‹ Folles et saintesChapitre 15 sur 16 · I. aQ · texte numérisé non relu

I. aQ

eux. Mais l'orgueil et la haute opinion que nous avons de nous-mêmes nous fait regarder, comme un bien qui nous est dù,rétat où nous sommes, et comme un vol tout ce que nous n'avons pas. Rien n est plus injuste. Jouissez, mon fils, des avantages de votre état, mais soufTrez-en doucement les peines. »

Restée veuve très jeune, madame de Lambert avait concentré toutes ses affections sur ses deux enfants, le fils, auquel elle vient de s'adresser, et une fille, pour qui elle écrivit aussi des Avis. En général, les traités de morale et d'éducation nous paraissent secs et arides, et peu utiles à la société. Nous exceptons pourtant des ouvrages de ce genre, ceux qui sont sortis de la plume d'un père et d'une mère s'adressant à leurs enfants ; alors l'esprit vivifie la lettre ; ce ne sont plus de froids préceptes inspirés par les usages, les mœurs, les intérêts et même les vanités du monde dans lequel on vit ; ce sont de

tendres et bienfaisants conseils dictés par le cœur et Texpérience; c est la parole paternelle et maternelle écrite seulement pour des êtres chéris et par prévision de Theure où, la mort yenant glacer la Yoix du père et de la mère, il ne restera plus aux enfants que ces pages tracées pour eux, testament d'amour et de sainte autorité. Certes, de pareils traités d'éducation ou de morale nous paraissent excellents; ici, on ne trouve plus de dogmatiques sentences appliquées au hasard à des élèves dont le moraliste a ignoré les penchants, et pour lesquels, par conséquent , il ne pouvait tracer qu'arbitrairement des règles de conduite. Les maximes écrites par un père ou une mère, à Tusage de leurs enfants, sont d'ordinaire le résultat de l'étude faite chaque jour avec amour et sollicitude du caractère qu'ils veulent diriger ou réformer ; ils connaissent à fond les natures auxquelles ils s'adressent, ils savent s'en faire en-

tendre, et ne leur parlent point une langue impuissante h persuader.

C^ost surtout dans une mère , pénétrée de tendresse et d'anxiété, qui initie sa fille à la vie et la guide pas à pas , qu'on trouve une connaissance profonde de ce qui convient à une jeune âme pour la former à la vertu et au bonheur. Ici , la mère a à la fois des hardiesses et des retenues que le moraliste de profession n'aurait point ; vivant dans l'atmosphère de la plante délicate qu'elle élève, elle sait le degré de lumière et d'ombre qui convient à son développement. L'organisation de T enfant lui fait deviner l'adolescence ; elle prévoit l'heure des passions , et cherche , dans son souvenir et son expérience, de doux et purs correctifs à leur entraînement ; elle s'aide de ce qu'elle a souffert , pour détourner la souffrance de la vie de son enfant ; elle va jusqu'à l'aveu de ses propres défauts pour en tirer une leçon utile au bonheur

de Têtre aimé qui est une part (relle-meme. Cest avec ce renoncenicnt et cette elTusion pénétrante que madame de Lambert parle à sa fille.

« 11 ne suffît pas, ma fille, pour être estimable , de s'assujétir extérieurement aux bienséances : ce sont les sentiments qui forment le caractère, qui conduig»înt Tesprit, qui gouvernent la volonté, qui répondent de la réalité et de la durée de toutes nos vertus... i\e nous croyons heureuse , ma fille, que lorsque nous sentirons nos plaisirs naître du fond de notre àme. Ces réflexions sont trop fortes pour une jeune personne, et regardent un âge })lus avancé ; cependant je vous en crois capable ; mais , de plus, c'est moi qui m'instruis ; nous ne pouvons graver trop profondément en nous des préceptes da sagesse : la trace qu'ils font est toujours légère , mais il faut convenir que ceux qui s'occupent de réflexions et qui se remplissent le

cœur de principes , sont plus près de la vertu que ceux qui les rejettent. »

Quoi de plus persuasif et de plus sensé que les conseils suivants sur la modération des passions et des plaisirs ?

