SEMAINE D'OBSERVATION PAVILLON DE RÉCEPTION
Les entrants ne son! pas tout d’abord admis dans les cottages, mais installés pour une période de sept
A) De
à dix jours au Pavillon de Réception, où ils sont soumis à un examen méticuleux, que se partagent les médecins et spécialistes de l'établissement.
Mode d'existence. — Dès l'installation du nouveau-venu, une infirmière s’enquiert des symptômes qu'il a présentés récemment (plus particulièrement hémoptysies et élévations de température). Si des symptômes de cet ordre viennent d’apparaitre, le médecin résident en est avisé sur-le-champ, afin qu'il subvienne un traitement.
Sinon, et si le malade n’a pas été confiné au lit, on lui permet d'aller prendre ses repas à la salle à manger et de rester, le jour, étendu sur une chaiselongue. Il est nécessaire, pendant cette période, qu'il fasse aussi peu d’exercice que possible : le repos de 2 à 4 heures sera strictement observé.
Education.-- On lui apprend à prendre lui-même température et pouls, et à les inscrire.On lui recommande la lecture attentive du règlement ; on insiste sur la défense de se servir de mouchoirs ordinaires (à remplacer par des carrés de gaze) et de tousser sans s’en couvrir la bouche. On lui intime l’obligation de cracher dans des crachoirs de poche en carton.
Examen.-— Voici les différents examens médicaux auxquels l’entrant est soumis, et les feuilles où les résultats sont consignés :
1° Feuille. Résumé. — Indications de l’âge, du métier, de la race, etc...
Conditions de santé et tous symplômes avant et
au moment de l’entrée.
Diagnostic anatomique et radioscopique et classification à l’entrée, feuille qui sera complétée pendant le séjour el à la sortie ;
2° Histoire de la famille. — Inscrite par le malade, portant sur toute sa parenté, des aïeux au cousins germains et insistant sur la recherche de la tuberculose,
Si quelques renseignements lui font défaut il doit les demander par correspondance au plutôt ;
3 Histoire générale du malade. — Autant que possible dans l’ordre chronologique :
a) Premier symptôme qui a inquiété le malade ;
b) Histoire de la famille (report de la feuille précédente) ;
c) Histoire antérieure du malade et recherche minutieuse du point de départ de l'infection.
d) Maladies antérieures : vaccinations, opérations ;
e) Maladie actuelle : mise en relief de la forme du début. Symptômes en détail (dates, etc.). Progrès. Etat actuel.
4° Examen physique général.
5° Examen du thorax et des poumons. — Fait par le médecin résident, et terminé par le diagnostic anatomique : infiltration ou non.
Si infiltration, son étendue en lobes ou parties de lobes. Signalement des pleurésies, cavernes, densifications, etc.
Sinon, impression de bronchite, bronchectasie, etc...
De ces cinq examens il est fait un résumé, où
entrent tous les points importants,et qui sera la base de discussion de la prochaine réunion du personnel médical en vue du diagnostic, en concomitance avec les résultats des épreuves et examens suivants :
6° Rayons À. — Plaques stéréoscopiques ; notation écrite et graphique de la radioscopie.
7° Réaction à la taberculine intradermique. — Epreuve faile à tous les entrants.
8 Examen des crachats concentrés.
9° Examen des urines.
10° Déviation du complément.
Les épreuves suivantes ne sont effectuées que sur l'ordre écrit du médecin résident :
11° Adrénaline pour dépister les symptômes d'ordre thyroïdien ;
12° Tuberculine sous-cutanée au cas de diagnostic hésitant ;
13° Epreuves spéciales : sensibilisation aux protéines, etc.
Autant que possible l'historique, l'examen du thorax el l'examen physique ne sont pas faits le même jour de peur de fatiguer le malade.
Dès l’entrée on lui donne un numéro d'ordre. On le prie d'interroger chaque jour les avertissements affichés, spécialement ceux qui intéressent son numéro.
