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fice, il fallait leur allouer 20 francs de plus que la taxe imposée .
Dans beaucoup de communes, se trouve la pierre des morts, c’est une large dalle placée près de l’église, et sur laquelle on dépose le cercueil, c’est là que se fait la levée du corps, quand le prêtre n’était pas allé faire cette cérémonie à la maison mortuaire souvent fort éloignée de l’église.
Quand un enterrement passe devant une croix, les porteurs s’y arrêtent quelques instants; il est de tradition d’y déposer une petite croix en bois .
Le fossoyeur ne doit creuser une fosse que le matin où doit se faire l’enterrement.
Longtemps, à l’hôpital de Moulins, les morts n’avaient point de cercueil, les cadavres étaient enveloppés dans une toile très grossière et placés dans un cercueil peint en noir, commun à tous les décédés, au cimetière, le couvercle de la bière était enlevé, le cadavre roulait au fond de la fosse. C’était un spectacle lamentable qui a duré jusqu’en 1 8 5 1 . Ce fut un acte de décence et d’humanité que l'administration des hospices fit, le jour où elle donna un cercueil aux pauvres morts de l'hospice. Il arrive chaque année dans la montagne Bourbonnaise
qu'un ou plusieurs décès se produisent au moment des grandes neiges. L’enterrement ne pouvant se faire qu’après leur disparition, le cadavre est mis dans un cercueil que l’on hisse sur le toit de la maison, il arrive que, loin du bourg, on n’a pu faire un cercueil, le mort est alors enveloppé de paille retenue par quelques planches maintenues par des cordes. Il faut dire que la neige couvre les chemins de plus d’un mètre, parfois deux mètres de hauteur.
Écuelles des morts. Ce sont des vases en terre vernissée avec deux oreilles ornées du monogramme du Christ. Ces écuelles furent employées en Bourbonnais du xvie au xixe siècle. On y déposait l’eau bénite. Une personne suivant le convoi la portait au cimetière, et après les aspersions on la jetait dans la tombe (i).
On dit d’un mort : qu’il laboure la terre avec son dos. Qu'il mange les fraises par la racine. Qu’il a passé la barque à Caron. Il a cassé sa pipe, son sabot, son écuelle. O lé partisi pre le
(i) Elles se fabriquaient à Moulins, nous en possédons un certain nombre.
vouïage qu’on en revient pusse. O lé partisi o bout du monde.
Dans les campagnes, le jour des trépassés est appelé le Service des morts ; on ne travaille pas, et on ne lie point les bœufs durant la messe des morts.
Chacun porte ce jour à l’église, autant de cierges qu'il compte de décès arrivés dans sa famille .
Les musards de Cressanges. Copié d’après un manuscrit à M. Reynaud, ancien député :
Pour ne point enfreindre les lois De vostre bon seigneur des noix.
Vous irez dans le cimetière Le dernier mardi de ce mois, (Mars).
Vous aultres, vilains de Cressanges,
Et là, les deux genoux en terre,
Au milieu de quatorze croix,
Farez d’abord ine prière,
Et puis, pourrez aller, venir.
Vous proumener, mais non sortir Hors de la demeure dernière.
Ou dormirez à l’advenir.
Jusqu’à la diurne lumière.
Que le matin fera surgir.
Entre vous ne devez mot dire,
A moins que par un cas fort pressant, Mais jamais ne chanter ni rire Et si, par hazard un passant, Ignorant le vouloir du Sire,
Venoit un bâton à la main,
Pour vous demander son chemin, Vous lui farez la moue, afin Que ce voyant, il se retire.
Pour ne point vos voix déconfire;
Et direz à tous, mars est mars,
A Cressanges sont les Musards.
Si défaillez à l’ordonnance,
Vous donnerez sol, sept fois,
Et six deniers de redevance,
A vostre bon seigneur des noix.