‹ Folk-lore de l'Ille-et-Vilaine: De la vie à la mortChapitre 36 sur 46 · I LES PRETRES · texte numérisé non relu

I LES PRETRES

Le clergé de nos campagnes est, en grande partie, recruté parmi les paysans et quelquefois dans la classe pauvre.

11 arrive qu'un enfant du catéchisme est remarqué par son intelligence. Le curé ou le vicaire s'y intéresse et souvent commence son instruction.

Plus tard, Tclève est envoyé dans un petit séminaire, où il est élevé à l'aide de bourses propres à rétablissement ; ou bien sa modique pension est payée par des personnes pieuses et charitables.

Enfin, quand arrive l'époque de son entrée au grand séminaire, si ce jeune homme ne peut, par une bourse ou des dons, acquitter

sa pension on 1 sanl promettre ■ année, lorsqu'il

y reçoit

iitri

;e libérer

de bonnes promplem

r peu à peu, ura une situation rétribuée, eunes prêtres, s'ils ont fait ;s, parviennent à se libérer s sont nommes professeurs : dépendant de l'Évêché, où ils restent sans traitement, — ayant seulement l'entretien, — jusqu'à ce que la dette qu'ils ont contractée soit soldée.

Aussitôt après J'urdination, il est d'usage de faire célébrer au jeune prêtre une grand'- I. Un prêtre, le plus

le curé, l'a donner les

Avant cette messe cessionnellement chi ou au presbytère, si pagne, et on le cand embrasse et donne :

i à l'ai

;el 1

lui

dont il pourrait avoir

la va le chercher prolui, s'il habite le bourg, a famille habite la cam- : à la sacristie, et, là, il première bénédiction à s parents les plus proches.

Un grand dîner en famille, appelé diiier de ices, est le complément de cette cérémonie.

DE LA VIE A LA MORT 2ig

Le lendemain, le jeune prêtre dit la messe pour le repos des âmes de ses parents défunts. La famille et les amis y assistent.

Le jeune vicaire doit repasser les cinq années d'études du séminaire pendant le même laps de temps, et subir ensuite un examen à un jour déterminé. Si, sans une autorisation expresse, il ne se présentait pas à cet examen, il serait privé de tout pouvoir jusqu'à ce qu'il ait satisfait à ce devoir.

Après quatorze ans de prêtrise, le vicaire subit, devant les professeurs du grand séminaire un examen complet sur toutes les matières prescrites, et ne peut être nommé à la tête d'une paroisse que si ses réponses ont été

jugées satisfaisantes.

11 y a quatre fois par an, dans chaque canton, au jour fixé par TEvêché, et dans la paroisse désignée par le curé-doyen, des conférences, dans lesquelles on traite, par écrit, une question sur Tune des branches de la

ecclésiastique et, oraicmenti T plus facile, habituellement i ToQ3 les prôlrcs de la cir

mfére

Dana certains cantons, les prâtres de ;urs presbytères s'entendent entre euï ■ réunir et déjeuner ensemble sans in ins préalables.

t amicales, sont de i

Il est aussi d'usage de donner l'hospitalité A tout confrère du diocèse de passage dans la paroisse.

Les membres de la mÉinG pramotion du ai.mioairc se réunissent ordinairement une foi i

[lest interdit à

tout prOtre d'assister aux

tes et au dîner d'

in mariage, niÉme quand il

agit d'un frère ou

d'une sœur. 11 ne peut que

3 unir matrimon

alement à riîglise.

l.e lendemain de

la noce, par exemple, il y

ce qu'on appelle

e déjeuner des curés auquel

assistent le clergé, les mariés et les très proches parents.

Il est également interdit à un prêtre d'entrer, pour y boire ou manger, dans un hôtel, une auberge, un café, un cabaret, s*il n*est à plus d'une lieue de chez lui et hors de sa paroisse.

Les servantes, dans les presbytères, doivent avoir au moins quarante ans, sans cela une autorisation spéciale de Tévcque est nécessaire.

Un prêtre étranger au diocèse ne peut dire la messe que s'il est muni d'un certificat d'identité appelé celebret, et émanant de son évêque.

Tous les ans, pendant les vacances du grand séminaire, il est prêché dans cet établissement deux retraites ecclésiastiques auxquelles se rendent successivement tous les prêtres du diocèse. Elles sont présidées par l'archevêque qui, en dehors des sermons du prédicateur de la retraite, reçoit personnellement tous les ecclésiastiques qui désirent lui parler et, de plus, leur donne dans des conférences des conseils intimes.

