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-Dans un village au sud de Kiängp'ou (Kiang-sou), une fille. née Tchäng avait épousé un homme nommé Tch'énn. Restée veuve après sept années de mariage, et n'ayant pas de quoi vivre, elle se remaria avec un certain Tchäng. Cet homme était lui aussi veuf depuis sept années. L’entremetteur qui fit le mariage, avait vu, dans cetle coïncidence, un indice certain des intentions du Ciel. — Quinze jours après le mariage, l’âme de l'époux défunt de la femme se saisit d'elle. Infñidéle, lui dit-il, comment as-tu pu m'oublier ainsi, et épouser cet homme vulgaire ? Et la femme, mue par l’âme, de se frapper le visage. La famille Tchäng brûla à diverses reprises du papier-monnaie, en suppliant l’âme de lâcher prise. Rien n'y fit. — Mais voilà que soudain le nouveau mari fut possédé à son {our par l’âme de son ancienne femme. Infidèle, lui dit-elle; dès que tu as vu une nouvelle femme, tu as oublié l’ancienne. Et l'homme, mu par l’âme, de se frapper le visage. 一 Un certain Ts'îinn, ami de la famille, vint voir ces deux possédés. Soudain une idée originale lui lraversa l'esprit.
J'ai plus d’une fois, comme entremetteur, réussi à marier deux vivants, se.
dit-il; je réussirais peut-être aussi à marier ces deux morts... Et s'adressant aux deux âmes, il dit: Vous deux koëi, l'un veuf l’autre veuve, pourquoi ne vous marieriez-vous pas, comme ces deux vivants l'un veuf l’autre veuve,
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se sont mariés. Ce serait certainement bien mieux, que d’ennuyer les gen comme vous faites. — J'y pensais, ré - pondit la morte, par ja bouche de son ancien mari; mais, comme je suis laide, voudra-t-il de moi? 一 J'y consens, répondit le mort, par la bouche de so ancienne épouse. — Les consentements étant ainsi échangés, les deux âme toutes joyeuses dirent: Nous marier ainsi en catimini, cela ae peut pas aller; tous les koëi riraient de nous Vous, entremetteur, faites-nous ua cortège nuptial découpé en papier. K nous faut aussi un peu de musique, & les deux coupes des épousailles. — 04 fit tout ce que les deux âmes demandaient. Quand ce fut achevé, les deux mariés se trouvérent délivrés. — Tout finit bien; mais, tout de même, les plaisants rirent de cet entremetteur qui mariait jusqu'aux morts.
Voyez Introduction IX. — Sous sa forme presqu comique, cette petite histoire est instructive. — Le we des noces, les mariés boivent dans une même coupe, os dans deux coupes pareilles faisant la paire.
À Sôu-tcheou, dans la rue Chèuhia-hiang, vivait un certain Tsiangchennki. Le fils de cet homme avait épousé une demoiselle Sû, âgée de .dixneuf ans. Les deux jeunes époux s'æ# maient d'amour tendre. Un mois-après sa première délivrance, la jeune femme prépara du vin, appela son mari, et lui dit: Ceci est la coupe de la séparation.
Le destin va rompre le lien qui nous
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unissait. Mon créancier est arrivé. Xe ne lui échapperai pas. Le proverbe ne dit-il pas, époux et épeuse sont comme les oiseaux de la forêt; à l'heure du danger, chacun tâche de s’en tirer.
Après ma mort, ne me pleurez pas, Oubliez-moi!. Ce disant, elle éclatà en sanglots. Puis soudain elle se dressa raide, et jeta la coupe qu'elle tenait encore à la main. Ses traits changèrent complètement. Une voix d'homme parlant le dialecte du Chän-tong, sortit de son gosier et dit: Te souviens-tu, qu'en l'an 1574, toi et un autre m'avez assassiné au Ying-koang-chôu-leou?.
