femme Saillard, fermière au Chène-Dé
commune de Bruz^ s'entendit appeler, elle aussi, au moment de la mort de Jacques Saillard, son frère.
M. Goinard, de Bain, étant à la veillée, à lire au coin de son feu, entendit plusieurs coups frappés violemment dans un coin de Tappartement.
Les jours suivants, une femme de la même maison vint à mourir, et le fossoyeur apporta chez M. Goinard les bois qui devaient servir à porter le cercueil au cimetière. Il les déposa juste à Tendroit où le bruit s^était produit.
M. Fillioux, maire de la petite ville de Bain^ avait deux filles, Emilie et Louise, très jolies toutes les deux.
La plus jeune, Louise, fut un été, atteinte de la fièvre typhoïde. Sa mère et sa sœur la soignèrent avec un dévouement sans égal.
Elles ne la quittèrent ni jour ni nuit.
Un soir que la fenêtre de la chambre de la
^H malad
était ouverte, à
de rexeessive 1
^V chaleu
, une orfraie que
les
paysans appel- 1
H lent u
ne Fresas, entra
dans la chambre et 1
H Ébloui
par la lumière, alla se
cacher dans le 1
^1 chapea
u de M'" Emilie.
''illioux poussa un
cri
et s'écria ; « Ma 1
H 611e va
mourir, voilà son
avènement. » |
■ Non
Louise ne mouru
pas
au contraire elle
H entra
en convalescence,
mais
sa sœur aînée
■ Tut ail
inteùson tour de la m
me maladie quî
H Tempo
la dans t'espace (
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Iqucs jours.
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lard, lorsque M"
Fil
ou?t parlait de
^Ê sa chcre morte, elle ajoutait
« L'une de mes
H elles d
evait mourir, l'ois hez noua. »
de la mort était
^V Qaand les corbeaux volent
et crient autour
■ d'une
jaisoQ où il y a u
i malade, c'est signe |
■ de mor
H Que
de fois M. Alliovi
ma
aconté qu'étant 1
1 avait sur l'onsfle
du
petit doigt de la 1
main gauche, une tache noire dans le sens de la longueur.
Une vieille femme lui dit un jour, en lui regardant la main : « Quand cette marque disparaîtra, vous apprendrez la mort de quelqu'un de votre famille. ))
Au fur et à mesure que Tongle poussait, la tâche diminuait et, enfin le jour où elle cessa d'être visible^ il apprenait la mort de son frère, commandant dans un régiment de ligne, tué à Tassaut de Sébastopol.
M. et M"' X..., en résidence au Grand- Fougeray, couchaient dans la même chambre que leur petite fille, lorsqu'une nuit la mère se réveilla et vit la servante assise près du berceau de Tenfant, tenant une chandelle allumée, absolument comme si elle portait un cierge.
— Que faites-vous là, malheureuse? Vous allez mettre le feu ou réveiller ma fille, voulezvous bien vous en aller.
La servante resta impassible.
M- X..., effrayée, réveilla son t
assista au mcme spectacle et ordc aussi, à la bonne de s'en aller.
[{ien n'y fit.
Il se leva pour mettre tin à cette c< se trouva, tout à coup, dans l'obscurité lai complàte. II alluma une bougie et ne ■ rien. L'enfant dormait d'un profond s et la chambre était fermée au verrou.
Le lendemain matin, la servante qu'elle n'avait pas bougé de son lit.
Presque immédiatement ia petite Slletdl malade, et ce ne fut que par des gants qu'on réussit à la sauver.
J'ai connu M. D..., maître d'hùtel à Bain, qui était d'un sans g£ne incroyable.
Tous les matins, avantd'achever sa toiletta il allait en caleçon et en bonnet de coton, su la place devant sa porte, regarder une pi servant de girouette sur le haut d'un toit.
Un soir qu'il était à Nantes, l'une de ses filles sort à la porte et appelle tout le monde en disant • (( Regardez donc, près du puits, papa en caleçon et en bonnet de coton. »
On se précipite pour voir^ mais l'apparition avait disparu.
Le lendemain la famille recevait une lettre de Nantes l'informant que M. D. . . était au plus mal.
Qui n'a entendu Isifrezas (l'orfraie) chanter sur la cheminée de la maison d'un agonisant }
Qui n'a vu la nuit un flambeau allumé au pied de son lit^ ou un cierge tomber du ciel, la lumière en bas, en pleine campagne, la veille de la mort d'un parent ou d'un ami ?
