‹ Folk-lore de l'Ille-et-Vilaine: De la vie à la mort (volume 2)Chapitre 28 sur 36 · I. Couverture de lit · texte numérisé non relu

I. Couverture de lit

300 FOr.K-LORE DB l'H-LEHET-VILAINE

plusieurs heures. Souvent le marié 9e lève pour aller aider les servants.

Au dessert, la mariée fait le tour de la taUecn offrant une prise de tabac à chacun.

C'est alors que commencent les chaiiâoas, dites chansons de mariage et chansons de table :

Amusons-nous, fUlett's, profitons des beaux

[ipurs,

Le temps de nos amours ne dur'ra pas toujours.

Moi qui suis la cadett\ Je veux m'y marier, 11 n'y a que ma mèr' qui veut m'y empêcher .

— Vous voulez l'empêcher, n^èr', de s'y mariev,

\ ous voulez l'empêcher^ ell' vous en saura

[gré.

— Mari'-toi donc, ma ûll', moi je ne t'empêch'

[pas,

Si tu es mal à Taise, à moi ne t'y plains pas.

— Me voici mariée, grand Dieu, quel chan^e-

[ment.

Avec mes camarad's, j'n'irai plus à présent.

I>S LA, VIE A LA MK>ftT 20rl

J'ai mon ouvrage- à fair\ miesenfenta à soi-^

l^ner.

Md&^iiemx est à boire, à fair' le débauché.

Le. soir c^uand il rentèr' bien tard à la maison,

TQutcojnmfi à r©i:dinair\ faut lui donner r?ii-

[son.

Le soir quand it se couche, it s Y couche en

[jurant,

Le matin quand y s'iève, il se lève en gro-

[gnant.

L'enfant qu'est au berceau, se réveille en pleu-

[rant.

Bercez, bercez, Madam*, voilà votr' amus'ment.

La mèr' tout en colèr', s'en va prendr' sonenr

[fànt,

L'arrose de ses krm's, regrettant son fewi*

[temps.

— Comm' l'étais çhe« mon |ièr\ fillette à ma^ * [rier,

Je dormais bien tranquilP, personn* n'm'en

[empêchait.

C6mm' j/étais chez mon pèr', fillette à marier.

Comme j'étais chez ma mèr'^ j'allais m'y pro-

{mener.

Avec mes camarad's j'allais m*y promener,

Personn* ne m'empêchait, personn' ne m*em-

[péchait.

— Tu n'es plus chez ton pèr*, tu n*es plus chez

[ta mère,

Entendre les discours et les plaisirs d*amour.

Comm* t'étais chez ton pèr', comm' t*étais chez

[ta mère,

Fillette à marier, fallait donc y rester.

♦ if

Autres Chansons de Mariage

Refrain :

Parlons du jeu, parlons du mariage, Parlons d*amour, mais point d's'y marier.

Et point d's'y marier, ni s'y mettre en ménage, Car arriv' trop souvent du mécontentement.

Parlons du jeu, etc.

Si par malheur, je prends une femm* qui soit

[belle, Je vois bien du danger pour m'y rendre jaloux.

Parlons du jeu, etc.

Elle aura des amants qui s'en viendront la

[voir,

Du matin jusqu'au soir, du matin jusqu'au

[soir.

Parlons du jeu, etc.

Si par malheur je prends, une femm' qui soit

[laide,

Toujours devant les yeux j'aurai cette laideur. Parlons du jeu, etc.

Si par malheur je prends une femm* qui soit

[riche,

Bien du danger pour moi si j'y vas-t-à Tau-

[berge.

Parlons du jeu, etc.

Eir m'appell'ra : « Ivrogn', tu manges tout mon

[bien,

Mes enfants n'auront rien, mes enfants n'au-

[ront rien.»

Parlons du jeu, etc.

Si par malheur je prends une femm' qui soit

[pauvre,

II me faudra alors tout' ma vie travailler.

Parlons du jeu, etc.

EUe aura des enfants qui me diront : a, Papftf

Donne-nous donc du pain que Ton n'meur'

[pas de Gaj^a.»

Parlons du jeu, parlons du mariage.

Parlons d'amour, mais point d*s^y marier.

«4iiol«e^.)

