Ê 308 FOI
H - Ceux
qui t'ont di
cela n'en saveoti
■ Ce sont de
in
béeiles.
H - Mais
alo
rs, queiigea-tu > ^
^M — J'exige quE tu viec
nés ici, chaque i
^M le premier
medi de
'Avcnt, a l'hwi
^1 minuit.
^M — Et que n
'arrivera
t-ii?
■ - Je te
cha
ngerai en
levrette blanche
^M huit jours
H —Et j'a
ur
H ~ Dans
ta
poche a
Unt d'argent q
^M pourras en
de
penser.
■ - C'est
co
ivenu.
^M ~ Tope
t le diab
e en tendant as
H crochue.
H Yaume a
van;a timide
ment la main, et a
eut
^Ê pas plutôt
touché celle
de Satan, qu'il jets
un
H aS'ri;u\ cr
de
duuleur
et fut change en
le~
■ Le diabi
en iiiU,
et le grand lévrie
rse
H mit cou
rii-
comme
s'il était possède
du
^1 démon.
■ Pendant
hu
t nuit?, -
- car il n'était via
ble
^ft^ qu'apràs le
uchcr du
soleil ; - on ne r
■en-
DE LA VIE A LA MORT 20g
contrait que le malheureux animal qui semblait ne pas avoir une minute d'arrêt.
11 effrayait les femmes et les enfants, jetait par terre les paysans revenant des foires ou des marchés^ et s'en allait ravager les jardins et les champs. Son frère surtout fut victime de ses méchancetés.
Les huit jours s'écoulèrent, et la levrette revenue comme par hasard au carrefour, reçut de la part du diable, une si rude volée de coups de bâton, qu'elle resta comme morte sur place.
Pendant son évanouissement, le diable rendit sa forme humaine à Yaume Martin qui se réveilla à l'endroit où son marché avait été conclu huit jours auparavant.
Le/a///* gars eut toutes les peines du monde à se lever, tant il était meurtri et courbaturé par les coups et la fatigue. Il se traîna misérablement au bourg de Pancé, et y resta plusieurs semaines avant de se rétablir.
Lorsque ses douleurs furent passées, Yaume les oublia dans les cabarets. Dans ses poches les grandes pièces de six livres ne diminuaient
"Tï
point, sonnaient ag
diablement sus oretl^^^^H
tout le mondu, et lui
procuraient tous le#;^^^^^H
sirs qu'il pouvait di
sirer o
1 imaginer. '^^^H
Un soir, en revena
nt du
marché de Kb^^^^I
s'arrêta à l'auberge
du Châtenu-Gailla^iP^
n'en Borlit que très
tard a
irèa avoir bu plu-
sieurs pichés de cid
Le temps était superbe e
la lune éclairait k
campagne.
Yaume s'en allait
en cha
lantà tue-lâtodcB
chansons impica, 1
irsqu'i
rencontra sur la
route un jeune poula
n qui
vint gambader au-
tour de lui et se fair
er.
« Tiens, dît le gai
s. v'Lï
un p'Iit ch'va heu
docile, j'ai presque e
nvie d
l'enTourcher. »
Ausaitût qu'il eu
t man
resté ce désir, le
jeune poulain se mit
à genoux devant lui pour |
permettre ù Yaume
de le
monter plus facile- ■
ment.
Ce dernier, tout
en riant des gentillesse* |
^^^ de l'animal, lui grin
pasur
le dos. La béte n ■
^^K releva et partit au galop,
^^L Sans être dirigé.l
pouta
npritde lui-même fl
^^H le petit chemin creu
dePaneé, par le boisdu ■
Perrin, passa près du menhir de la Pierre- Longue, traversa la chaussée de Quenouard, monta rapidement les rochers de ce nom, et arriva promptement au bourg.
Le cimetière de Pancé, à cette époque, entourait l'église et se trouvait au milieu des maisons.
Une pauvre vieille femme, qui avait perdu son mari quelques jours auparavant, s'était oubliée à prier et à sangloter sur la tombe du défunt. Elle sortait du champ du repos, juste au moment où le cavalier passait, et fit le signe de la croix en terminant son chapelet qu'elle tenait à la main. A ce signe, le poulain se cabra et se déroba sous Yaume qu'il jeta brutalement par terre, le nez sur les cailloux. Tandis que le gars se relevait et secouait la poussière de ses vêtements, il entendit un bruit d'ailes sur sa tête et un ricanement prolongé.
La vieille, épouvantée, se sauva chez elle pendant que Yaume se disait : « C'est certainement le diable qui vient de me jouer un tour de sa façon. Serait-ce un avertissement ! Que me veut-il ? »
Après avoir réfléchi,
1 s'aperçut. âsongraod |
désespoir, qu'il était à
a veille I
u premier sa- ■
medi de l'Avent,
Cette découverte le
boule VE
sa, lui donna 1
des cauchemars toute
la nuit.
