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terne magique, cessa de passer à Moulins, il était fort âgé, et n’a pas eu de successeur.
Il s’installait à Moulins pendant toute la saison d’hiver, il allait de maison en maison montrer sa lanterne magique, la vraie, l’ancienne avec ses verres de couleur, renfermant les contes des fées, Geneviève de Brabant, Victor l’Enfant de la forêt, et autres; son répertoire était très varié; de sa verve il animait ses sujets, et c’était une grande récompense que les parents accordaient aux enfants, en leur faisant donner une séance de lanterne magique.
Les mariniers. Vire donc de bord dret à la patouille. Jusqu’en i85o, la marine de Moulins formait une corporation très importante, avec ses fêtes, son roi, sa reine, élus chaque année dans la vieille église Saint-Nicolas, leur paroisse et leur patron.
Patouillards était aussi leur nom de guerre, ils étaient ordinairement fortunés, leurs bateaux leur appartenaient, ils avaient un langage à part, un vocabulaire à eux, particulier, c’était une langue de métier, qui ne tenait ni du patois, ni du français vicié.
Ils faisaient un commerce très étendu de
bois, de vin, de charbon, de fruits, entre l’Aui vergne et Nantes, qui était leur dernière étape. La marine de Moulins méritait son histoire; elle doit sa mort à l’établissement des voies ferrées.
Le regrattier était une industrie vivante de la marine, qui a sombré avec elle.
Meignan. Cordonniers ambulants Carieux d' souy ers, disparus vers 1854.
Depuis de bien longues années, on les voyait passer dans tous les quartiers, criant : Carr’leu
d’souyers, rac . c’modeurs d’chaussures ; ils
portaient un long bâton sur leurs épaules, auquel ils suspendaient les vieux souliers à réparer, ils portaient une barbe inculte et un large tablier de peau devant eux, travaillant en plein air, ils avaient une roulotte pour abriter leur femme et leurs enfants; pauvres, mais honnêtes, les meignants étaient originaires de l’Auvergne, travaillant leurs terres pendant la saison, et raccommodant les chaussures durant l’hiver.
Marchands de merluche. On voyait encore vers i85o, une immense cariole couverte en toile, chargée de grosse poterie, de merluche,
de queues de morue et de vieilles chaussures! Celui qui la conduisait était un étranger, mais passant en Bourbonnais de janvier à mars, très régulièrement; de sa voix formidable il assemblait toutes les femmes des faubourgs en criant : D'là m'rue , il leur échangeait de la morue, de la merluche ou de la poterie, pour de vieux souliers quels qu’ils soient, mais ne recevait ni ne donnait d’argent.
Les mottes d’écorce. C’était une véritable industrie que celle de façonner l’écorce des tanneries en mottes; tassée dans un cercle en fonte, cette écorce prenait la forme d’un disque épais, et mises sur des échelles, ces mottes séchaient au grand air et se vendaient au prix de i5 sous le cent. C’était l’unique chauffage des pauvres. Cette petite industrie a cessé depuis que les machines à vapeur sont chauffées avec le tan sec ou humide.
Orpailleurs. On avait supposé, disait Réaumont en 1718, que le Nouveau-Monde produisait à lui seul l’or et l’argent, tandis que l’ancien continent suffisait autrefois à ses besoins.
Besançon, l’ancienne Chrysopolis, fournissait de l’or par l’exploitation des sables du
Doubs; le Rhin, le Rhône, la Gère, le Gardon, charriaient des paillettes d’or.
L’Ariège doit son nom à Aurigera , qui indique la richesse des gisements aurifères du Ferriet et du Benagues, affluents de la Garonne.
Mais jusque là, ce sont les sables qui sont exploités, tandis que dans le centre, c’est l’eau du grand fleuve de France, la Loire, qui est exploitée directement.
Les orpailleurs de Roanne, de Digoin et de Diou (Allier), étaient une corporation très importante. A Diou, les orpailleurs tendaient des peaux de chien et de mouton sur de grands châssis qui flottaient entre deux eaux, d’autres employaient un tissu de crin, d'autres des couvertures de laine. Ces châssis étaient levés chaque soir, et les orpailleurs aidés de leurs femmes et de leurs enfants, enlevaient soigneusement les petites parcelles d’or que roulaient le fleuve et qui restaient suspendues à chaque crin, à chaque brin de poil ou de laine.
Ces peaux de mouton chargées de parcelles d’or font penser à la fameuse toison d’or.