11 y a encore la charrette ou la brouette de la mort, que Ton appelle dans l'arrondissement de Redon : « Le Chariot David, ))
C'est un véhicule quelconque qui passe, la nuit, dans les rues du village et fait trembler et se blottir sous la couverture de leur lit ceux qui l'entendent. L'essieu frottant contre
a88 FOLK
les roues ne
in graissées produit un bruj|
annonce la
mort
d'un chrétien. Sigi
cous!
A Renne:
3, à li
a fin du siècle dcraii
guetteurs di
S nuit
parcouraient les rue»
ville, au mil
ieude;
i ténèbres, en annonçi^
heurta.
Lorsqu'il
y avfl
it un mort dons une
Bon ils a'arr
étaient
i la porte et criaient
n Rével
!lez-vo
us, gens qui dormiiz.
Priez D
ieu po
uriea trépassés. »
Et ils noi
nmaiei
it le défunt.
A Vitré, :
lorsqu'
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nie. si la fa;
nille e
3C dans l'intention de
lui 1
faire faire Ul
1 enterrement de première cla
ssc, 1
ou bien enea
>re si c
lie appartient b la confrérie |
de ta Bonne-Mort.
les parents et amis se i
dent à l'tigli:
se pou,
r provenir le clergé di
fin prochain
edu a
loribond. i
Immédiatement, neuf coups pour les garçons et onze pour les filles sont tintés à la cloche
de l'église. Puis un prêtre monte en chaire et récite les prières des agonisants.
La veille d'un enterrement de première ou troisième classe seulement, le crieur de la ville moyennant la somme de 17 sous, s'en va, le soir, entre 7 et 8 heures, à tous les carrefours et sur toutes les places, tinter neuf coups de cloche pour les hommes et onze coups pour les femmes. Puis il dit :
« Nous recommandons à vos charitables prières le repos éternel de rame de M..., décédé en sa demeure le , à' telle heure, et
dont l* inhumation aura lieu demain à
heures^ en l'église paroissiale de.,,
« Et vous, âmes charitables, vous prierez pour le repos éternel de son âme. »
J*ai cherché à savoir pourquoi cette publication n'était faite que pour les enterrements de 1* et de 3* classe et les renseignements suivants que j*ai recueillis ne me satisfont qu'imparfaitement *
Pour les enterrements de i'* classe, c'est
^M . dans la crainte que des
personnes aient élé |
■ oubliées dans les invitatior
s faites par la
^H mille; pour ceux de j' clas
se, c'est parce qu'il |
^M n'y a paa d'autres invita
ions que celle
du!
^B cricur public. Et quant a
jx enterrement
sdj
^H 3* classe, ils ont la ress
urcc des letlrea ipM
^H Taire parc et des avis dans les journBUx.
^H A ta mort de quelqu'un
, l'on arrête touiesfl
^^1 les pendules qu'on ne remet à marcher
que
^H quand le corps est sorti de
a maison.
^B On vide l'eau des vaaes
dans la craints
qu«
^H l'âme n'aille s'y noyer.
^H 11 n'y a pas très longte
mps, quand un
fer-
^H mierou sa femme venait à mourir, on re
fiOU-
^H vrait d'un crêpe les ruche
d'abeilles dan
B le
^H Ces laborieuses bestiole
.qu'on appell
des
^H Aveltes, Étaient conaldé
ées comme fa
sont
^H partie de la famille.
Le Placebo
A Bain, la veille d'un enterrement, il y a, le soir vers cinq heures, à Téglise, ce qu'on appelle le Placebo,
Placebo est le premier mot de Tantienne des vêpres des morts.
L^église toute préparée pour les obsèques du lendemain est tendue de deuil, la fausse
châsse est placée entourée de têtes de mort et de cierges non allumés.
On chante les vêpres des morts presque dans Tobscurité.
La famille et les amis du défunt assistent à cette cérémonie. S'il y a beaucoup de monde, cela fait présager qu'il y aura foule à Tenterrement.
Dans les campagnes de l'arrondissement de Redon, quand une personne vient à mourir^ depuis son décès jusqu'à l'enterrement, le mort est visité par les parents, les amis, les voisins, les habitants du hameau et des villages environnants, qui, se remplacent de
Dans le canton d^Argentré, pour faire respecter la maison d^un mort, on met, à Textérieur, une grande croix de bois recouverte de torches de paille.
