LES PROPOS VILLAGEOIS
— Ça viendra, ça viendra.
—— Pourquoi ça ne viendrait-il pas? la quoue (queue) du chat est bien venue.
Oh! c'est y une bonne fille: on ne peut # rendre le plus petit service sans qu’elle vous donne tout de suite un tour de goule (un baiser).
Les filles de Melesse, N'ont ni tétons ni fesses ; Les filles de Betton.
N'ont ni fesses ni tétons :
Les filles de Bruz, La chemise ne dépasse pas le cul.
Quand un homme fait un pet devant un enfant, il ne manque jamais de dire :
« Prends-le par la main et mène-le danser. »
Ou bien encore :
(Passe-le par tes dents pour voir s’il n'a pas de nœuds. »
Y n'peut tenir en place, il est comme un pet dans un penter (panier). Se dit d'un enfant qui est toujours en mouvement.
Le Chasseur et la Bonne Femme sourde
— Vous pétez, vieille ?
— Oui, Monsieu, j'cherche mes ouailles.
-- Vous pétez en marchant?
— Oui y'en à un na (noir) et un blanc.
— Au diable la bonne femme et son cul!
— Hélas! oui j'cré qui sont perdus.
.* % % Quand une fille de la campagne met un corset, les gars disent qu’elle met ses ‘tétons à
joc. Joc est le perchoir sur lequel les poules
vont se coucher.
Dans l’arrondissement de Redon on a toujours appelé le derrière d’un homme un prussien et cela bien avant la guerre de 1870.
Lesenfants disent entre eux ‘ (Ne regarde pas mon prussien. » Ou bien: « J’vas te faire
embrasser mon prussien. »
Mariage de Pivert
Quand on voit des indigents se marier sans faire de noce, on ne manque pas dire : «C’est un mariage de pivert, ils font l’amour su le trou.
Les piverts, en effet, s’accouplent isolément et se font des caresses sur le bord du trou qu’ils ont creusé dans un arbre pour faire leur
nid.
Quand des malheureux se marient et font une noce, on dit :
« C'est une noce de bondrée, Chacun porte sa becquée. »
Lorsque quelqu'un s'estabsentéd'un village et qu'il y revient, il s’enquiert naturellement des nouvelles du pays, et s’il demande ce qu'est devenue une personne qu’il a connue, et qui est décédée, on lui répond :
«Il y a beau temps qu'elle est dans le royaume des taupes. »
Ou bien encore :
« À faire du sucre o le dos.
» À manger des pissenlits par la racine. »
À Balazé, les gens ont la réputation d'être peu intelligents, aussi dit-on, dans tous les environs de Vitré, quand on veut parler de quelqu'un qui a l'esprit lourd et borné : C’#i là est ben de Balazé.