‹ Fonctionnement d'un sanatorium privé type aux États-Unis: Le "Trudeau Sanatorium"Chapitre 11 sur 22 · NT · texte numérisé non relu

NT

b) Bacilles dans les crachats, plus nombreux que le Graffky I (les rapports doivent émaner d’un médecin ou d’un laboratoire digne de confiance) ;

c) Râles moyens d'un sommet. — À gauche, une respiration suspecte, une sonorité amoindrie, une résonance vocale changée peuvent être considérées comme signes d'infiltration. Des signes symétriques, en absence de râles, ne sont pas valables quand ils sont limités ;

d) Rayons X. — Lésions parenchymateuses définies ;

e) Pleurésie avec épanchement ;

f) Déviation du complément aux degrés +++ TEE ANR

En l’absence de quoi, on recourt à la tuberculine sous-cutanée :

La tuberculose est dite douteuse dans ce dernier cas ; incipiente quand on a hémoptysie d’une valeur d’une cuillerée à café au plus, ou pleurésie avec effusion, ou bacilles dans les crachats, mais sans signes physiques et sans données radiologiques nettes.

3° Est-elle période d'activité ? — L'activité de la tuberculose est définie à Trudeau par les règles suivantes, toute conventionnelles et dans le seul but de la classification, sans prétendre à les faire accepter ailleurs. Il doit y avoir l’un de ces signes :

a) Température dépassant plusieurs jours :

Chez l’homme 99°* (35°2).

Chez la femme g9°°5 (37°4).

ER La

b) Pouls dépassant plusieurs jours :

Chez l'homme 9o.

Chez la femme 96.

c) Hémoptysie de plus de 4 centimètres cubes.

d) Pleurésie avec épanchement.

La tuberculose est dite potentiellement active si, les jours précédant immédiatement l'entrée, il y a eu des signes d'activité, actuellement disparus, ou si les symptômes d'activité ne sont pas suffisamment aflirmalifs.

Une combinaison de lassitude, perte de poids ou d'endurance, sueurs nocturnes, etc., est prise cependant comme significative d'activité.

Mais la toux, l’expectoration, les bacilles dans les crachats, la gène respiratoire, la pleurésie sèche, les crachats striés, la voix rauque ne sont pas pris pour signes d'activité non plus que la déviation positive du complément.

Classification. — On emploie la classification Turban et la classification spéciale de Trudeau. Celle-ci est basée à la fois sur l’examen clinique et sur l'examen radioscopique.

1° Minimum. — Absence ou minimum de symptômes constitutionnels.

Pas ou peu d’élévation de température ou d’accélération du pouls.

Expectoration ordinairement petite ou absente. Bacilles présents ou non.

Légère infiltration de l'apex d’un ou des deux

côtés, ou d’une petite portion d’un lobé. Aucune complication tuberculeuse.

Rayons X.— Type parenchymateux, ne dépassant pas la deuxième articulation chondro-sternale d’un côté, sous forme de marbrures clairsemées,ou ombre intense de pleurésie.

2° Modérément avancée. — Aucun trouble marqué des fonctions ou locales ou constitutionnelles. Densification localisée, d'extension modérée, avec peu ou pas d’évidence de formation de cavernes, ou infiltration plus extensive que dans le cas précédent. Pas de sérieuses complications.

Rayons À. — Ombre intense, non pleurétique, ne dépassant pas la troisième articulation chondrosternale d'un côté : ou ères de raréfaction interprétées comme cavernes, limitées à un interespace; ou marbrures clairsemées sur un plus grand espace que le cas précédent, pouvant occuper tout un poumon, mais sans dépasser la deuxième articulation chondrosternale du côté opposé.

3° Très avancée. — Diminution marquée des fonctions locales ou constitutionnelles.

Densification marquée d’un lobe entier ; ou ères disséminées de cavernes en formation, ou sérieuses complications.

Rayons X. — Ombre intense, non pleurétique, dépassant la troisième articulation chondro sternale ; ou raréfactions interprétées comme cavernes, plus large qu'un interespace, ou marbrures clairsemées,

Ch. Chataignon 3

me

plus envahissantes que dans les cas modérément

avancés.

Au sortir du pavillon de réception, les malades sont distribués dans les cottages, les plus fatigués à proximité et au niveau de la salle à manger commune.