Dans l'arrondissement de Vitré, quand des gens riches apprennent la mort d^un parent ou d'un ami intime qui habitait loin d'eux, et qui est même inconnu dans leur commune, ils font sonner ce qu'on appelle des glas cClionneur, l'un en apprenant le décès, Tautre au moment de Tenterrement.
Les vieux usages d'autrefois sont encore scrupuleusement observés à Vitré.
A l'enterrement d'un homme ayant de la fortune, immédiatement après le cercueil suit un orphelin de 14 à 15 ans de l'hôpital Saint- Nicolas^ qui a été désigné par les religieuses.
La famille le revêt d'une pièce de flanelle blanche, qu'il porte autour du corps, en bandoulière. 11 tient à la main une double croix de Jérusalem, en cire.
Après la cérémonie, ces objets lui appartiennent.
Dana les commiuKa ruralfs, l'orphdta Mt remplace par le dooicatique de confiance da défunt, el la eroi» par un gros cierge allumé:.
I^s aulres domcsliques suivent avec lea membre* de la famille qui EemelicDt en rang deux par deuT.
Le parent le pluB proebe conduit le deuil avec un ami. non parent du défunt, auqud on veut faire le plus d'honneur.
Chaque parent vient ensuite, — en raison de ■An degré de parenté, — et toujours accompagné d'un étranger
Les femmes aucccdent aux hommes et chacune d'elles a pris d'elle une amie ou une personne nouble.
Au retour du cimetière, on ne laisse pas les étrangers aller manger à l'h&lel. Il y a un repos k la maison mortuaire et qui est présidé par lea plus proL-hes parents. On n'y boit que de l'abondance. Il n'y a eur la table ni vin ni cidre. Le densert se compose de beurre et de fromaifc. On ne sert ni café ni liqueurs.
Dd bc met t table quand on arrive, sans attendre personne, sans place désignée.
Les volets de la salle à manger ne sont qu'entrebâillés, et bien qu'on soit souvent très nombreux, on ne parle qu'avec ses voisins de table et à voix basse.
Sitôt qu'on a fini de manger, on se lève de table et on se retire.
Depuis quelques années seulement, la veuve du mort n'assiste plus au repas d'enterrement.
Un autre repas est offert huit jours plus tard aux personnes qui assistent à la cérémonie appelée : service de huitaine.
Le jour des obsèques, on fait distribuer aux pauvres par les sœurs de Saint-Vincent-de- Paul 300 kilogrammes de pain et iço kilogrammes de viande.
On donne des cierges au clergé, aux religieuses des communautés, aux fermiers et aux pauvres.
Leur grosseur varie en raison de l'importance des personnes auxquelles on les remet.
Aux curés et aux chanoines, ce sont des cierges de 5 fr.
Aux prêtres et aux religieuses, des cierges de 3 fr.
Aux autres personiiEs, des cierges de 3 fr.
Les cullivateurs riches font, euxaussi, sonner des glas d'honneur.
Les membres de ta famille assistent aux enterrements, tiennent un cierge et se placent à la queue du cortège.
Ils font célébrer un service et portent le deuil pendant un an. Les femmes ont un long voile de crêpe sur leur bonnet plat.
Je me souviens que, dans mon enfance, les femmes de la campagne portaient le deuil de leurs parents beaucoup plus sévirement que de nos jours. Elles avaient à recouvrir leur coiffa, une cape noire, qu'elles appelaient ca^ot, qui était munie d'une sorte de pèlerine leur cachant le corps jusqu'à la taille.
Lorsque les habitants des villages de Montlîouaud et du Val-aux-Bretons, dans la commune de Pleine- Fougères, conduisent un mort à l'Église, ils s'arrêtent un instant au
milieu de leur parcours, tournant le cercueil de façon que la figure du mort soit dirigée vers le Mont-Saint-Michel, et récitent une prière.
A Pléchâtel, quand un célibataire meurt après avoir pris part au tirage au sort, ce sont ordinairement quatre jeunes gens de sa classe qui portent le cercueil le jour de l'enterrement. C'est ce qui a eu lieu dernièrement pour un jeune séminariste du nom de Ballard.
Ce sont les fermiers qui, presque toujours, portent le corps de leur propriétaire.
A Châtillon-en-Vendelais et dans les communes voisines, les parents d'un mort^ à son enterrement, suivent le cortège à une grande distance. Us n'entrent pas dans Téglise pendant la cérémonie, et restent à genoux sous le porche.