Le Marié mécontent

Comm' j'étais chez mon père, Demeurez là, mettez lo pied Ht,

Garçon à marier, Beir, mettez là le pied I

Je n'avais rien à faire, Demeurez là, mettez le pied Ui« Qu'une femme à chercher, Beir, mettez là le piçd I

Et maintenant que j'en ai ium^.

£)emeurez là, mettez le pied là^

E\V m'y fait enrager, Beir, mettez là le pied I

DE LA VIE A tA MORT 2O5

Eir m '-envoi -t-à la chasse, Demeurez là, mettez le pied Ht, Sans boire et sans mi^Ager^ Beir, mettez là le pied !

Et qaand j'arriv\ le soir, Demeurez là, mettez le pied 'Ht,

Elle a toujours' soupe, Beir, mettez là le pied.

Je lui demanil' : (( Ma femtoe, Demeurez là, mettez le pied là,

De quoi as-tu soupe?

Beir, mettez là le pied I

— D'une bonne poulette.

Demeuriez là, mettez le pied là.

Et d'un pigeon ramier, Beir, mettez là le pred

Les os eont bous k tabfo, •DeâMUHez là, mettez le pM là, Jean, veu^-tu les réuéher ?

Beir, mettez là le.picdl

Le pauvre Jean s'y couche.

Demeurez là, mettez le pied là,

. Et se mit à pleurer, Beir, mettez là le pied !

— > Tandis qu'ie serai jeune, Demeurez là, mettez le pied là,

Je m'y divertirai, Beir, mettez là le pied !

Et quand je serai vieille, Demeurez là, mettez le pied là,

Je me retirerai, Bell', mettez là le pied !

Dans un vieux presbytère, Demeurez là, mettez le pied là.

Avec un bon curé, Beir, mettez là le pied I

Qu'a du vin dans sa cave.

Demeurez là, mettez le pied là.

Du lard, dans son charnier.

Beir, mettez là le pied !

Comme on le voit, toutes les chansons de nooea^soBtcontraîreaiaii imu r Ligp ct'peii fki t tJfc

pour encourager les jeunes gens à entrer dans les saints liens.

Voici maintenant quelques chansons de table que Ton entend aux noces et dans les réunions de famille.

J'aime le mot à rire

Je voudrais bien passer le bois {bis)^ Mais je suis trop petit', voyez-vous^

Mais je suis trop petite.

J'aim' lonla, lanla, derita, J'aime le mot à rire.

Nous rpasserions bien tous les deux (6/s), Nous rpasserions sans rir\ voyez-vous.

Nous rpasserions sans rire.

J'aim' lonla, lanla, derita,

J'aime le mot à rire.

Quand nous fûm's au milieu du bois(6is), Il me prit une envie, voyez-vous.

Il me prit une envie.

a©8 FOLK-LOIIE DE l'iLLE-ET^^ILAINE

ynim* lonla, lanla, derîta^ paime le mot à rîre.

C'était de prendre un doux baîser'(Ws), •A la mode jolie, voyez-vous,

A la mode jolie.

J'aim' lonla, lanla, derîta.

J'aime le mot à rire.

— Prenez-en un, prenez-en deux (bis)^ Mais n'allez pas Icdir', voyez-vous,

Mais n'allez pas le dire.

J'aim' lonla^ lanla, derîta,

J'aime le mot à rire.

Car si mon père le savait (bis).

Il me battrait sans rir', voyez-vous,

Il me battrait sans rir«.

J'aim' lonla^ lanla, derîta,

J'aime le mot à rire.

Mais si ma mère l'apprenait (hts)^ Eir ne ferait qu'en rir', voyez-vous.

EàV ne ferait qu^ v'm.

J'aim* lonla, lanla, deri ta,

J'aime le mot à rïtt^

Ça lui rappell'rait Ttemps passé (bis).

Du temps qu'elle était fiir, voyez-vous,

Du temps qu'elle était fille.

J'aîm' lonla, lanla, derita,

J'aime le mot à rire.

Quand les amants venaient lui dire (bis) Qu'elle était bien gentill'^ voyez-vous,

Qu'elle était bien gentille.

J'aim' lonla, lanla, derita,

J'aime le mot à rire.

(Redon.)