À la fin de cette période d'observation, on lui délivre une « feuille d'inscriptions journalières et d'exercice » qu’il remplira lui-même à l'encre, au jour le jour, et où il porterale montant de ses heures
d'exercice et tous les symptômes qu'il éprouve (température et pouls à 7 h., 16 et 20 h.) ainsi que toutes les formes spéciales de traitement. (tuberculine, rayons ultra-violets, etc...)et ses réactions aux différentes épreuves. Les jours d'administration et les doses y seront inscrits.
Et on l'invite à se présenter au bâtiment médical pour la prochaine clinique d'exercice, où le médecin résident lui fixera la durée d’exercice qui lui est permise.
Cottages de repos. — Ces éléments du Sanatorium ont été momentanément supprimés cette année, faute de personnel. Le D: Brown le déplore, car il tient pour très désirable que les malades soient alités pendant les premières semaines. Certains sont fatigués par la nécessité du lever, de la toilette et des trois parcours quotidiens qu'exigent les repas.
Voici comment ces cottages fonctionnaient et refonctionneront quand ce sera possible.
Examens d’entrée.— Ils sont faits aux cottages de repos.
Le poids est pris une fois par semaine dans les cottages même.
Durée de la résidence. — A moins d'ordre différent du D' Brown le terme est à six semaines, pendant lesquelles il est défendu (sauf pour raison spéciale : rayons X, etc...) de quitter le cottage.
Règlement. — Rester au lit, sauf le temps des repas et de la toilette. Les repas sont servis aux cotlages.
ap
Traitement général, aux soins du D'Brown.
Soins médicaux, donnés par le premier assislant qui fait une visite quotidienne.
Conférences, par le D" Brown, portant sur les principes du traitement, généralités de la tuberculose, réponses aux questions des malades.
Visiteurs. — Admis de 10 h. 30 à 12h. 30 et de 4 à 5 heures, et seulement sur la véranda.
Etapes vers la salle à manger, sur permission du Dr Brown et dans cette progression :
TN IONL..- 1 repas 7e jour... 2 repas 2 — ,. 0 — 8 — 2 — 3 — .. 1 — g — 3 — Œ — .. 0 — 10° — 2 — TE a — 119 — 3 — 6 — ,. 1 — 12° — 3 —
Sortie, sur ordre du D' Brown.
Le malade capable de prendre tous ses repas à la salle-à-manger quitte le cottage de repos.
Il marque à ce moment sur sa feuille d’exercice : « Pas d'exercice jusqu’à (2 semaines après sa sortie). »
CLINIQUE DK DIAGNOSTIC
Les médecins et spécialistes se réunissent, en vue de la discussion des diagnostics d'entrée, en une
séance hebdomadaire. Leur collaboration essaye de déterminer pour chaque cas :
10 Si la tuberculose est présente ;
2° Si elle a des caractères cliniques ;
3 Si elle est en activité.
Pour faciliter la discussion, le premier médecin assistant lit un rapport résumé des histoires prises, des examens effectués pendant la semaine d’observation et des résultats des épreuves, dont les points principaux sont reproduits sur un tableau noir en vue de tous. Des graphiques des signes physiques
sont exposés et, dans l'appareil de la salle, chacun peut analyser les plaques stéréoscopiques dont le
radiographe donne son interprétation indépendante.
Le lecteur termine par le diagnostic et la classification qu'il propose; et l'assemblée accepte ou rejette ou repousse à une date ultérieure sa décision. Dans ce dernier cas, elle indique les épreuves supplémentaires qu’elle juge utile de faire. Opinion et nom de chacun sont reportés sur la feuille de diagnostic versée au dossier.
1° Y a-t-il tuberculose? — En l'absence de signes cliniques, force est de recourir à une réaction tuberculinique.
x À-t-elle des caractères cliniques ? — Présentement et antérieurement,
Il faut, pour cela, que soient ou aient été avérés un ou plusieurs des six signes suivants :
a) Hémoptysie, dépassant 4 centimètres cubes (les dires du malade doivent être crus) ;