C. — Réaction à l’adrénaline
Indications. — Cette réaction est effectuée à Trudeau selon la méthode préconisée par Goetsch en 1915 (N.-Y. State Journal medical, July 1918) pour élucider un état d'hypersensibilité du système sympathique dont le diagnostic est parfois très difficile avec des états analogues de tuberculose au début.
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On l'emploiera done quand la tuberculose clinique est douteuse ou quand les lésions semblent insuflisamment actives pour expliquer la sévérité des symptômes, cas de soi-disant tuberculeux qui se soignent de toutes façons depuis des années sans résultat ; cas de tuberculose à lésions définies qui se montrent sans changement malgré un traitement très long et s’accompagnent toujours de rapidité du pouls, fatigue et quelquefois d’élévations légères de température.
Préparation. — Le malade est mis au repos complet, le plus possible, avant la réaction, et au.lit les vingt-quatre heures qui la précèdent. Il est rassuré par le médecin sur l'épreuve qu'il va subir, pour ne pas influencer une nervosilé déjà exagérée. On complète son histoire médicale par toutes les références aux symptômes d’origine thyroïdienne apparente, histoire tant familiale que personnelle. On détermine la présence ou l’absence de nervosité, palpitations, tremblements, dépression, goilre, sensations de chaud ou de froid, température basse des mains et des pieds, arythmie, évanouissements, troubles intestinaux, etc. On détaille les signes subjectifs d'hyperthyroïdisme : signes oculaires, goitre, thrill ou bruit sur la thyroïde, palpitations de la carotide et de l’aorte abdominale, dermatographisme, conditions et distributions des poils, léger œdème des paupières, des jambes ou des mains. On se rappelle que l’hyperthyroïdisme est souvent fruste, que les signes oculaires en particulier manquent souvent.
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Le jour de réaction, le malade est placé dans des conditions aussi normales que possible : chambre chaude, mais sans bouillotte. Il prend ses repas au lit. L'épreuve ne sera pas faite aux époques menstruelles et jamais en même temps que la tuberculine sous-cutanée. l
Immédiatement avant l'épreuve, on fait deux lectures, à cinq minutes d'intervalle, de la pression sanguine Maximum et minimum, du pouls et de la respiration. Une infirmière aide le médecin.
Epreuve. — On fait une injection sous-cutanée dans la région deltoïdienne de 0,5 centimètres cubes de solution d’adrénaline chlorhydrique à 1/1000.
On fait des lectures toutes les deux minutes et demie, pendant dix minutes, puis toutes les cinq minutes jusqu’à écoulement d’une heure et trois dernières lectures à dix minutes d'intervalle.
Les premières lectures répétées sont faites à l’intention de déceler les réactions du pouls et de la pression qui peuvent être très précoces, surtout dans les états d’hyperthyroïdisme actif.
Le médecin étudie en même temps l’état de la circulation des mains et des pieds et tous les changements apportés aux signes principaux par la réaction et note les impressions avouées par le malade. Tout ceci est reporté sur feuille spéciale.
Interprétation. — Dans une réaction positive il y a généralement une augmentation rapide de pression sanguine et de rapidité du pouls de 10 au moins, pouvant aller jusqu’à 15 et plus. Dans l'intervalle de
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la trentième à la trente-cinquième minute il y a une chute modérée, puis une seconde augmentation et enfin une seconde chute vers la normale qui est atteinte environ après une heure et demi.
On voit en même temps une exagération des signes d’hyperthyroïdieme, surtout des manifestations nerveuses. Les symptômes partieuliers dont le malade se plaignait habituellement sont augmentés, et, en outre, sont réveillés beaucoup de symptômes qui restaient latents. Ainsi, il n’est pas rare de constaler des extrasystoles, dont le malade se rend compte, et dont il peut dire qu’il avait eu les mêmes sensations un ou deux ans auparavant, alors que l'affection était plus active.
Pour interpréter l'épreuve comme positive, on considère comme nécessaire d'obtenir la majorité des signes d'hyperthyroïdisme réveillés ou accrus.
Ainsi, il y a parfois augmentation de rapidité au pouls sans grande élévation de pression, mais avec une exacerbation considérable des signes objectifs et des symptômes; ou il peut y avoir une augmentation de 10 du pouls et de la pression et un accroissement modéré des symptômes et signes; ou des changement imperceptibles du pouls et de la pres: sion, mais un accroissement considérable des signes et symplômes. Ces cas seront jugés positifs, De même que pour le diagnostic d'hyperthyroïdisme on n’exige pas la présence de la totalité des signes de la description clinique.
Conséquences. — Si la réaction est négative le
malade peut, selon ses conditions de santé, être autorisé à retourner à la salle à manger. Si elle est positive, il reste au lit le reste du jour et les jours suivants, autant que son état le demande.
On ne fait qu'une épreuve par jour pour ménager le personnel qui porte le repas.
Importance. — L'importance de ce diagnostic ne fait pas de doute.
Un hyperthyroïdisme pur n’aura le plus souvent besoin que de repos et d'hygiène. En cas d'urgence le chirurgien interviendra.
Un malade atteint d hyperthyroïdisme associé à la tuberculose sera plus difficile à soigner, car la cure intégrale du Sanatorium sera entravée par sa nervosité extrême et son horreur du repos.
Dans certains cas, en outre, une intervention désirable sera empêchée par la tuberculose concomi-
iante.
D. — Sensibilisation aux Protéines et épreuve des Pollens :
Ces épreuves ont pour but de dépister l’origine d’accès d'asthme imputables à des anaphylaxies alimentaires ou à des influences de pollens chez des individus hypersensibles.
On ne les fera pas pendant les épreuves de tuberculine sous-cutanée non plus qu’immédiatement après l’adrénaline.