Instruction. — Il ne leur est pas fait de cours : la vie en commun avec les malades déjà entraînés aux habitudes de l'établissement est plus utile aux nouveaux venus que toute conférence. Une seule fois il est fait aux entrants une petite instruction d'une demi-heure qui leur apprend ou rappelle les causes de la luberculose, ses moyens de contagion, sa prophylaxie, la triade du traitement. Il n’ont qu’à se conformer aux prescriptions de leur brochure de règlement.

Emploi du temps. — 7h. 30 : Réveil, prendre la température et le pouls avant de se lever. Toilette à l’eau thaude, éponge à l'eau froide. :

8 h : Petit déjeuner à la salle à manger.

8 h 30: Grand air.

11h: Exercice quand il est ordonné,

ET or.

1 h : Déjeuner.

2h. à 4h : Repos sur chaise-longue : la lecture est permise, non la conversation.

4 h : Prendre température et pouls. Exercice quand il est permis.

6 h : Diner.

7 h: Grand air s’il fait beau.

8 h : Prendre température et pouls. Coucher.

Exercice. — Le malade doit se conformer, en ce qui concerne le temps d'exercice, à l'ordonnance du médecin résident. Quand sa température atteint 99% (37, 45 cent.), il doit interrompre. Si elle gagne 100°* (37,8 cent.), il doit se mettre au lit immédiatement et faire avertir l’infirmière.

Les malades qui ont droit à une heure d'exercice matin et soir peuvent descendre au village à pied, mais doivent remonter par l’autobus qui fait le service. Ceux qui ont droit à 1h. 1/2 peuvent faire l'aller et retour à pied.

Les conseils suivants leur sont donnés par le règlement :

Pas d'exercice autant que possible la première semaine. Pas d'exercice en cas de fièvre, pouls rapide, sang dans les crachats ou perte de poids. Avoir soin de ne passemettre hors d'haleine, de ne pas se fatiguer, de ne jamais courir, ni porter de fardeaux lourds, ni monter la colline. Aller doucement. Faire son exercice régulièrement et systématiquement, qu’il pleuve ou fasse soleil. Se reposer une demiheure avant et après le repas. Les malades peuvent

jouer au billard ou travailler à l'atelier pendant un temps double de celui de l’exercice autorisé, mais non s'ils n’ont pas droit au moins à une demi-heure d'exercice.

Grand air. — Ils doivent en principe y demeurer dix heures par jour (qu’ils passent ou non la nuit sur la véranda).

Expectoration. — Il est nécessaire que les malades qui expectorent portent constamment sur eux un crachoir en carton pliant que vend la pharmacie. [ls s’en servent exclusivement pour recevoir et conserver leurs crachats jusqu’à ce qu'ils soient détruits. Quand ils sont couchés au lit ou sur la véranda ce crachoir de carton est introduit dans une forme métallique qui le maintient en position et l'empêche de se renverser ; il est alors soigneusement refermé après usage pour éviter que les mouches n’y viennent rôder.

Chaque jour, et plus souvent s’il est utile, le crachoir de carton est changé, rempli de sciure de bois, enveloppé de papier, ficelé et déposé dans des récipients spéciaux. Un employé les recueille pour les brûler. Lesformes métalliques sont passées à l'autoclave.

Mouchoirs. — Les mouchoirs d'étoffe ordinaires sont interdits. La buanderie refuse absolument de les laver. Les mouchoirs de gaze que l’on achète à la pharmacie sont seuls autorisés, Le malade aura sur lui une seconde pièce de gaze qui lui servira seulement à se couvrir la bouche quand il tousse, et il toussera le moins possible.

Chaque jour ces mouchoirs seront changés, enveloppés de papier et déposés dans le même récipient que les crachoirs de carton. {ls ne doivent pas être abandonnés inconsidérément n'importe où ; et l’on a dû faire des exemples pour imposer celte disci- pline.

Alcool. — Il est interdit d'user ou d'introduire des stimulants alcooliques.

Tabac. — Il est défendu de fumer à aucun moment dans les coltages ou sur les vérandas. Les personnes autorisées à fumer pourront le faire au pavillon de récréation à des heures déterminées.

Bains. — Les malades devront prendre au moins un bain chaud par semaine et s’'éponger à l’eau froide chaque matin jusqu’à la ceinture. IL leur est conseillé aussi de s’éponger la moitié inférieure du corps chaque soir. D

Dents. — Brossage des dents au moins deux fois par jour.

Nettoyage des locaux. — Balayage et époussetage à sec sont formellement interdits. On emploie les appareils d'aspiration par le vide.