Et mue par une force étrangère, la jeune femme se frappa le visage jusqu'au sang, puis se larda le corps de | Coups de couteau et de ciseaux. 一 Toute la famille Tsiàng prosternée, supplia l’agresseur d’épargner sa victime. Rien n'y fit. Nurant trois jours entiers, la jeune femme se tordit sous son étreinte. 一 Tsiàng-chennki fit inviler un bonze très famé. Au moment où il entra, l’agresseur cria: Chauve, chauve, va-t-en, va-t-en! 一 Le bongé dit à Tsiäng-chennki : Elle est possédée par une âmeé vengeresse, qui la cherchait depuis plus de deux siècles. Plas ces vengeances arrivent tard, plus elles sont terribles. Je juge le cas désespéré. — Cela dit, le bonze battit en retraite. La jeune femme mourut. On ne sut jamais pour quel crime commis dans une existence précédente, elle périt si lamentablement. 一 Ce fait arriva-à:
Sôu-tcheou, en l'an 1764, durant le deuxième mois.
Voyez Introduction VIL.
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Dans sa jeunesse, un certain Sicheuk'iou des environs de Sôu-tcheou (Kiäng-sou), éludiait dans la maison d'un lettré de la ville, nommé Hank'iou. Le letiré avait un valet, nommé A-loung, âgé de vingt aus. Ce jeune homme faisait le service de l’école, avec beaucoup de diligence. — Un soir que je Sa étudiait à l'étage, il envoya A-loung lui chercher du thé. A-loung revint tout effaré, et dit: En bas j'a rencontré un être vêtu de blanc, à l'ait féroce. Il n’a pas répondu à mes inter.
pellations. Ce doit être un koëèi. 一 Sa se moqua de lui. — Le lendemain A-loung déclara qu'il n'oserait pl monter à l'étage. Le SR se fit servir par un autre domestique nommé Liou, Quand celui-ci alla chercher du thé, il trébuchba contre un corps étendu 3 bas de l'étage. C'était A-loung évar-oi mais respirant- encore. Il avait d empreintes de doigts, bleues et noire tout autour du cou. Ses oreilles, son nez, étaien remplis de boue. On le ranima avec d la tisane de gingembre. J'ai vu, dit-il le même être vêtu de blanc qu'’hier.
a l'air d’un homme d'une quarantain d'années. Il porte la barbe courte. So visage est tout noir. Îla tiré vers m une langue longue de plus d'un pie Quand je voulus crier, il me serra | gorge. Alors un autre koëi, vieillard la barbe blanche, coiffé d'un bonnet élevé, lui dit: Il est bien jeune; épargne-le. J'étouffais, quand le pied du
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Liou me beurta. L’être vêtu de blanc } se retira alors dans la maison. 一 On porta A-loung sur son lit, et on le veilla. Durant toute la nuit, de mystérieuses lueurs, semblables -à de gros lampyres, voltigèrent dans la chambre.
Le lendemain A-loung tout hébété refusa de prendre aucune nourriture. 一 Le lettré Ban fit appeler une sorcière.
Celle-ci examina le malade, puis dit:
”] est possédé par un koäâi. Empruntez à votre mandarin le pinceau au vermillon qui lui sert à écrire ses sentences.
Avec ce pinceau, écrivez sur le cœur du malade le caractère. 正 rectitude, sur son cou le caractére JJ sabre, et sur chacune de ses deux mains le caractère %X feu. Quand vous aurez fait cela, le malade sera guéri. — Le lettré Han fit comme la sorcière avait dit. Au moment où on traçait au vermillon le second caractère X feu... Non, s’écria le koäi, ne me brûlez pas, j'aime mieux m'en aller! — Aussitôt A-loung fut délivré
et guéri. U vit encore.
Voyez Introduction V, V]IL 一 Le sens des caractères esl: Défense au kodi de nuire à cet homme dont le
cœur est droit. S'il le fait, on sévira contre lui par le fer et par le feu...
Yinn-t'mghia de Koëéi-tcheou (Koäng-si) s'étant levé de bonne heure le quinze de la huitième lune, alla pré-
-senter ses respects au génie du lieu, auquel il était fort dévot. Après avoir ‘brûlé des parfums, il sortait du temple, quand il fut soudain appréhendé par
Génie du lieu renseignant le Génie de la ville.
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