‹ Folk-lore chinois moderneChapitre 95 sur 231 · SR FES · texte numérisé non relu

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jusqu'à la derniére. Alors, d’un coup de son couteau, le tâo-cheu trancha la tige du poirier, le mit sur son épaule et s’en alla. 一 Ce spectacle avait, naturellement, attiré toute la foule du marché. Méme notre paysan avait quitté ses poires pour voir. Quand il retourna à sa petite voiture, il constata que toutes ses poires étaient parties, et que le timon brisé avait disparu. Il comprit alors le tour magique du t4o-cheu.

Pour se venger d'avoir été rebufé, celui-ci avait fait pousser en arbre le bois de sa voiture, avait fait monter ses poires sur l'arbre, les avait distribuées, puis avait emporté le timon. — Furieux, le paysan se mit à la poursuite du täo-cheu, pour lui demander raison.

Au détour d'une rue, il retrouva son timon, mais ne revit jamais le magicien. — Tout le monde rit de lui, bien entendu.

Voyez Introduction XVIII.

M Soëi-yuan raconte ce qu suil (à la fin du 18° siècle). Wäângr . koungnan le mari de ma sœur aînée habite à Häng-tcheou (Tchée-kiang) près du pont Héng-heue-k'iao. Un ma tin comme il sortait, il rencontra ul tâo-cheu, qui le salua et lui demand un poisson. De mauvaise humeur, |!

Wang lui répondit: Gourmand! (Leul qui ont renoncé au monde, ne doiven!

manger que des grains et des légu:

mes. — Vous êtes bien ladre, dit 1 tâo-cheu; je vous en ferai repentir.,

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Cela dit, il disparut. — La nuit suivante, le Wäng entendit ses tuiles tomber du toit une à une; au matin, sa maison était parfaitement découverte. — La nuit d’après, tous ses habits s'envolérent de sa chambre à coucher, et allérent se jeter dans la fosse d’aisance. 一 C'en était trop. Le Wang s'adressa au bachelier Tchäng-youk'ien, lequel s’occupait de nragie. J'ai deux charmes, lui dit celui-ci. L'un est bon marché, l'autre fort cher. Leur efficacité est en rapport avec leur prix. — Le Wang acheta le charme le moins cher, qu'il afficha dans la salle d'entrée de sa maison. La nuit suivante fut tranquille.

La nuit d'aprés aussi. Mais [a troisième

puit, vers le matin, le Wang entendit le bruit d'un papier qu’on déchire. Son charme protecteur avait disparu. — Depuis lors ce fut chaque nuit un sabbat épouvantable. Des êtres invisibles frappaient aux portes, bouleversaient la vaisselle, -etc. Force fut au Wäng d'acheter au bachelier Tchäng son charme le plus cher. 1 le paya cinq cents ligatures. Quand il l'eut affiché à la même place que le précédent, le calme se fit dans sa maison. — Un jour, dans un accès de colère, Waäng-koungnan menaca son fils aîné Heéutseng de le fustiger. Le jeune homme s'enfuit.

Trois jours après, il n'était pas encore revenu. Sa mère se désolait. Le Wang alla lui-même à la recherche de son fils. 11 le joignit, au bord d’un canal, au moment où il s’apprétait à s'y jeter.

L'ayant saisi, il le fit porter à la maison dans une litière. Le jeune homme paraissait avoir perdu la raison. Le

poids de son corps avait plus que doublé. — Quand le jeune homme fat arrivé devant le charme, une voix sortie de sa bouche dit: Voilà qu'on va me juger. Il va falloir que je m'en aille! — Heutseng se prosterna devant | charme. Son pére s'agenouilla à c0

de lui. Je vois un chôénn assis sur un estrade, dit le jeune homme. Son visa

est couleur d'or, ses chevéux sont rou ges. Devant lui sont plusieurs jeun

gens. S'adressant à l'être qui possédai Hebutseng, le juge demanda : Pourquoi as-tu voulu noyer ce jeune homm avant l'heure marquée pour sa mo

par le destin?.. Ensuite, s’adressait aux jeunes gens, le juge dit: Et vous petits pénates de ce quartier, pourquoi infidèles au mandat qui vous a éd donné par le Pur Auguste, pourqu avez-vous laissé un täo-cheu trouble la paix par ses maléfices? Vous alla tous recevoir la bastonnade. 一 L'éxë cution commença aussitôt. Chacun da coupables reçut trente coups de roti Heéutseng vit leurs fesses bleuir so les coups. Quand tout fut fini, le ju donna à Heôutseng un grand coup son pied botté. Le jeune homme revi à lui, inondé de sueur. Désormais maison des Wang resta parfaiteme

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tranquille.