Aussitôt la messe terminée, ils rentrent
VOLB-UME
DE L.'lIXB-eT'VlUilVI
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«ter i 1
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aa ctiBctitrc.
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roo te».
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roi.de 1
ou avdit été
CKuU I
^P puur y abriter un
Vierge
en faïence, qui éuil ■
protift^e par un petit grillage en fer.
Le nombre de ce* croix a bien diminué depuis vrnffl at». Elles sont auioufd'hut vermoulue*, beaucoup n'ont plus de brai, et celle* qui tont lombËc» de vétusté, ou qui oni été abattu** par Ici oragea, n'ont pas été H remplacée*.
^k Néanmoins, lorsqu'un enterrement allant
^1 au bourg, pai*e devant ce* pieux débris, les
^H personne* qui suivent le corps déposent daoa
^H le grillage, t c&té de la vierge, ou dans les
^H (laiure* du boi* faîiei par le temps, une
^B petite croix de boi*. longue comme la main,
^M et préparée A l'avance. Ces croix indiquent le
^H nombre de cercueils qui sont paaafi
^H lieux depui* le premier janvl
^^ do les enlever tous les ans.
■te
Dans certains carrefours où les croix ont
disparu, on place les petites croix dans le creux d'un vieux chêne, ou on les enfonce sur le haut d*un talus le plus rapproché de Tendroit où était le calvaire.
♦ if'
Une croyance très répandue dans les campagnes, est que tout ce qui a appartenu à un mort doit disparaître après lui à bref délai.
Ses vêtements, quoi qu*on fasse pour les conserver, seront promptement mangés par les mites. Ses bestiaux mourront d^accidents ou de maladies s'ils ne sont vendus aux bouchers par les héritiers du défunt.
Quand un enfant meurt avant d'avoir reçu le baptême, il est conduit directement au cimetière sans qu'on prenne la peine d'en informer les amis et connaissances. La plupart du temps le père seul l'accompagne.
Le petit cadavre, enfermé dans une légère
boite «n bois
est ren
is au fossoyeur qui Ten-
terre dans ur
coin n
on bfnit du cimetière.
Celte cércn
onie a
lieu souvent le soir. Oa
semble bonie
ux d'av
oir un pareil malheur à
déploiLTdan
lafam
iUc.
! femme de la commune de Saint-Goalay, dans l'arrondissement de Montforln mit au monde un enfant mort qui fut enveloppé dans un torchon, et déposé sur l'unique table de la maison, en attendant qu'une boite de bois blanc fût confectionnée
Un \o humble .
l'accouct l'enfant !
: été
de fair.
rcueil, l'apporU dans la maison de : et là, crut prendre le corps de r la table, et s'empara du la touaiiU
xillc, une aorte de nappe en grosse toile, qui met k l'abri des mouches, le pain et !a viande froide qui sont toujours à la disposition des ouvriers des champs, qui n'ont pas d'heures fixes pour les repas.
On porta donc le c&rcueil au cinn.tière et Ton revint ensuite se mettre à table comme c*est l'usage dans le pays.
Qu'on juge de la surprise des bonnes gens qui, en déroulant le torchon, trouvèrent le cadavre de Tenfant au lieu des saucisses qii^iis comptaient manger.
Ils retournèrent immédiatement an cimetière, déterrèrent le cercueil, mirent Tenfant à la place des saucisses quMls rapportèrent à la maison, et qui servirent au repas des invités.
Un soir d^automne, en revenant de la chasse, je traversais le petit bourg de Noë R'anche, lorsque je vis un petit paysan de neuf à dix ans, le bras en écharpe, qui pleurait en marchant.
Je lui demandai ce qu'il avait.
Il me répondit, entre deux sanglots, et en me montrant un doigt d'enfant qu'il avait dans une main : (( Je me suis abattu le doigt avec une faucille et je vas Tenterrer dans le cimetière. »
30a FOLK
Je n'oubl
erai jamais ce specta
ckdupai^H
petit pftjstto aitant enlerref son
'lolgt. ^H
î" LES BKVEKANT.
Un brave
homme du bourg (
e Saint-j^^H
en traversa
m un soir la {jrande
lande de^^H
cadàve, eu
une vision très étrange ; ^^^^|
laissons-le
ui-mème la raconter
11 J'aperçus tout près de moi
un prètra|^^H
couvert de
l'aube, de l'étolc, d
la ehast^HH
tout prêt à
dire la messe, avec
des ciergea i V
Hcs côtés. J
a ne suis cependan
pas peuvrou, 1
je voua asa
ure, mais la sueur
i\e coulait sur 1
la figure, c
omme si je venais de battre une |
airée de ble
noir.