Le lendemain 1
il eut U fièvre et res
a au lit
à trembler de 1
peur.
Que faire? Reculer
Ohl
non, le diable ■
saurait bien le trouver
Il était plus prudent |
d'aller au rendei-vous
que d'enc
ourir la colin
de Satan.
Il attendit jusqu'à la dernier
e minute, jus-
qu'au dernier momer
t ; mais
enfin il s'y
rendit. Le diable était
â qui lu
reprocha son
peu d'empressement ù
le venir
voir, et lui de-
manda s'il n'était pas
ontent,
s'il avait a K
plaindre, s'il avait ma
que d'à
gent, etc. Sur
la réponse négative de
Yaume,
il ajouta d'un
ton courroucé : « Alors
fallait V
enir plus tôt. »
Et il administra sa c
rrection
habituelle au
pauvre gars qui perd
t bientô
connaissacice
et fut changé en levrette.
La métamorphose accomplie
l'animal aVo
alla dans le jardin de
commencer à arracher les légumes, à manger les fruits et à briser les fleurs. 11 continua ainsi plusieurs nuits.
Le fermier du Frétay, furieux, indigné, ne put se contenir plus longtemps ; il chargea son fusil et poursuivit la méchante bête.
Cette levrette lui fit faire des courses échevelées au clair de lune. Quand elle le voyait fatigué et prêt à l'abandonner, elle s'arrêtait devant lui, se mettait sur le derrière en montrant les dents comme pour rire. Alors José ajustait le chien qui recevait la charge presque à bout portant sans avoir aucun mal. Néanmoins il s'amusait à faire la culbute et à rester étendu sans mouvement. Le chasseur se précipitait vers l'animal croyant l'avoir tué; celui-ci se relevait prestement, en causant une peur effroyable à José, autour duquel il tournait jusqu'à ce que d'un coup de gueule, il lui eût emporté le fond de son pantalon. Bienheureux encore lorsqu'il n'emportait que la chemise. Après cela, il s'en allait ricaner derrière une haie.
Ne sachant plus à quel saint se vouer, José
consulta un vieil ermite qui habitait une
grotte que l'on voit encore aujourd'hui sur la
rivegauchedu Scmnon, dans un rocher situé
en face de la propriété du PJesais-Godard, et
qui est appelée l.% grotte aux loups.
Le solitaire lui dit après avoir lu dans un
vieujclîvre :
« Tu as affaire au malin esprit, et tu ne te
débarrasseras de cette maudite levrette qu'en
Suivant les conseils que je vais le donner.
)) Voici de gros boutons de plomb qui ont
été jadis sur l'habit de chasse de saint Hu-
bert ; tu les feras bénir parle recteur de la
paroisse, tu les mettras dans ton fusil en guise
déballes, et lorsque tu verras l'anîraal au clair
de lune, au lieu de l'ajuster en plein corps,
comme tu as fait jusqu'ici, tu tireras sur son
ombre. Je ne doute pas que tu réussisses. »
José remercia le saint homme, lui fit b«
petite offrande, et s'en alla faire bénir lei
boutons par le recteur de Fancé.
Le soir venu, il attendit son ennemi de
pied ferme.
A onze heures, la levrette arriva. Elle briaa
1>K LA VIE A r.A MOUT 21 Ç
les choux du jardin sur son passage, et vint s'asseoir au milieu d'un carré de salades en face de la maison, le nez tourné vers la porte.
Le fermier, cette fois, s'était caché dans le grenier, et profita, pour faire feu, du moment où la bête était immobile, et où son corps éclairé par la lune, projetait une ombre énorme.
Un cri affreux se fit entendre.
11 descendit aussitôt et courut au jardin.
Il trouva à la place de la levrette, son malheureux frère baigné dans son sang.
Il était minuit, et le huitième jour, depuis la métamorphose, venait d'expirer.
José s'arrachait les cheveux. Il appelait au secours, il pleurait, il sanglotait.
Tout le monde de la ferme fut debout dans un instant.
Les uns transportèrent le blessé dans un lit pendant que les autres couraient chercher le prêtre.
En voyant le malheureux garçon, le recteur de Pancé reconnut que Yaume n'avait plus que quelques instants à vivre, et lui demanda s'il voulait recevoir les secours de la religion,
onduite passée, et mourir
n signe adirmatirdu niorî-
:3 se retirèrent. Yauinc e
B, reçut les derniers sacrements c
l en tenant la main du prêtre et cell
Le diable caché dans un coin, poussa ua cri de rage, en voyant cette âme lui échapper, et se sauva par la cheminée, quand le prêtre en l'apercevant, l'aspergea d'eau bénite.
[Conlé par la mère Bouillaud.fermièrettii Fretmy
en chrétiei bond, les
de
n Pane
Les Prêtres, les Religieuses, le Tiers- Ordre, l'Église