‹ Folk-lore de l'Ille-et-Vilaine: De la vie à la mort (volume 2)Chapitre 11 sur 36 · LES JEUX · texte numérisé non relu

LES JEUX

On ferme la main que Ton pose ensuite sur son genou ou sur une table.

Bébé, qui sait ce que cela veut dire, vient mettre son petit doigt entre chacun de ceux:

de la main feraiée. en commençant par le bas, et dit :

— La petite souris est-elle passée par là ?

On lui répond :

— iMontez cJilctte^ montc.-la (montez l'éche-

[lette, montez-la.)

— La petite souris est-elle passée par là ?

— Montez ch'httc, montez-la.

Et ainsi de suite jusqu'au sommet du poing, où le dialogue suivant s'engage :

— La petite souris est-elle passée par là ?

-Oui.

— Où est-elle?

— Dans le pailler.

— Où est le pailler?

— Le feu Ta brûlé.

— Où est le feu ?

— L'eau Ta éteint. ^

— Où est Teau ?

— Les vaches à Maurice Tont bue.

— Où est Maurice ?

— 11 est à couper des bâtons pour battre sa

[femme.

— Défendons-la, défendons-la I

En prononçant ces derniers mots, Tenfant frappe de toute sa force sur la main de la personne qui joue avec lui.

On prend la main de bébé dans laquelle on frappe en disant :

Cent écus !

Ma vache est vendue I Si tu ne la prends pas Tu iras en prison.

Et avec Tongle du petit doigt on gratte 1 intérieur de la main de Tenfant en ajoutant :

Mignon, mignon, mignon !

Danse de bébé sur les genoux

A cheval sur mon bidet.

Quand il trotte il fait un pet^

Prout, prout, prout.

Partons pour Paris^

Sur un petit cheval gris.

Allons à Rouen,

Sur un petit cheval blane.

Au pas. . .au pas. . . au pas. .

Au trot. . .au trot. . .au trot.

Au galop ... au galop ... au galop !

Quand il a trop galopé

Bébé tombe sur le côté.

On fait sauter Tenfant sur les genoux en accentuant le mouvement à partir de : Au pas, au pas. Puis en chantant les deux derniers vers on penche bébé en avant comme s^il allait tomber.

— Tu aimes ton père ?

— Oui.

— Tu aimes ta mère ?

— Oui.

— Tu aimes la Vierge Marie }

— Oui.

— Tu aimes le petit Jésus }

— Oui.

— Tu veux souffrir pour lui ?

- Oui.

Ou serre le bout du doigt de Tenfant qui a dit Oui.

Il y avait une fois un p'tit bonhomme et une petite bonne femme qui roulaient un petit billot, caca pour celui qui dira le premier mot.

Aussitôt que Tun des enfants prononce une parole tous les enfants crient : (( caca pour toi ^ caca pour toi I »

On touche les cinq doigts de bébé en disant :

Peucero (le pouce).

LècheTpot (l'index).

Longi (le plus long).

Mal appris (le quatrième).

Le petit doigt du Paradis.

Par la barbe, je te tiens, - Tu me tiens,

Le premier de nous deux qui rira, Sur la margoulette, il aura.

Les deux joueurs se tiennent par le menton, et le premier qui rit, reçoit sur la joue un petit soufflet.

Quand le roi va à la chasse^ 11 apporte des petits lapins, Il en tue, il en fricasse, Il en donne à ses petits chiens.

Berlin, berlin, peste, Combien Taiguillette ?

Cinq sous la demie, P'tit bonhomme, t'es pris 1

Variante :

Quand le roi va à la chasse, 11 apporte des bécasses, II en tue, il en fricasse.

Il en fait part à ses voisins.

Berlin, berlin, peste.

Combien Taiguillette } Cinq sous la demie, P'tit bonhomme, t'es pria I

Le Jeu du Furet

Des enfants se mettent en rond les poings fermés et, en le cachant, font circuler de main en main un petit caillou. Ils disent :

— Cache bien, p'tit blanc, parce que tu Tas, Cache bien, p'tit blanc, parce que tu Tas.

— P'tit bonhomme, que cherches-tu ?

— Un p'tit blanc que j'ai perdu.

— Sur qui prends-tu ?

Celui qui a été désigné par le sort pour être le furet doit indiquer dans quelle main se trouve le caillou ; autrement il donne un objet quelconque en gage. Cet objet ne lui est rendu que contre une pénitence.

Le Jeu du Chat

D'un côté le chat.

D'un autre côté tous les autres enfants qui

chantent en mettant le pied sur le terrain qui est la propriété du chat :

— Je suis sur tes terres.

Mon petit chat,

Sans ta permission, Mon mignon I Celui que le chat touche sur son terrain devient chat à son tour.

— J'ai perdu ma brebis,

Bir li bi.

— De quelle couleur est-elle?

Bir li bi.

— De la couleur de Saint-Denis,

Bir li bi.

— Sur qui ^ ) *

— Surcognovi > trois fois,

— Sur qui ? )

On nomme un des joueurs et on court après lui en le frappant à coups de garruches (mouchoirs roulés et cordés).

On dit à une fillette :

— La compagnie vous plaît-elle ?

Si elle répond oui^ Tenfant qui a fait la question Tembrasse et une autre recommence.

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Si, au contraire, elle répond non, elle doit choisir une autre jeune fille qui la remplace.

Alors à ce moment tous les mouchoirs cordés se lèvent et frappent sur le nouveau chat jusqu*à ce qu'il soit rendu à sa place.