. Oui, j
-tais sain d'esprit et
de corps, et
» Je mar
chais à en perdre ha
einc.ct il était
toujours â
a mËme distance de
moi.
j> Je ne durmis point de la nu
t, et le lende-
main j'alla
trouver le curé pour lui faire 1
pari de ma
rencontre. )>
^^ - Père
Mathurin, me dit
VOUS, j'espère que vous ne reverrez plus ce
revenant. Moi aussi je Tai rencontré au même endroit, et bien que mon cheval effrayé eût pris le galop, je Tapercevais toujours auprès de moi.
)) Quand vous y penserez, père Mathurin, dites une prière à son intention ; mais vous ne le reverrez plus, je vous le certifie, car j'ai dit des messes pour le repos de son âme.
» En effet, j'ai passé sur la lande bien des fois depuis, à la même heure, et je ne Tai plus revu. ))
Dans le pays de Pipriac, où il existe de grands domaines^ on voit souvent plusieurs personnes posséder un certain nombre de sillons dans le même champ. De simples bornes en pierre indiquent la part de chacun. Malheur à ceux qui seraient tentés de les arracher ou de les reculer par convoitise du bien d'autrui, car après leur mort, ils seront condamnes à revenir les mettre en place.
Hélas ! ils ne se rappellent pas toujours
l'endroit précis. et on les entend, dans les nuits d'hiver, qui s'écrient avec douleur : a O&les mettre } Oit les mettre f »
Il faut, pour délivrer ces pauvres imes, que le voisin qui a t\é lésa, vienne lui-mcro« indiquer le lieu où il veut que les bornes soient placées.
Lorsqu'on aperçoit une litoile filante, c une Ame qui vient d'être délivrée du purgatoire et qui sollicite une action de grâceB.
Une jeune fille appartenant ù une Camille aisée de la commune de Derval, était morte depuis plusieurs mois, lorsqu'elle apparut à sa bonne qui, un soir, lïlait sa quenouille, seule, au coin du foyer de la cuisine.
La servante Était depuis longtemps dans la maison, et avait pour ainsi dire élevé l'enfant décédée, qu'elle affectionnait sincèrement et doni la mort lui avaîtcausc un grand chagrin.
Lorsqu'elle la vît paraître à ses côtés, elle n'en fut nullement effrayée.
La jeune fille lui dit : « Préviens mes parents que je suis dans le purgatoire, et que je n'en sortirai pour aller au ciel, que lorsqu'on aura fait pour moi le pèlerinage que j'avais promis à Sainte- Anne-d'Auray. »
— Je le ferai certainement, mon enfant ; mais voudront-ils me croire ? Ils diront qua. je suis folle et que j'ai rêvé.
— « Alors, dit la jeune fille, tu leur montrerasr ta coiffe. )) Et sur cette coiffe elle posa la main.
Les cinq doigts de la morte y furent marqués, et leur empreinte avait roussi le linge comme avec un fer trop chaud.
Le pèlerinage fut fait, et la morte ne reparut plus.
Plusieurs vieilles femmes de Derval, se souviennent avoir vu cette coiffe, qui fut longtemps un objet de curiosité dans le pays.
Un vicaire de la commune de Poligné fut appelé un soir près d'un mourant avec lequel il avait été intimement lié. Lorsqu'il le quitta, le moribond lui dit : « Si les esprits peuvent revenir sur la terre je vous en avertirai. »
yt6 roLK-LO«ie t>E L'iLLe-sr-viLAUfe
I.C prttn rentra chez luj démpénot da voir «oa ami revenir i la vte.
Le euré «art ut* vieui, el i avait tu ÎRktaltéc <ic la chambre de ce daiu celle du vicaire, pour le es* oii le vieilb •e acrail iruuvi ladiapoté.
Ver» trciii heurea du matin, le vicaire révcilU par la ■annette qui lit un earil infernal. L'abbé l'habilla à la hâte et coa chet ton curj qui ee réveilla e ouvrir ta porte.
— Vou* <tea Muffrant > lui dît le vicaire.
— Pai du tout ; je eui« mérae tris bien.
— Maiavout m'avez «onné.