Voyez Introduction XVII et VII. — L'efficaci des charmes est admise par tous. — Ne pouvant p

rien dans la maison, le fdo-cheu mit aux trousses Hebutseng évadé, l'âme d'ua suicidé quelconque, quête d'un remplaçant. Le poids doublé prouve la session ; deux êtres en un.

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À Häng-tcheou (Tchée-kiang) un certain Tcheôu-pao habitait une maison hantée. Chaque nuit, dans la salle d'entrée, apparaissait un homme à longue barbe, vêtu d’une robe rouge et coiffé d’un chapeau noir. 11 était accompagné de deux vilains petits koëi, dont le ventre vide était diaphane, au point qu'on voyait à travers tous les traits des dessins tracés sur les murs.

Les Tcheôu faisaient des offrandes à ce trio, pour le faire rester tranquille, — Un jour le fils unique de Tcheôu-pao, âgé de 14 ans, tomba malade. La nuit il entendit l’homme à la robe rouge, qui disait aux deux petits koëi: Voici une occasion de refaire vos entrailles.

Demain le médecin Lôu-haot'ing viendra voir le malade. Il prescrira une décoction. Introduisez-vous dans cette drogue. Quand le malade vous aura ingurgités, arrachez-lui ses viscères. — Le lendemain le médecin Lôu-haot'ing vint en effet voir le malade et prescrivit une décoclion. L'enfant refusa de la boire. Comme ses parents le pressaient, il leur raconta ce qu’il avait entendu.

Alors les parents achetèrent une image du génie protecteur Tchoüng-k'oei, et la suspendirent dans la chambre du

malade. — La nuit suivante, les koëi

examiuérent l’image. Celui-là, direntils en riant, n’est pas à craindre. Voyez donc, il est si myope, qu'il ne reconnait pas les koèi. — C'est que le peintre farceur avait mis, à côté de Tchoûüngk'oei, un petit koëèi qui lui grattait

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l'oreille, tandis que Tchoüng-k'oei fermait voluplueusement les yeux à demi. — Un mois plus tard, le malade entendit les koëi qui disaient: Rien 4 faire ici! Le destin de cette famille n'est pas qu'elle soit ruinée! Allon:

ailleurs! — Si nous nous en allon:

ainsi sans avoir rien fait du tout, of n'aura plus peur de nous, et personne ne nous fera plus d'offrandes, dit le personnage à la robe rouge. Emportons au moins Île porc. — Peu de jour:

après, ‘un des domestiques de la mai- . son mourut. Il était de l'aunée du porc.

Le fils de la maison guérit, et les ap:

paritions cessérent.

Tchoung-k'oei, prénom comœun d'un général 类 Ydo du cinquième siècle, dont le préaom noble était RE SR p'i-sic, fléau des méchants. Ce titre lui valat d’être fait génie protecteur après sa mort. Son image fait fuir les koës et les kodi, disent les païens. — Cycle duodénaire de douze auimaux, qui sert de base à la chronologie des paysans chinois.

À Sông-hi (Foù-kien) vivait un let tré du nom de Tcheôu-jaohu. La pau:

vreté l'obligea à aller s'établir, comm maître d'école, dans le village de Sie: kia-tien. [1 y enseigoa durant plus di quarante ans. Grands et petits, tous dans le village, avaient passé par se mains. Il était estimé de tous. 一 Ut soir, aprés le souper, il était assis dan!

son école et étudiait, quand l'élèv Fông entra, le salua, et lui dit: Alle s’il vous plaît chez moi, où une gravé affaire réclame votre présence. — 1

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