Qui ne connaît ?

Petit peta Qu'embrassera-là ?

Un enfant a la figure cachée sur les genoux de quelquVn et Ton désigne un objet ou une personne présente en disant :

— Petit peta Qu'embrasscra-Ià ?

S^'l ne devine pas immédiatement, il reste à genoux et la tête cachée jusqu^à ce que le hasard ou l'indiscrétion d'u^ joueur lui fasse découvrir Tobjet ou la personne qu*il doit embrasser.

Colin-Maillard Quand les garçons jouent à colin-maillard,

et que celui d'entre eux, qui a un bandeau sur les yeux, saisit quelqu'un, il dit :

— J'ttens la pie !

L'un des joueurs répond :

— Sur qui ?

Le garçon à la vue bandée doit nommer celui qu'il tient ou lui rendre la liberté.

On ne lui enlève le bandeau que lorsqu'il l'a reconnu et alors ce dernier prend sa place. Les joueurs se sauvent et chantent :

Les gamins du diable, Dans le pot à beurre^ Les gamins du diable, Ils ont mis mqn chat.

'Ou bien encore :

Par chez nous on pêche à la ligne, Faut toujours tirer le filet.

Sainte Catherine

Plusieurs garçons marchent en clochant et disent à celui qui remplit le rôle du chat :

— Sainte Catherine, sainte Catherine, dormez-vous ? (bis).

— Oui, jusqu'à ce que mes enfants soient réveillés.

— Voulez-vous m'en donner un?

— Je vous en ai donné un Tautre jour, qu'en avez-vous fait ?

— Je Tai mis sur le bord du puits, le loup l'a mangé.

— Fallait courir après.

— J'ai tant couru, tant couru que je me suis cassé une jambe (bts),

— Faut aller au Reboutou,

Le Reboutou ne sait que me faire.

— Faut aller à la Reboutouse,

— La Reboutouse ne sait que me faire.

— Prenez le plus vilain, laissez-moi le plus beau.

Le chat saisit un enfant qui prend sa place, et on recommence toujours en clochant.

La Dragonne, — (Jeu de V Epingle)

Ah I Madame, venez compter,

Et comptez combien nous sommes,

*■ ■ ^■^-^—i ■!■»■■■ ■ I. ■ » I. ■■ , ■^^ » Il ^ ■» I ^^i^^»»» ^ I ■ M

Car nous sommes habitués De compter à la dragonne :

Tra lala déridera. Tra lala déridera.

Tra lala déridera.

Trente deux sont-ils par là ?

Cela se dit en chantant. En prononçant chaque mot, on enfonce une épingle dans un carré de papier et il doit y avoir trente deux trous puisqu^on a prononcé trente-deux mots, S^ily en a plus ou moins, on recommence.

Le Jeu de la Crosse

En hiver, les pâtous qui gardent leurs troupeaux sur les landes, jouent à la crosse pour se réchauffer. Voici en quoi consiste ce jeu:

Cinq ou six garçons se réunissent et creusent en terre^ avec leur eustache, un trou large comme les deux mains, où sont déposés des épingles ou des pois, des centimes ou bien encore des canettes, des châtaignes, des

pommes, etc., c'est-à-dire la mise des joueurs. Puis ils s'éloignent à vingt cinq ou trente pas, et chacun creuse alors, pour soi, un trou plus petit dans lequel il place un caillou rond. Ensuite tous armés d'un bâton terminé par une crosse, chercKent à envoyer d'un seul coup, leur pierre dans le trou du milieu où est placé l'enjeu. Celui qui réussit empoche tout ce qui s'y trouve.

J'ai vu, par un grand froid, dans un pâtis du village de la Boufetière, commune de Pancé^ des jeunes gars et des jeunes filles qui, pour se réchauffer, se plaçaient en face les uns des autres et levaient vivement, en les frappant l'un contre l'autre, la main droite et le pied gauche, puis la main gauche et le pied droit,

enchantant:

Siperlt, siperla, Siperli lanli lanière,

Siperli, siperla, Siperli lanli, lanla !

DE LA VIE A LA MORT 6l

Enfilons Taiguille, Taiguille, Enfilons Taiguille et le peloton !

On s^aligne par rang de taille en se donnant la main. Les deux plus grands lèvent les bras et ceux de Tautre extrémité de la chaîne se précipitent sous cet arc, en chantant :

Enfilons Taiguille, Taiguille, Enfilons Taiguille et le peloton I Puis ils reviennent sur leurs pas et recommencent, en faisant en sorte de ne pas briser la chaîne. Ceux qui viennent à se séparer donnent un gage.

Sur les landes de Lohéac, je rencontrai un jour un groupe de petits pâtres qui, pour designer celui qui poursuivrait les autres, disaient un oranbas^ ce que les petittes filles appellent dans les écoles, un ter.

Du bibi^

Du bobo,

Carafî,

Carafe, \

Du triage,

Du coco.

Celui sur lequel le mot « coco » venait à tomber était pris. Alors il criait :

— L'alouette pihuit à mon collet, Les derniers pris la diront-i ?

Les autres répondaient en se sauvant :

— Oui.

Le chat courait après eux, et le dialogue suivant s'engageait entre lui et le premier qu'il arrêtait :

— D'où es-tu?

— De Nantes.

— Où sont'i tes frères?

— En champ.

— Ide (aide) ma à les prendre.

Et tous les deux couraient après les autres, et ainsi de suite jusqu'au dernier qui, à son tour, recommençait Voranhas :

Du bibi,

Du bobo, etc.

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