Le Nigaud de Mari

Mon pèr' m*a donné un mari.

Jamais vous n'avez tant ri !

La premier' nuit fcouchis d'oli^ Ma qui voulais rire !

La premier' nuit fcouchis d^oli.

Jamais vous n'avez tant ri I Le grand nigaud y s'endormit.

Ma qui voulais rire !

2IO FOLK-LORE DE l'iLLE-ET-VILAINE

Le grand nigaud y s^endormit,

Jamais vous n'avez tant ri î J'pris une épingle et je Ppiquis, Ma qui voulais rire !

J'pris une épingle et je rpiquis^

Jamais vous n'avez tant ri I Le grand héta y s'en sauvit^ Ma qui voulais rire I

Le grand hêta y s'en sauvit, Jamais vous n'avez tant ri !

J'pris mes jupons et je Vcoursis Ma qui voulais rire.

J'pris mes jupons et je l'coursis,

Jamais vous n'avez tant ri I Et devinez oiifle trouvts?

Ma qui voulais rire!

Et devinez où j'ie trouvis ?

Jamais vous n'avez tant ri !

Derrièr' la grang', dans les orties, Ma qui voulais rire I

Derrièr' la grang\ dans les orties,

Jamais vous n'avez tant ri !

J'Vy pris la main et je Vravienis^ Ma qui voulais rire !

JTy pris la main et je l'ramenis, Jamais vous n'avez tant ri I

Le grand nigaud y se r'couchit, Ma qui voulais rire !

Le grand nigaud y se r'couchit,

Jamais vous n'avez tant ri !

Aussitôt j'mc mis près de //, Ma qui voulais rire !

Aussitôt j'me mis près de //, Jamais vous n'avez tant ri !

J'vous dirai point ce qu'il me fit.

Mais qu'il me fit rire !

JVous dirai point ce qu'il me fit,

Mais qu'il me fit rire I Non, jamais vous n'avez tant ri !

Comme il me fit rire !

(Hédc.)

Le Petit Mari

Mon pèr' me donnit un mari ; Petit amant, je le nommis.

La gobi, berni, guernobi, Ama la don guerni, guerno^

Guerno, piriozo !

Dedans mon lit je rdéposis,

Et dans la paille il se perdit.

La gobi, berni, guernobi, Ama la don guerni, guerno, Guerno, pinozo !

Je pris ma fourch*, je l'fourgotis, F'ourgotis tant que je Ttrouis.

La gobi^ berni, guernobi, Ama la don guerni^ guerno, Guerno, pinozo I

Sus mon foyer, je V déposis.

Et dans la cendre il se perdit.

La gobi, berni, guernobi, Ama la don guerni, guerno, Guerno, pinozo!

Je Tcherchis tant que je l'trouvis ; Mon pauvr' mari était rôti.

La gobi, berni, guernobi, Ama la don guerni, guerno, Guerno, pinozo!

Je pris un drap pour l'ensev'li ; L'drap était neuf, je rdccousis.

La gobi, berni, guernobi, Ama la don guerni, guerno, Guerno, pinozo!

Dans le courtil je Tenterris ; De gros vers blancs l'ont fricotti.

La gobi, berni, guernobi, Ama la don guerni, guerno, Guerno, pinozo.

(Saint-Malo.)

L'Ente est dans la hâte

Refrain:

L'ente est dans la haie, dans la haie, dans la L^ente est dans la haie du jardin, [haie.

2 14 FOLK-LORE DE l'jLLE-ET-VILAINE

— Et dans cette ent\ vous ne savez ce qu'il

[y a (bis) }

— Il y a plus beir branche, Comm' jamais vous n'avez vu branche.

La branche est dans Tente, L'ente est dans la haie, dans la haie, dans la L'ente est dans la haie du jardin, [haie.

— Et sur cett' branch' vous ne savez ce qu'il

— 11 y a un beau nid, [y a (bts)} Comm' jamais vous n'avez vu nid.

Le nid est sur la branche, La branche est dans l'ente.

L'ente est dans la haie, dans la haie, dans la L'ente est dans la haie du jardin, [haie.

— Et dans ce nid vous ne savez ce qu'il y a

— 11 y a plus bel œuf, (bis) } Comm' jamais vous n'avez vu œuf.