€ Il faut craindre ces grands ébranlements de l'âme qui préparent l'ennui et le dégoût ; ils sont plus à redouter pour les jeunes personnes qui résistent moins à ce qu'elles sentent. La tempérance , disait un ancien , est la meilleure ouvrière de la voluptés Avec cette tempérance , qui fait la santé de Tàme et du corps , on a toujours une joie douce et égale... Une lecture, un ouvrage, une conversation , font sentir une joie plus pure que Tappareil des plus grands biens ; enfin les plaisirs innocents sont d'un meilleur usage , ils sont toujours prêts , ils sont bienfaisants, ils ne se font point acheter trop cher. Les autres flattent , mais ils nuisent : le terapéra-

ment de Tâme se gâte et s'altère comme celui du corps. »

On rencontre çà et là des éclairs brillants : « Notre âme a plus de quoi jouir qu'elle n'a de quoi connaître : nous avons des lumières propres et nécessaires à notre bien-être; mais nous ne voulons pas nous en tenir là , nous courons après des vérités qui ne sont pas faites pour nous. »

Tout en s'efforçant de modérer l'imagination et l'enthousiasme de la jeune àme qu'elle instruit , madame de Lambert veut que sa fille lise l'histoire , sache un peu de philosophie , surtout de la nouvelle j, si elle en est capable ( et ceci indique Descartes), elle conseille la lecture de Cicéron et de Pline , elle approuve l'étude du latin; c'est la langue deTËglise, dit-elle; elle ouvre la porte à toutes les sciences , elle met en société avec ce qu'il y a de meilleur dans tous les siècles.

On trouve encore dans les Avis à sa fille de sympathiques sentiments pour ce qu'on nommait alors les classes inférieures : « Accoutumez-vous, dit-elle, à avoir de la bonté et de l'humanité pour vos domestiques. Un ancien dit qu il faut les regarder comme des amis malheureux. Songez que vous ne devez qu'au hasard l'extrême^ différence qu'il y a de vous à eux : ne leur faites point sentir leur état , n'appesantissez point leur peine. »

Et après ces généreux conseils , elle finit ainsi : « Rien de plus humiliant , ma fille , que d'écrire sur des matières qui me rappellent toutes mes fautes ; en vous les montrant , je me dépouille du droit de vous reprendre , je vous donne des armes contre moi , et je vous permets d'en user si vous voyez que j'aie les vices opposés aux vertus que je vous recommande ; car les conseils sont sans autorité dès qu'ils ne sont pas soutenus par l'exemple. »

Ce qu'on pourrait reprocher aux Avis que madame de Lambert adresse à son fils et à sa fille, c'est une forme sententieuse qui donne parfois à son style trop de sécheresse et de monotonie. Les Maximes de Larochefoucaud avaient mis le genre à la mode , madame de Lambert en a abusé.

On trouve le même défaut dans les Traités de la Vieillesse de l* Amitié ., mais par combien de beautés ce défaut n'est-il pas racheté ! que de pensées ingénieuses et justes! Nous citons au hasard :

« Vous êtes attirés dans l'amitié ; vous êtes entraînés dans 1 amour. »

« La récompense de Tamour vertueux , c'est l'amitié; mais ce n'est pas l'amour ordinaire qui nous y conduit, c'est l'amour épuré.

« Les qualités du cœur sont beaucoup plus ordinaires que celles de l'esprit : l'esprit plait, mais c'est le cœur qui lie.

c( Les sentiments tristes sont à la suite de la vieillesse; elle tarit dans notre cœur la source de la joie et des plaisirs; elle dégoûte du présent, elle craint l'avenir ; elle rend insensible à tout, excepté à la douleur. »

« L'idée du dernier acte est toujours triste ; quelque belle que soit la comédie, la toile tombe ; les plus belles vies se terminent toujours de même : on jette de la terre, et en voilà pour une éternité.

« La nature a des ressources admirables; elle nous conduit et nous gouverne presque à son insu , elle sait nous donner des secours dans les inconvénients. Les privations ne sont point sensibles quand le désir est éteint. Tous les goûts passent , même jusqu'au goût de la vie. Il est à souhaiter que toutes nos passions meurent avant nous, alors c'est avoir achevé sa vie avant sa mort.

Les œuvres de madame de Lambert renfer-

ment encore des Réflexions sur le goût ^ r^ur les richesses ^ sur les femmes^ où sont semés des traits heureux et brillants; puis, c'est un dialogue à la manière antique entre Alexandre et Diogène ; on y remarque ces belles paroles : € La modération et le repos ont quelque chose de grand qui marque l'indépendance , dit Diogène ; pour moi , j'ai eu assez de fonds et de fermeté pour me passer de l'attirail de la gloire; j'ai su consentir à demeurer inconnu : vous n'avez pas eu assez de mérite pour jouer ce rôle , ni assez de fonds d'esprit pour remplir le vide du temps. »