La journée d’un orpailleur s’élevait en moyenne de 2 fr. 5o à 3 francs, ils étaient en outre pêcheurs ; la grosse dépense était le renouvellement des peaux et des couvertures,
car plus ces dernières étaient à l’état de neuf, plus la récolte était abondante. En 1842, il y avait encore deux ou trois familles d’orpailleurs à Diou et à Dompierre. Depuis, cette industrie n’est plus qu’une légende.
Les potiers. Ils étaient nombreux à Moulins, ces continuateurs de Vart noble de terre, comme le disait Palissy. De 1820 à 1 85 5 , on comptait cinq grandes poteries, les uns faisaient des figulines c’étaient les Germillon ; Meunier fabriquait avec Boulot et Blaizot, la poterie vernisée, un autre produisait les terrines, les mortiers en grosse terre noire fumée. On y fabriquait aussi les poêles ronds et carrés, formés de panneaux ornés et enduits d’une couverte blanche d’émail, c’était la spécialité des Meunier. Quatre de ces industriels, la plupart des artistes, avaient leurs officines rue des Potiers.
L’extension des grandes manufactures de porcelaines et de faïence, ont rendu impossible le métier de potier, lequel tomba tout à coup .
Le tisserand. Moulins comptait autrefois une grande quantité de caves dans lesquelles
un ou deux métiers étaient établis, la dernière cave a été fermée en 1892 seulement, après le décès du dernier tisserand.
M. de Villards, noble vieillard, déchu de sa fortune, fabriquait lui-même le linge damassé, dont il composait les dessins, il mourut en
La campagne apportait son plin, ou chanvre préparé, destiné à faire les draps, d’autres tisserands faisaient le droguet, qui se teignait en bleu à Moulins.
La mode a renversé et détruit l’industrie du tisserand, les grands ateliers mécaniques ne lui laissaient plus de place. Aucun paysan non plus ne voudrait s’habiller en droguet, les magasins de tissus, de lainages sont établis dans les moindres bourgades; on trouve chez soi les étoffes comme à la ville.
Les métiers à bas étaient nombreux également à Moulins; en i83o, les Tallard, fabriquaient les bas de soie pour les mondains, les métiers des Lafaye produisaient les bas de laine et de coton.
Paillassons. Le comte Ramirés de Alfonso, émigré espagnol, avait le monopole de la fabrication des paillas et paillassons; durant 5o ans,
il en fournit à Moulins et les environs, son industrie succomba avec lui.
Les paillassons nous amènent à parler des tresseuses de paille fine pour la confection de l’ancien chapeau des femmes des campagnes. La Brunet, occupait beaucoup de femmes à les confectionner, et la Labbaye excellait au montage de ces chapeaux dont nous avons parlé au costume Bourbonnais.
La mort. La chouette, l’orfraie, oiseaux de mauvais augure quand il font entendre leurs cris lugubres au-dessus des maisons.
Briser une glace est un signe de mort d’une personne de la maison.
Quand un malade est trépassé, on couvre les glaces avec une serviette, et on enlève le seau qui contient Beau, dans la crainte que l’àme errante ne vienne s’y noyer.
Il nous a été donné de voir de pauvres mères, arroser de leur lait le cadavre de leurs petits enfants, afin d’éviter que les enfants de l’avenir ne soient ni sourds, ni muets, ni aveugles.
Nous avons pu voir aussi, de très pauvres gens mettre une pièce de monnaie dans la main d’un trépassé afin de fléchir Caron, qui doit les passer dans sa barque, et leur donner une
bonne place dans l’autre monde. Touchante et délicate attention de la part de ces pauvres !
Des mères placent dans le cercueil de leurs petits enfants, leurs jouets, une poupée. En Auvergne, les parents n’oublient pas d’y placer les sabots du mort, afin qu'il ne fasse pas son voyage pieds nus.
Quand un bruit se fait entendre dans la chambre d’une personne récemment décédée, c’est son âme qui demande des prières.
Si une personne fait brûler un cierge dans une église en souvenir d’un mort, la personne décédée aura grand besoin de prières, si le cierge brûle rapidement avec une flamme agitée.
Des femmes faisaient autrefois le métier d’ensevelisseuses, mais leurs exigences firent qu’on ne voulut plus les employer, aussi, depuis plus de dix ans, elles ne font plus leur métier; le prix d’un ensevelissement et de la garde du mort, était de 20 francs pour les gens ordinaires, de 10 francs pour les pauvres, et de 5o à 100 francs pour les riches; de plus, tout ce qui se trouvait sur le lit au moment du décès leur appartenait d’office; aussi, elles veillaient à ce que le lit fût très chargé à ce moment, et si la famille ne voulait point faire ce sacri-