SORA
Uu paysan avait porté ses poires au marché pour les vendre, Comme elles étaient sucrées et parfumées, il en demandait un bon prix. Un tâo-cheu, au bonnet déchiré, à la robe en loques, quêtait sur le marché. Il demanda l’'aumône au paysan. Celui-ci le rebuffa.
Comme le tâo-cheu insistait, le paysan.
se fàcha et lui dit des injures. 一 Le täo-cheu dit: Tes poires sont nombreuses; si tu m'en donnais une, cela ne t'appauvrirait guère. — Les assistants exhortérent le paysan à sacrifier l'une des moins belles parmi ses poires. Il refusa mordicus. Alors ils se cotisérent, achetèrent une des poires du paysan, et la donnèrent au tâo-cheu. 一 Attendez un instant, leur dit celui-ci; moi je ne suis pas avare ; je vais vous faire manger de mes poires à moi. — Cela dit, il dévora la poire à grandes bouchées, recueillant soigneusement les pépins. Puis, détachant un couteau qu'il portait sur lui, il creusa un petit trou dans le sol battu du marché, y sema les pépins, les recouvrit, se fit apporter un peu d'eau el les arrosa.
Aussitôt un germe sortit de terre, grandit, devint un beau poirier, fleurit, et se chargea de poires superbes. Le ta&ochea les cueillit une à une, et les donna aux assistants, qui les mangèrent