\' L'esprit de cette femme touchait à tout. Dans la Femme ermite, elle s'essaye au roman et fait penser à madame de Lafayette. Les discours sur les sentiments d'une dame ; sur la délicatesse d'esprit et de sentiment; sur la différence qu'il y a de la réputation à la considération; rappellent un des genres favoris de la littéra-

ture d'alors. On rencontre au milieu de ces divers écrits une page qui nous a singulièrement frappée; elle a pour titre : Psyché , en grec l'âme. c( La fable de Psyché représente lame humaine; elle est dans le corps comme Psyché dans le palais de Tamour; elle est servie par un être qu'elle ne connaît pas, qui exécute ses ordres avec une fidélité et une promptitude admirables. L'àme est mise dans le corps pour jouir, et non pas pour connaître. Les sens , ce sont les portes et les canaux par lesquels elle se répand , se communique et se mêle avec tous les objets sensibles; ce sont les ministres de ses plaisirs. Tout ce qui l'environne ressemble aux nymphes destinées à servir réponse de l'Amour , et qui lui préparent des amusements. La Volupté la sert ; les Spectacles , la Symphonie , les Saisons mêmes, ont l'intendance de ses plaisirs , et toute la Nature en a soin. Tout est pour elle dès quelle ne voudra que jouir, tout se refuse à

elle dès qu'elle voudra connaître. L'Etre des êtres , qui a pris pour attribut l'inconnii , veut être ignoré ; il ne veut pas qu'on lui dérobe son secret : les plaisirs , l'amour même ne veulent pas être examinés ; et Ton est forcé à leur passer bien des choses.

« Mais rame s'ennuie de son propre bonheur , et comme Psyché , elle veut avoir des spectateurs. Elle appelle ses deux sœurs , qui la précipitent dans le malheur ; et nous , nous appelons les deux ennemies de notre repos, la Curiosité et la Vanité. La curiosité nous inquiète , nous agite , et nous fait acheter bien cher le peu de connaissance qu'elle nous donne. Pour la vanité , le bonheur n'habite point avec elle : un galant homme a dit qu'elle nous fait faire bien plus de choses contre notre goût que la raison. Ainsi nous sommes vains , comme dit Montaigne , aux dépens de noire aise. »

Cette page de madame de Lambert nous a rap-

pelé la belle statue antique de la Psyché , qui se trouve au musée de Naples, et dont nous avons vu le plâtre au Louvre. Ce n'est point Psyché avec l'Amour , ou rêvant à r Amour ; c'est Psyché désenchantée , c'est \dme humaine^ à qui jouir ne suffit plus et qui désire connaître. Absorbée dans les recherches et les doutes de l'esprit , cette admirable figure de femme , rêveuse et triste , se penche et médite ; le front , le regard , l'expression de la bouche , le mouvement du cou, tout porte l'empreinte d'une pensée douloureuse et subhme ; dans ce beau marbre , Psyché regarde, pour ainsi dire, en elle-même; un monde idéal l'attire ; le monde extérieur , le monde des sens a disparu. L'artiste grec , pour mieux caractériser ce sentiment , a laissé à dessein cette statue inachevée : la tête , le cou , une partie des épaules et de la poitrine sortent du bloc de marbre ; mais le ciseau s est arrêté à la naissance du sein ; toutes les parties voluptueu-

ses du corps de la femme ont été, nous n'en doutons pas , volontairement omises, afin que rien ne put distraire le regard de l'expression pensive de la tête. Ce marbre n'est pas , comme tant d'autres statues antiques , un emblème du sensualisme païen, c'est le reflet sublime de l'idéalisme du Pkédon.

Le Phédon nous ramène à madame de Lambert , qui nourrisait son esprit de la lecture des anciens , et principalement de Platon. On connaît la poétique querelle qui s'éleva à propos d'Homère entre La Motte et madame Dacier ; ces débats littéraires divisèrent un moment en deux camps les beaux esprits d'alors. Heureux temps! Madame de Lambert estimait le savoir et Térudition de madame Dacier , et elle aimait Fesprit gracieux et bienveillant de La Motte ; aussi ne prit-elle point parti entre eux. Elle se contente d'exprimer , à propos de leurs dissensions , son opinion sur Homère : « Nous ne de-

vons qu'au christianisme , dit-elle , la vraie idée que nous avons de la Divinité; mais il me semble qu'il y avait de grands hommes dans l'antiquité qui avaient une plus grande idée de la Divinité qu'Homère. Il fallait, diles-vous, qu'il suivît la mythologie établie; il ne pouvait pas la rejeter. Pourquoi donc Platon disait il q\ï Homère était tourmenté dans le Tartare pour avoir mal parlé des dieux ^ s'il n'en avait écrit que conformément aux idées reçues ? >

Madame de Lambert avait pour ami Louis de Sacy , avocat au parlement de Paris , neveu du Sacy de Port-Royal ; elle connut par lui Fénelon , qui sut apprécier son esprit sérieux et fin. Après avoir lu les Avis d*ime mère à son fils, il en parlait en ces termes à M. de Sacy : « Tout m'y paraît exprimé noblement et avec beaucoup de délicatesse , ce qu'on nomme esprit y brille partout ; mais ce n'est pas ce qui me tou-

che le plus. On y trouve du sentiment avec des principes. J'y vois un cœur de mère sans faiblesse; l'honneur, la probité la plus pure , la connaissance du cœur des hommes , régnent = dans ce discours... Je ne serais pas tout à fait d'accord avec elle sur toute Tambition qu'elle demande de lui ; mais nous nous raccommoderions bientôt sur toutes les vertus par lesquelles elle veut que cetteambition soit soutenue et modérée... Jugez, monsieur , par l'impression que cet ouvragée fait sur moi , ce que je pense de cette digne mère. Je vous serai très obligé si vous voulez lui dire combien je suis reconnaissant de la bonté qu'elle a eue d'agréer que vous me confiassiez cet écrit. » Cette lettre , communiquée par M. de Sacy à madame de Lambert , la lia avec Fénelon.