- Je vous aïure que non,
t^ lendemain malin, le jeune pritre tppiii que ma ami était mort à deux heures dei la nuit.
Il ynenviron vingt ans, nbuti dit la mi Dclimarrc, de Bruz, le fils Hervé, qui avait founi pour être prélte, mourut jeune de , ntUdie de poitrine, & la îermedea Loges, dai notre commune.
Après sa mort, lorsque la servante, une nommée Baccand, alla, comme elle le faisait chaque jour, vers onze heures du matin, dans le fournil passer son blé noir pour faire la galette du déjeuner, elle entendit derrière elle soulever la clenche de la porte. Elle se détourna surprise et vit son défunt maître appuyé contre une échelle. Il était vêtu d^une chemise de toile fine et coiffé d'un bonnet de coton blanc.
Elle allait crier et appeler lorsque le fantôme disparut.
La pauvre fille était un brin innocente ^slubs'i lorsqu'elle raconta cela aux autres domestiques de lu ferme, tous se moquèrent d'elle et lui dirent qu'elle avait rêvé.
Mais comme à chaque fois qu'elle allait dans le fournil la vision reparaissait, et qu'elle en avait une peur horrible, elle alla dire à sa maîtresse ce qu'elle voyait chaque jour.
Celle-ci également la crut folle et lui ordonna de faire sa besogne. (( Demande à ton revenant ce qu'il veut, » dit-elle en plaisantant.
La fille, en pleurant, retourna dans le four-
ail où le mon revint encore. Cette fms bIU ■'arma de courage et dit : o Si voua vena la pan du diable, retirez-vous ; ai voubvi de la pan de Dieu, parlez. »
— Ma bonne fille, dit le fantAme, allez trouver ma mire, et rsppelez-lui quelle avait promîa pour moi un pilerinageà Sainte- Anne^d'Auray, et qu'il faut qu'elle le fasse au plus vite.
La servante alla répéter ces paroles i roalIrcsM, qui se rendit immâdtatement i SaintC'Anne.
A panir de ce moment, le fantôme ne reparut plus 11 la ferme des Loges.
La bonne femme Chesnot, du village de Haume, dans la commune de I.aîllé. mourut en Iniaaant une fille unique appelle LouÏhoo.
Celle-ci, quelque temp« après le décès de ai mère, vit prèi de son lit, trois nuits de suite, k l'heure de minuit, une femme vêtue de blanc, portant A la main un cierge allumé,
La pauvre Hlle eut tellement peur qu'elle en perdit le boire et le manger-
Le lendemain de la dernière apparition, Marie Leveil, couturière à la journée, vint travailler chez Torpheline qui lui raconta ce qu'elle avait vu, et la supplia en grâce de rester à coucher avec elle. « J'aurai peut-être, lui dit-elle, quand je te sentirai près de moi, le courage de demander à cette personne ce qu'elle me veut, w
L'ouvrière y consentit, et la nuit suivante le fantôme apparut, son cierge à la main.
— Qui ôtes-vous ? dit en tremblant la pauvre fille.
— Je suis ta mère.
— Qu'exigez-vous de moi ?
— Que tu viennes, seule^ prier sur ma tombe, à l'heure de minuit, pendant neuf nuits de suite.
— J'irai, ma mère.
Le village de Haume est à plus de deux lieues du cimetière, et il faut traverser la forêt de Laillé pour s'y rendre.
Louison Chesnot alla demander au curé de sa paroisse de prier Dieu de lui permettre d accomplir sa promesse.
répondit
■ Je t'accompagnerai,
le pritre
BÎn du cimetière, pour te porter Hcours s'il en est besoin.
Le soir mime, la fîilc auivic du curâde Uilld, se rendit au cimetière ; mais là, elle entendit une voix, sortant de la tombe, qui lui dit : « Ton voyage est nul, ci seule. Il faudra recommencer ta neuvsine la
Le lendemain, et pendant neuf nuiti, la pauvre enfant prît son cœur à deux mains, comme on dit chez nous, et alla prier t tombe de la défunte.
La neuvaine terminée, elle vit une colombe s'envoler des herbes, et elle entendit sa mère qui la remerciait : « Tu m'as sauvée des flammes éternelles, mon enfant, e plus qu'à faire dire dix messes pour me permettre d'entrer au ci
\CoMi par Angile 18 ans.)