L'œuf est dans le nid.

Le nid est sur la branche,

La branche est dans Tente, L^ente est dans la haie, dans la haie, dans la L'ente est dans la haie du jardin, [haie.

— Et sur cet œuf, vous ne savez ce qu'il y a

— 11 y a plus bel oiseau, (bis)} Comm' jamais vous n'avez vu oiseau.

L'oiseau est sur l'œuf, L'œuf est dans le nid^ Le nid est sur la branche, La branche est dans l'ente, L'ente est dans la haie, dans la haie, dans la L'ente est dans la haie du jardin, [haie.

— Et sur cet oiseau, vous ne savez ce qu'il

— 11 y a plus beir plume, [y a (bts)} Comm' jamais vous n'avez vu plume.

La plume est sur l'oiseau, L'oiseau est sur l'œuf.

L'œuf est dans le nid.

Le nid est sur la branche, La branche est dans l'ente,

2l6 FOLK-LORE DE l'iLLE-ET-VILAINE

L'ente est dans la haie, dans la haie, dans la L'ente est dans la haie du jardin, [haie.

— Et sur cett' plum' vous ne savez ce qu'il

— Il y a plus beir nonne, [y a {bts}} Comm' jamais vous n'avez vu nonne.

La nonne est sur la plume, La plume est sur l'oiseau, L'oiseau est sur l'œuf, L œuf est dans le nid, Le nid est sur la branche, La branche est dans l'ente.

L'ente est dans la haie, dans la haie, dans la L'ente est dans la haie du jardin, [haie.

— Et sur cett' nonne vous ne savez ce qu'il y

— Il y a plus beau clocher, [a (bts)} Comm' jamais vous n'avez vu clocher.

Le clocher est sur la nonne, La nonne est sur la plume, La plume est sur l'oiseau.

L'oiseau est sur l'œuf.

L'œuf est dans le nid, Le nid est sur la branche, La branche est dans l'ente^ L'ente est dans la haie, dans la haie, dans la L'ente est dans la haie du jardin, [haie.

— Et sur ce clocher vous ne savez ce qu'il y

— Il y a plus beau coq, [a (bis) ?

Comm' jamais vous n'avez vu coq.

Le coq est sur le clocher, Le clocher est sur la nonne, La nonne est sur la plume, La plume est sur l'oiseau, L'oiseau est sur l'œuf, L'œuf est dans le nid, Le nid est sur la branche^ La branche est dans l'ente, L'ente est dans la haie, dans la haie, dans la L'ente est dans la haie du jardin, [haie.

— Et sur ce coq vous ne savez ce qu'il y a

Il y a plus beaux rubans, (bis) }

2l8 FOLK-LORE DE l'iLLE-ET-VILAINE

Comm' jamais vous n'avez vu rubans.

Les rubans sont sur le coq, Le coq est sur le clocher, Le clocher est sur la nonne, La nonne est sur la plume, La plume est sur Toiseau, L^oiseau est sur Tœuf, L'œuf est dans le nid, Le nid est sur la branche, La branche est dans Tente, L'ente est dans la haie, dans la haie, dans la L'ente est dans la haie du jardin, [haie.

A défaut d'instrument, on chanté ce qui suit pour danser le quadrille. On appelle cela un quatre :

Lon lan la, feuille de vigne,

Lon lan la, tu m'as trompé,

Tu m'as trompé, tu n'me tromperas plus.

Car de ton vin, je n'veux plus boire.

Lon lan la, feuille de vigne,

Lon lan la, tu m'as trompé.

DE LA VIE A LA MORT 2îg

Tu m'as trompé, tu n'me tromperas plus, Car de ton vin^ je n'boirai plus.

Et on recommence : Lon lan la, etc.

Autres chansons à danser :

— Bonjour, tantine Perrine, Comment vous portez-vous ?

Vous m'avez l'air chagrine, Dit's-moi donc^ qu'avez-vous ?

— Mon bon ami est parti ce matin.

C'est celui-là qui me fait de la peine.

Mon bon ami est parti ce matin, C'est celui-là qui me fait du chagrin.

Variante :

— Bonjour, tantine Perrine, Comment s'porte votr' pourciau ?