Lorsque l'archevêque !

itid dar

nCB paroisses de son diocèse, les jeunes getia vont quelquefois à cheval au-devant de lui et entourent son carrosse. Autrefois ils tiraient des coups de fusils, et dea feux de joie étaient préparés sur son paasngc; c'était lui qui les allumait.

Le cardinal Fesch, oncle de Napoléon 1", vintà Rennes en i8li. Comme Son Éminence devoil arriver par Vitré, les habitants de cette ville l'avaient priée de a'arréter chez eux et de leur permettre de lui offrir â dîner. Le cardinal avait accepté.

On alla au-devant de lui jusqu'à la Gravelle.

Nombre de jeunes gens et de paysans étaient à cheval et armés de fusils.

Lorqu'ils aperçurent le carrosse de Soti

Éminence, ils firent aussitôt une décharge der mousqueterie qui causa une peur effroyable:

au prélat.

En voyant cette troupe armée, et surtout, les paysans vêtus de peaux de biques ressemblant à des brigands, les champs couverts d'arbres ayant l'aspect d'une forêt, et les haies vives semblables à des barricades, Monseigneur Fesch voulut rebrousser chemin^ croyant à une protestation contre Napoléon l".

On eut toutes les peines du monde à le rassurer, et à lui faire comprendre qu'il était d'usage, en Bretagne, d'aller ainsi au-devant, des grands personnages qui venaient visiter notre pays, de tirer des coups de fusil en signe de joie et de caracoler autour de leurs carrosses.

Après 25 ans de prêtrise un ecclésiastique célèbre sesnoces d'argent et après 50 ans ses noces d'or.

Ces cérémonies donnent lieu à une grande

messe chantée par un diginiCairc avei Deum, échange réciproque de compliments agapes fraternelles auxquelles sont invités amis personnels, et, si c'est un curé, tous vicaires qu'il a eus avec lui. On va le chercl au presbytère prooessionnellement coi jour de son ordination.

Il n'y a pas très longtemps encore, qu'un curé mourait dans une paroiss l'exposait et l'on promenait son corps, (îgure découverte, dans les principales du bourg. Cet usage est, aujourd'hui, ton en désuétude.

Le prêtre est enseveli et mis en bière a ses ornements sacerdotaux tels qu'il les av de son vivant pour dire la messe.

A l'éjjlise, le cercueil est placé dans le s contraire de celui des laïques, c'est-à-dire < la figure, au lieu d'être tournée vers l'aul est dirigée vers les assistants.

Depuis qu*on a cessé d'inhumer les prêtres dans les églises on les enterre généralement, à la campagne, la tête au pied de la vieille croix de granit sculpté qui se trouve dans la plupart des cimetières.

Les Missions

Les Missions paroissiales durent assez longtemps.

Le jour de Touvcrture, avant la grand'messe, le clergé va pi ocessionnellement, avec la croix et la bannière, chercher les missionnaires au presbytère et les amène dans Téglise jusqu'à la table de communion.

Là, après échange de bienvenue de la part du curé, et de remerciements du supérieur, le premier enlève de son cou Tétole, insigne de sa charge pastorale^ pour la remettre au supérieur. Ce dernier la conserve jusqu'à la fin de la mission et la rend à ce moment au curé, après le dernier oflBce, et avec le mêm® cérémonial.

la

Quand il y a, soit une mission, soit un )ti ou même les quarante heures, des prit étrangers viennent pour prêcher et coofesi

Afin d'alléger les charges cguî, occasions, incombent au curé, ses amis di paroisse lui envoient quelquefois des volai) du poisson, des gâteaux, des fruits, du ■ des liqueurs.

Comme il n'y a pas toujours suifisamn de chambres au presbytère pour loger 1 les prêtres étrangers, ils reçoivent l'hoapitt chez quelques habitants qui veulent 1 mettre des appartements à la disposition leur pasteur.

Tombe d'honneur de la Mission

Un jour de la mission est consacre au venir des morts.

Aprèti un service solennel h l'église, < rend procesaionnellement a

fossoyeur a eu soin de creuser par avance une

fosse. Toutes les familles y sont représentées au moins par un membre.

Le supérieur prononce une homélie et bénît la tombe destinée à recevoir le corps de la première personne de la commune qui meurt après avoir fait sa mission.

On lui donne le nom de tombe d'honneur, Et| en effets les familles considèrent comme une faveur exceptionnelle d'avoir un des leurs inhumé dans cette fosse.

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