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MÉTIERS ET INDUSTRIES DISPARUS. — CORPO¬ RATIONS, COMMUNAUTÉS

L’origine des corporations remonte à une haute antiquité ; le culte catholique les a unifiées, en protégeant tout à la fois l’ouvrier et le patron.

Les communautés étaient une sauvegarde contre les malfaçons et les ouvriers médiocres. Si d’un côté l’ouvrier éprouvait certaines difficultés pour arriver à la maîtrise, il ne s’expo-

sait pas, comme tant d’autres, à se lancer dans des entreprises téméraires.

Les corporations et les communautés avaient leurs fêtes annuelles, leurs patrons et leurs Rois.

La Révolution a renversé ces institutions pacifiques, pour les remplacer par des syndicats, au grand profit des commis-voyageurs en grèves.

Les menuisiers fêtaient la sainte Anne, leur patronne, le jour de la fête de cette sainte.

Les serruriers avaient pour patron saint Pierre-ès-liens.

Les charpentiers, saint Joseph.

Les barbiers, coiffeurs, saint Louis.

Les boulangers, saint Honoré.

Les cordonniers, saint Crépin.

Les maçons et tailleurs de pierre , l’Ascension.

Les forgerons et les mineurs, saint Eloi.

Les pompiers, sainte Barbe.

Les avoués, les avocats, saint Yves.

Les musiciens, sainte Cécile.

Les jardiniers, saint Fiacre.

Les vignerons, saint Vincent.

Les potiers, saint Denis.

Les bouviers, saint Isidore.

Les patrons sont ordinairement appelés par les ouvriers : Bistots, ou Singes , les apprentis sont désignés par : Attrappe-Science , gniafîs, sagouins, sabourins, pot à colle (chez les menuisiers) ou coneu de Troncy.

Le tailleur est appelé : pique-prunes.

Le cordonnier, gniaff.

Le maçon, coneu de gamé.

Un ouvrier qui cherche de l’ouvrage est appelé : Pays , tandis que s’il vient de l’Auvergne, c’est un Pied-de-loup.

Métiers, industries disparus.

Marchand de centaurée, à deux sous le paquet : herboriste ambulant, il vendait aussi des ratières.

Marchand de châtaignes chaudes, c’étaient ordinairement de pauvres femmes vêtues d’une cape, et qui se tenaient sur les places et à l'intersection des rues.

Les Gloutiers. Ils étaient plusieurs à Moulins, et fabriquaient les clous pour la construction des bateaux qui se construisaient à Moulins, au Veurdre. Leur forge ne s’éteignait

point, cinq ou six ouvriers travaillaient autour, le soufflet était actionné par une roue creuse et légère, mise en mouvement par les pas cadencés d’un pauvre chien condamné à se mouvoir perpétuellement dans cette roue.

Le marchand de coco. A la fraîche qui veut boire. Il est frais le coco, il est à la glace! De trois qu’ils étaient autrefois, ils ont été réduits à un seul, lequel, disparu, n’a point été remplacé, et pourtant il faisait ses affaires.

Chaude de croquignats. Le croquignat a vécu, de longues années même. C’était un composé de mélasse cuite avec des noix coupées en petits morceaux, aromatisé avec du rhum ou de l’eau de fleur d’oranger après l’ébullition, on le versait dans des petits carrés de fort papier (souvent de vieilles cartes à jouer), dont les quatre bords sont relevés et pincés aux quatre angles. Ces croquignats que tous les épiciers vendaient aux enfants faisaient leur grand régal. Les bonbons des confiseurs les ont lait disparaître pour toujours.

Le colporteur. Le colportage était autrefois upe branche de commerce qui tenait bien

son rang, elle est anéantie par les ambulants en voiture qui sillonnent les campagnes et déballent dans les bourgades.

La caisse du colporteur était à double fond, dans la première partie se trouvait la marchandise ordinaire, la mercerie en particulier, mais dans la caisse secrète, il y avait le sucre, le sel qui se vendaient clandestinement pour échapper aux droits, puis les Cartes transparentes , dont la vente était prohibée, de la thériaque, panacée universelle, et enfin les livres que Ton ne trouvait point chez les libraires, l’amour conjugal, les livres de magie, etc.

Le fondeur de cuillers. Il s’installait au grand air, dans les bourgs comme dans les villes, il étamait la batterie de cuisine du château, et fondait les vieilles cuillers d’étain, il a presque disparu.

Le fournier. C’était le propriétaire du four banal, celui-ci était chauffé chaque jour; le fournier passait tous les matins avec une voiture à deux étages, pour transporter les fournées que préparaient les ménagères, il s’annoncait au bruit d’un cliquet en fer dont chaque ménagère connaissait le son. Le soir,

chacun allait reconnaître son pain, cette reconnaissance donnait lieu parfois à des difficultés. La chambre du four était très animée à ce moment, c’est là que les nouvelles de la ville s’apprenaient. Le dernier fournier de Moulins était Barbara, excellent sorcier, couru de partout pour la réduction des foulures et des entorses, à l’aide de passes et de prières, les unes et les autres étaient guéries radicalement en un jour.

Les lanciers de la rue chavau. Ils formaient la corporation des boueurs, ramassant les immondices de la ville, dans deux grands paniers suspendus aux flancs d’un âne endurci à ce métier et aux coups qu’il recevait. Ils étaient tout une légion ; ces âniers ont été supprimés par la municipalité en 1848.

Le dimanche, ils donnaient de temps à autre des carroussels , sur le cours de Bercy, armés de perches de bois, montés sur leurs ânes dociles, leurs représentations inoffensives et surtout comiques auraient dû fléchir les arrêts municipaux. Ils ont vécu, tombés au champ d'honneur; tout Moulins les a regrettés.

La lanterne magique. L’année 1 8 5 3 fut la dernière où le bon vieux qui montrait la lan-

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