;n, de Laillé. âgée de
DE LA Vit: A I.A MORT ^II*
Bien des fois au crépusculcjorsquc les couturières et les ouvriers regagnent leur logis, ils entendent des cris étranges dominant les bruits du soir, et, si c'est en éiù^ faisant taire les grenouilles et les grillons. On dirait des cris d^animaux furieux, des miaulements de chats et des aboiements de chiens enragés.
Souvent les passants ont vu dans des champs de genêts, ou au beau milieu d^une clairière ou d'une petite pièce de terre en pâture, de petits êtres semblables à des chats, gambadant, se déchirant entre eux et hurlant comme des possédés.
Parfois ces petits monstres grimpent sur les pommiers, tout en se poursuivant et en continuant leur infernal tapage.
D'autres fois, ce sont des bandes de chiens, de toutes sortes et de toutes tailles, dont le nombre augmente sans cesse. Au milieu dVux est un cavalier farouche, le fouet à la main, qui semble les mener à la chasse.
Cette meute passe comme le vent. On dirait qu'elle vient de votre côté et, au moment où vous croyez qu'elle est sur vous, vous Taper-
cevez àl'horizon conl
nuanl sa cour
e fantas-
tique.
Ces
la chasse du
roi Arlus!
Les
aDcieos racon
tent que ce personnage 1
assista
t un dimanch
e à la messe paroissiale, |
lorsqu plaine
1 entendit de voisine. C'étai
s chiens aboy
r dans la rre d'une
tout letintam
chasse
au courant.
Sans attendre
la lin de
l'office
divin, o'ée
utant que sa
passion,
ArtuB
sortit de Vég
isc pour prent
re part à
la chas
se. Dieu, pour
le punir, l'a co
ndamné &
chasser jusqu'à la fi
des siècles.
JE
La CA.I.SS
e à l'Humaine
Tou
les habitant
des forêts de Tanouarn 1
et de Bourgouet, en
[>ingé, ainsi que ceuxdea |
comm
nés de Feins
de Bazouges-
ÛU3-Hédé.
de Québriacet mêm
deTiniéniaco
nt entendu
, dans l'air.
au-dessus de 1
eura tètes,
comra
une meule d
e chiens pours
ivant une
proie.
C'est, diseot-i
s, /a Chasse à
'humaine.
Voici
on histoire :
Un méchant gentilhomme 1
habita
t au temps jadis un manoir a
ujourd'hui |
disparu et qui était situé sur le haut du coteau de Pierre-Taillée^ au centre de ses propriétés comprenant la forêt de Tanouarn et toutes les terres environnantes.
La chasse n^était plus pour lui un amusement, mais bien une passion dont rien ne pouvait le distraire. Un jour qu'il chassait en forêt, il vint à traverser la grande ligne juste au moment où le recteur de Dingé portait le saint Viatique à un mourant. Il ne s'arrêta point, le malheureux, et ne se découvrit même pas, trop excité qu'il était à entraîner ses chiens. 11 passa comme la foudre, mais où alla-t-il ? Personne ne le revit jamais, ni dans la forêt, ni chez lui ni ailleurs. Il fut assurément puni de son impiété, et c'est lui qu'on entend depuis des siècles traversant les airs poursuivi par ses chiens.
Une jeune femme de la commune de Bruz vint à mourir.
Quelques jours après sa mort, un nommé porcher et sa sœur la virent assise sur l'écha-
ier des Biques, dans !a commune de Gharlres.
Tous deux eurent la même vision, et c'est à moi-même qu'ils l'ont racontée.
A l'époque de la Révolution, un prêtre ri assermenté vint habiter la chambre d\ maison de paysan située au village de Pier iîtte, dans la paroisse de Bruz.
Il rayonnait dans tous porter les secoure de la religion i qui réclamaient ses prières à li
r dernière
Lorsqu'il se voyait espionné ou suivi, un charretier lui passait bien vite son fouet et sa blouse et, à partir de ce moment, c'était le prêtre qui conduisait l'attelage. D'autres fois, il entrait précipitamment dans un champ, se salissait les mains avec de la terre et se mettait lui-raôme à conduire la charrue, pendant que le laboureur aiguilloanait tes bosufs, à la place d'un enfant qui allait se reposer dans ud Ibesc.
Que de fois il évita ainsi d'être arrêté par
les soldats du général Hoche qui sillonnaient le pays !
Ses vêtements sacerdotaux étaient cachés dans un cellier, sous une cuve tournée en adent^ c'est-à-dire sens dessus dessous, à la ferme de la Barre. Des fagots, de la paille, des instruments aratoires ne permettaient pas d'approcher facilement de cette cuve.