Repas. — Il est interdit d’emporter aucune nourriture de la salle à manger. Si l’on désire un supplément il faut s'adresser au médecin. Nul médicament n’est autorisé à table. Les conversations entre malades, portant sur leurs affections ou quelque sujet relatif aux maladies sont défendues comme nuisibles au moral.

Linge. — Le linge doit être placé dans un panier

à cet usage : enveloppé de papier. On ne peut pas le laver au cottage. Il est bouilli à la buanderie.

Cottage. — Le thermomètre placé dans chaque cottage ne doit jamais dépasser 66° (19° cent.). Par temps froid, on doit fermer la fenêtre de la chambre quand on ne l’occupe pas. Le malade doit faire son lit, meltre sa chambre en ordre, balayer et mettre en ordre sa véranda. Tout le monde doit être rentré au cottage à 9 heures.

Après souper les réunions sont interdites ; les seuls aliments que l’on peut prendre alors sont : fruits, chocolat, lait, biscuits et gâteaux. Toute lumière doit être éteinte à 10 heures.

Vêtement. — Porler des manteaux en hiver, mais ne pas trop se couvrir.

Eviter les courants d'air et les frissons. Eviter de se mettre en sueur.

Distractions. — Les distractions sont indispensables pour maintenir au beau le moral, dont l'influence sur la santé des tuberculeux n’est pas négligeable ; pour combattre la tendance à l’oisiveté.

À cela répondent la bibliothèque, la salle de récréations, une chambre noire bien aérée pour photographes; des collections de fleurs, d'oiseaux et de minéraux de la région, et surtout l'atelier, où un professeur bienveillant guide les amateurs inexpérimentés.

Poids. — Le malade n'oubliera pas de se faire peser une fois par semaine ; au jour et à l’heure indiqués ; au sortir du petit déjeuner.

Ronde des cottages. — Si un malade est alité, l'infirmière avertie en fera part au médecin assistant qui, chaque matin, est chargé de faire la ronde des cottages. Tous les symptômes anormaux seront relatés au médecin résident, dans un rapport qui lui est quotidiennement soumis.

Consultation.— Quand un malade épronve quelque fatigue anormale,quand une petite complication lui survient (coryza, constipation, etc..….), il peut, chaque soir, de 6 h. 1/2 à 8 heures, se rendre auprès du médecin assistant qui fait, en même temps que l'examen mensuel du poumon, la consultation ordinaire. Il y sera traité.

Examen mensuel du poumon.— Cet examen a lieu chaque soir au bâtiment médical. Le malade y est convoqué par une carte sortie de la pharmacie. Cette carte, parafée par le médecin assistant, va ensuite au laboratoire pour être contrôlée par le directeur en vue des examens des crachats et des urines qui lui seront remis par le malade le lendemain.

Infirmerie. — Quand le lit est nécessaire à un malade pour plusieurs jours, il est transféré à l'infirmerie. Là, il ne dort plus en plein air, une cuisine spéciale confectionne son régime.

Durée de séjour. — Elle ne peut, en principe, excéder six mois. Mais le séjour peut être écourté si le médecin résident juge qu’un plus long stage au Sanatorium serait sans profit. Certains malades peuvent prolonger leur sejour au delà des six mois régu-

He

liers en demandant à remplir un emploi léger soit dans l'administration, soit dans les services des spécialistes. Quelques-uns sont rétribués.

Diagnostic de sortie. — Voici la classification dont on use à Trudeau pour les sortants :

1° Cas apparemment arrétés. - - Absence de tout symptôme constitutionnel et d’expectoration et pas de bacilles dans les crachats depuis trois mois. Aux rayons X, image de lésion guérie.

2 Cas quiescents. — Absence de lout symptôme constitutionnel.

L'expectoration et les bacilles peuvent être présents.

Signes physiques el images radioscopiques stationnaires ou en rétrocession depuis deux mois.

Les signes physiques peuvent être augmentés à condition que les symptômes constitutionnels manquent et que les rayons X donnent des images stationnaires ou en rétrocession ;

3 Cas améliorés. — Symptômes constitutionnels absents ou diminués.

Signes physiques et images radioscopiques améliorés ou non changés.

La toux et l’expectoration avec bacilles peuvent ètre présentes ;

4° Cas non améliorés. — Tous les symptômes essentiels non diminués ; 5 Cas progressifs. — Tous les symptômes essen-

tiels augmentés.

Page 1