— 11 n'est ni gras ni maigre, Les os li percent la ptau.

— Perrine, ah ! venez çà.

J'ai d'ia galett' dans mon bissa.

Quand Perrine elle fut venue, De la galctt' je n'avais plus.

Perrine eir monte à haut, Comm' j'amusais le bégaud,

Perrine ell' prend du blé,

Comm' j'amusais le meunier.

— Perrine, ah ! venez çà, etc.

Le soir, après les danses, les tailleuses procèdent au déshabillé de la mariée. Uune d'elles chante :

— Monsieur le marié, On voudrait vous parler ; C'est votre mariée, Qui est bien désolée.

Venez la consoler ; Apportez-lui à boire.

Du vin de la bouteille, Et venez l'embrasser.

— Madam' la mariéCi Faut vous déshabiller ; Faut détacher vos hardes, Vos anneaux et vos bagues, Pour aller vous coucher.

— Je n'détach' point mes hardes, Mes anneaux et mes bagues,

Je veux encor danser.

— Madam' la mariée, F'aut vous déshabiller, Détachez vos épi lies \ Pour donner à ces filles.

Qui vous ont assistée.

La mariée se déshabille en pleurant, et donne une épingle, une seule, à chacune des filles présentes. Celles-ci les conservent précieusement et lorsqu'elles en ont neuf, elles sont certaines de trouver un mari à leur tour.

La tailleuse qui a la spécialité des chants continue :

. Épingl

es.

— Madam' la mariée, Voulez-vous vous en v'nir Au logis d'chez votr' père, D*où vous avez quitté } Vous serez ramenée

De grande compagnie, Comme à venir ici.

— Oh ! non, oh ! non, les filles.

Je ne m'en irai point ; Ménage il me faut prendre, Aujourd'hui, sans attendre. On me Ta commandé.

Oh ! non, oh ! non, les filles, Je ne m'en irai point.

S'il faisait clair de lune, J'écrirais o ma plume, En vous disant adieu.

Le lendemain matin, on porte, dans le pot de chambre neuf qui a été acheté par l'un des invités, et conservé par lui jusqu'à ce moment^ la rôtie de la mariée.

Ce sont des morceaux de paia grillé, enâlés ]es uns aux autres et trempant dans du vtn chaud.

Après qu^on a longtemps frappé à la porte des nouveaux époux, le marié se décide à aller ouvrir et la nuce fait irruption dans la chambre.

On porte dans le lit des mariés la rôtie qu'ils sont obligés de manger et de boire devant tout le monde, et sans couper le fil qui retient les morceaux de pain.

Cette coutume fort gênante pour la mariée à laquelle on fait toutes sortes de plaisanteries grossières sur sa nuit de noce, disparait presque partout.

Les invités, parents et amis de la mariée chantent en s*en allant :

— Quand il faut quitter tout ce qu'on aime, L.e cœur ne peut jamais y consentir.

Ah ! Ahl Ah? c'est aujourd'hui môme.

Qu'il nous faut partir.

Le marié en riant •

— Fartez quand vous voudrez ; Mais pour moi je demeure,

Ah I si jamais j'en pleure, Sera quand vous reviendrez.

La mariée^ paraissant en colère au milieu des siens :

— Sans dout* je partirai, Sans verser une larme ; Croyez-vous que vos charmes M'engag'raient à rester?

Le marié :

— Partez quand vous voudrez.

Mais il court après elle et la ramène à la maison. .

A Bruz, autrefois, lorsqu'une noce durait plusieurs jours, la mariée était emmenée chaque soir coucher chez des parents ou des voisins, et elle n'appartenait réellement à son mari que lorsque la fête était complètement terminée.

Jadis, dans la commune de la Bouëxière, quand une fille-mère venait à se marier, elle ne devait entrer dans Téglise que par une petite porte. En outre, le mariage avait lieu à six heures du matin. On tintait seulement avec la plus petite cloche, et la messe était célébrée dans une chapelle des bas-côtés.

Au Pertre et dans beaucoup d'autres communes, si une pauvre fille, ayant eu des malheurs avant son mariage, s'avisait de mettre une couronne de fleurs d'oranger le jour de sa noce, les femmes du pays la lui arrachaient.

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