Elle lui écrivit : c Je n'aurais jamais consenti ,

monseigneur, que M. de Sacy vous eût montré I. ai

les occupations de mon loisir, si ce n tétait vous mettre sous les yeux vos principes et les sentiments que j'ai pris dans vos ouvrages ; personne ne s'en est plus occupé et n'a pris plus de soin de se les rendre propres... Vous m'avez appris que mes premiers devoirs étaient de travailler à , former l'esprit et le cœur de mes enfants. J'ai trouvé dans Télémaque les préceptes que j'ai donnés à mon fils , et dans Y Éducation des fil-^ les , les conseils que j'ai donnés à la mienne... J'ai la hardiesse de croire que je penserais comme vous sur l'ambition , mais les mœurs des Jeunes gens d'à présent nous mettent dans la nécessité de leur conseiller , non pas ce qui est le meilleur, mais ce qui a le moins d'inconvénients, et ils nous forcent à croire qu'il vaut mieux occuper leur cœur et leur courage d'ambitions et d'honneur, que de hasarder que la débauche s'en en^pare. » Fénelon répondit, et un commerce de lettres suivi s'établit entre eux. L'âme

de l'archevêque de Cambrai était faite pour comprendre tout ce qu'il y avait de charité et de vertu dans l'àme de madame de Lambert. 11 lui écrivait un jour : c Je n'ai aucun mérite à être occupé de ce qui vous regarde, car un edame de votre voisinage m'a fait depuis peu une grande impression dans le cœur , en me mandant avec quelle générosité vous Tavez soulagée dans ses embarras. Je vois bien que les vertus les plus nobles et les plus estimables dans la société , ne sont point pour vous de belles idées , et que vous les mettez fort sérieusement en pratique dans les occasions... On ne peut vous désirer plus dé prospérité et de bénédictions que je vous en désire. » Quand le duc de Bourgogne, rélève chéri de Fénelon mourut, madame de Lambert pleura sur cet événement qui brisa le cœur de Fénelon , et qui fut pour la France un malheur public. Nous trouvons dans une lettre à M. de Sacy :

< Je viens d'écrire à ^M. de Cambrai. Quelle perte pour lui ei pour ses amis ! que de gloire leur est moissonnée. Que n'attendait on pas d'un prince élevé dans des maximes si pures , si bien instruit des justes bornes qu'on doit mettre à l'autorité , qui ne se permettait rien parce que tout lui était permis, qui n'aurait usé de la puissance que pour faire le bien ! Tout ce qui était injuste, lui paraissait impossible; il n'aurait pas pris la royauté pour lui , mais pour les autres , persuadé qu'il se devait à l'État, et que la royauté ne lui était que prêtée ; digne enfin de commander aux hommes parce qu'il savait obéir à Dieu. > Les expressions manquant à sa douleur , Fénelon ne répondit à madame de Lambert que ces simples et grandes paroles : « Dieu pense, madame , tout autrement que les hommes ; il détruit ce qu'il semblait avoir formé tout exprès pour sa gloire, il nous punit : nous le méritons. > On aime à trouver dans la vie de

— â2o — madame de Laiiibcrt ce noble eonimerce d'ami lié avec le génie le plus avancé et le cœur le plus généreux de son temps. Elle eut encore d'autres amis dignes d'elle , dignes d'apprécier dans la vie privée celte àme droite et tendre , cet esprit cultivé et gracieux , et dans ses écrits un style ferme et correct , une connaissance approfondie des auteurs , eî particulièrement des nioralisles de l'antiquité; enfin toutes les qualité- rares que nous avons essayé de faire ressortir dans notre travail. Fontenciîeful une des relations les plus aimables de madame de Lambert ; elle nous a laissé de lui un portrait charmant , oii elle dit avec grâce : On ne s'unit quà sou esprit , on échappe à son cœur. Cette phrase caractérise bien Télégante et presque frivole intelligence du neveu du grand Corneille. Quand madame de Lambert mourut, Fontenelle écrivit à son tour quelques pages sur sa vie. Nous avons reproduit

ici ce morceau peu connu ; il supplée à ce qui manque de faits biographiques à notre appréciation littéraire.

Octobre 184S.

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