Ce fut là, dans ce cellier, pendant une grande partie de la Révolution, que l'abbé dit la messe, maria la jeunesse et baptisa les enfants.
Hélas ! malgré sa prévoyance et ses ruses, il fut dénoncé et le dimanche de la Pentecôte, pendant qu'il disait la sainte messe, dans le bois de Chancor, il reçut une balle en pleine poitrine au moment de l'élévation.
La maison de Pierrefitte, aujourd'hui abattue et où se trouvait l'humble chambre du défunt prêtre, était habitée au commencement du siècle, par un sieur Porcher.
Le fils de ce dernier, qui m'a raconté ce qui précède, a ajouté que pendant bien longtemps son père ne put pénétrer le soir, après le cou-
cher du soleil, dans la chambre à rivé à un détour de l'escalier, s s'éteignait et si, néanmoins, il v ser, il ae sentait repoussé par t visible.
Porcbcr fil achever la messe dans le bois de Chanear, et, à jour, il n'éprouva plus au pénétrer nuitamment dar prêtre fusillé'.
e diffîi:ulté pour la chambre du
On rencontre dans le bois du Parc, situé entre les communes des IfFs et de la Baussaino, la fontaine de la Biche, qui a donné naissance a un doue appelé ledoué à Guépin.
Une jeune fille fut, dit-on, tuce A cet endroit pendant la Révolution et elle revient tous les
1, Les légendes des prÉtres errants réclamatil des acolytes pour achever leur dernière messe sontexlrËraement nombreuses. Cela lient sans doute j) ce qu'on pr&tre qui, pour un motif quelconque, est obligé d'interrompre sa messe apris Ifl consécration, est obligé de la faire achever par un autre ecclésiastique, lequel doit la prendr tement à l'endroit oii elle a été interrouipi
ans dans la nuit de la mi-août, chanter VAve Maris Stella au bord delà fontaine.
Elle a été entendue par beaucoup de gens, et notamment par les enfants Galliot, dont les parents habitaient la ferme de la forêt.
Dans le lit du Couesnon, entre Tremblay et Bâzouges-la-Pérouse, se trouve une grande cave, dite cave tournante^ et appelée Quiberon,
Si vous passez là, le soir de la mi-août, vous entendrez distinctement le tic-tac d'un moulin, les cris d'un enfant que Ton berce et le chant du coq répété par trois fois.
Les bonnes femmes du pays racontent qu'autrefois, le propriétaire d'un moulin qui existait à cet endroit, aurait donné Tordre de faire marcher le moulin le dimanche toute la journée, et défendu à ses serviteurs d'aller à la messe.
En punition de son impiété, le meunier et les siens furent engloutis au fond de cette cave.
Une femme du nom de Bedcl, demeurant^i Rennes, rue Saint-t-ouis, avait, en 1895, fille mourante.
La pauvre malade voraîssait tout ce qu'd prenait, et pour ce motif ne pou«*ît c municr, ce qui faisait la désolation de 1
Celles.
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des-Miracles-et- Venus, dans l'êgliae de Saî Sauveur de Rennes, pour demander â Dist
lafcmme Bedel furent exaucés, et la m put recevoir le saint viatique.
Elle mourut presque aussitôt après evmi communié, et sa mère négligea de faire dire h messe promise.
Cette dernière fut tout récemment réveilldi par de grands coupa frappés à l'endroit où R
Elle n'y fit pas grande attention et S' dormit.
Les deux nuits suivantes ce bruit se i vêla avec plus de violence encore, et cette foîl a la tête du lit de la bonne femme. Effrayée 1
ce tapage, et se rappelant la messe promise, elle la fit dire immédiatement.
Elle n'a plus rien entendu depuis.
Si l'on rêve à un mort, c'est une messe qu'il demande pour le repos de son âme, et l'on doit s'empresser de la faire dire.
Il y a vingt ans de cela, le père Hervé, du village de la Bizais, dans la commune deBruz, en venant de Guichen à Cicé, chez son gendre, tomba dans la Seiche et se noya.
Après sa mort, sa fille, la femme Fontaine, de la haie de Cicé, entendait en plein jour secouer le Grouille'^ de sa porte comme si quelqu'un voulait entrer. Elle allait voir et ne trouvait personne.
Marie Appel, la domestique a été témoin du fait.
Des tailleuses en journée, qui entendirent,