‹ Folk-loreChapitre 13 sur 36 · LA BERGÈRE ET LE LQUP · texte numérisé non relu

LA BERGÈRE ET LE LQUP

Entre Paris et Saint-Denis L'y a une bergère, Qui garde àon troupeau joli Le long de la rivière.

Un jour le loup sortant du bois, Avec sa gueule ouverte, De la plus belle du troupeau La belle lit la perte.

La belle fit un si grand cri :

« Douce vierge Marie!

Celui qui m* rendra ma brebis Je serai son amie. »

Le fils du roi l'entend crier, Il mit lu main à son épée Et tout d'un coup suivit le loup, La brebis lui a ôté.

« Tenez belle, votre brebis Mettez-la avec les autres.

Je vous ai fait un grand plaisir M'en ferez- vous un autre ?

— Monsieur, tout en vous remerciant.

Vous avez pris grand' peine.

Quand nous tondrons nos brebis, Vous en aurez la laine.

— Belle, je ne suis pas marchand, Ni revendeur de laine,

Mais, je demande un doux baiser.

Pour me payer ma peine.

— Monsieur, ne parlez pas si haut, Ma mère nous écoute.

Et si mon père nous entend Il me battra sans doute. »

(Simon Lassousse.)

Cette chanson est répandue sur des points fort éloi-

98 CHANTS POPULAIRES DE LA VAIXIÉffi d'oSSAU

gnés ks uns des autres. J'en ai trouvé deux Tersions dans le Pays-Messin. Elle a été donnée par Marcoaldi,. p. 493 de ses Canti inediti, par Ferraro dans les Canti Monferrini^ p. 307, par Wolf dans les Volkslieder aus Venetierij n° 77, parBujeaud dans les Chants popidair es des -provinces de V Ouest, t. II, p. 307. On est frappé de la ressemblance de cette chanson et d'un chant des Carmina biirana : Liicis or ta sidère, exit vu' go pro^ spere»,.

LE ROSSIGNOL MLISSAGRRr

En revenant de Paris,

J'ai rencontré une bergère,

Ilélas! mon Dieu, qui chantait tanit

EU' ressemblait à l'iii rondelle.

Au rossignol dans le printemps.

Je lui dis, en m'approcbaut:

« Bonjour, bonjour, mademoiseile.

Vous êtes la liile d un prince,

Ktmoile fils d'un j^raud seigneur,.

Pour vous^ mademoiselle,.

Je serai votre serviteur.

— Simon amant vous étiez,.

Dans les armées pomt n'iriez, Car qui va dans les armées.

Va en danger d'être tué-

— Si à l'armée je m'en vais, Vous entendrez de mes nouyelleSy Par un messager q\x deux,

Par le rossignol sauvage,

Le messager des amouj'eax.. >

Le messager n'a pas man<iué

D'aller à la port' de la belle :

« Bdi' je vous soubaif^ le bonjour,

Êies-vous fille ou bien damée ?

Je vous apport*? dçs nauveiles^

CHANTS POPULAIRES DE LA VALLÉE d'OSSAO" 99

De celui qu' votr' cœtir a aimé. »

Lui répondit la demoiselle:

« De ma boîte preaez ks clés, L'or et l'argent que vous voudrez, C'est pour passer la mer courante, Sans peine, ni sans danger.

— D'or et d'argent je ne veux point Je vous remerci', mademoiselle.

J'ai une plume sur mon aile.

Qui vaut un million de francs.

C'est pour passer la mer courante.

Pour aller trouver votre amant. »

(Simon Lassousse.)

On pourrait citer bien des chansons où le rossignol est un messager d'amour et remonter jusqu'au troubadour Pierre d'Auvergne :

Rossinhol en son repaire M'iras ma donna vezer...

{Parnasse occitanieriy t. I, partie I, p. 138.)

Une chanson recueillie dans les Pays-Messin, à Rfttonfey, débute ainsi :

Rossignolet sauvage, messager des amours...

Une pièce sur la prise du Chasteau Double (Le Roux

de Lincy, 2« série, p. 384) se chantait sur Tair : Petit

rossignolet sauvage et commençait ainsi :

Rossignolet des bois saulvages Qui chantez si mignardement *.

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