cloche fut installée. Le son qu'elle émettait portait à plus de dix stades. Un vieillard nommé Li, fut chargé de garder la tour et de battre la cloche. 一 Cependant, plusieurs raz de marée désastreux s'étant succédé en peu de temps, le tâo-t'ai Tch'énn fit réflexion que, dans le système des cinq éléments, le métal appelle l’eau. Pas de doute; c'était le son de la cloche qui provoquait les soulèvements de la mer. 一 Doné le

téo-t'ai ordonna au sous-préfet de Tchäng-tcheou de fermer la tour et d'en sceller la porte. Défense absolue au Li, de faire encore résonner la malencontreuse cloche. — Ce vieux

avait un jeune ami. C'était un renard, évidemment, car il allait et venait à travers les airs, comme bon lui semblait. Cependant le vieux Li avait toute confiance en lui. Un jour il lui dit: Tu viens toujours boire et manger chez moi; pourquoi ne m’apportes-tu pas un peu d'argent? 一 C'est le destin qui dispense les richesses, dit le renard.

Si je te donnais de l'argent, au lieu de te profiter, il te porterait malheur. 一 Bah! dit le Li, un petit peu. 一 Le renard sourit malicieusement, déposa un lingot d'argent sur Ia table, prit congé, et ne revint jamais plus. — A quelques jours de là, comme le souspréfet passait près de la tour, la cloche se mit à résonner. Le sous-préfet n'en demanda pas davantage, fit appliqust quinze coups de rotin au vieux Li, et continua son chemin. Au retour, comme il repassait prés de la tour, la cloche se mit à sonner de plus belle. Le vieux Li fut de nouveau appréhendé. Il fit constater au mandarin que les scellés étant intacts, aucun homme n'avait pu produire ces deux sonneries. — Alors qui a sonné? demanda le mandarin. — Le vieux Li dut raconter qu'un renard, jadis son ami, hantaïit la tour. Il narra aussi l'histoire du lingot. 一 Montre-le, dit le mandarin. 一 C'était un lingot de son trésor, marqué de son poinçon. Le mandarin l’empocha aussitôt, comme bien on pense. — C'est

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