EXPLORATION DE LA PERMEABILITE MECANIQUE ET BIOLOGIQUE DU COL
a) Perméabilité mécanique
En fait, nous l’avons déjà exploré en pratiquant l’insufflation. Il arrive que le cathétérisme du col avec le bec de la canule soit impossible. Il s’agit, le plus souvent, d’un rétrécissement cicatriciel serré, jamais total cependant, car la menstruation serait abolie.
Parfois le cathétérisme est possible mais le col se présente en situation anormale, par suite d’un déplacement de l’utérus, et ne peut être atteint par les spermatozoïdes. Ou bien encore, le canal cervical, quoique perméable à la sonde, est imperméable aux spermatozoïdes en raison d’un polype ou d’un fibrome.
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b) Perméabilité biologique
La fécondation a lieu dans les trompes ; pour y parvenir, le spermatozoïde doit fatalement traverser le col utérin ; ce col peut être mécaniquement perméable (situation normale, cathétérisme facile), et cependant il est des cas où aucun spermatozoïde vivant ne peut le franchir ; il y a imperméabilité biologique.
La muqueuse cervicale renferme des glandes qui secrètent un mucus dont les caractères physiques et chimiques - en font un milieu idéal pour la progression des spermatozoïdes. Si ce milieu est mcdifié, pour une cause quelconque, la progression des spermatozoïdes est d’autant plus difficile que la perturbation est plus importante..Cela peut aller jusqu’à l’arrêt complet par mort des spermatozoïdes.
Or, quelles sont ces causes de perturbation ? A l’heure actuelle, on en connaît deux : un facteur local, l’infection, et un facteur hormonal.
L’infection. — Tous les gynécologues savent avec quelle électivité l’infection frappe le col déterminant à son niveau l’exocervicite, l’endocervicite, ou la cervicite globale, qui passe souvent à la chronicité.
La glaire cervicale s’oppose d’autant plus au passage des spermatozoïdes qu’elle est plus purulente.
Le traitement de la cervicite peut être de son côté une cause de modification de la glaire cervicale par destruction des glandes mucipares.
Un facteur hormonal. — L’aspect de la glaire cervicale varie avec la date du cycle menstruel. Nous allons le voir dans un instant.
Ces modifications eyeliques semblent bien liées à un facteur hormonal. De fait, Moricarp considère l’apparition de la glaire d’ovulation comme un test d’action de la folliculine (l’injection de 2 mgr. de benzoate de dihydro-
He PTS folliculine suffit à faire apparaître une glaire filante chez une femme castrée).
L'étude de la qualité de la glaire cervicale présente donc un intérêt capital.
Etude de la glaire cervicale
La patiente s’installe en position gynécologique sur une table d’examen ; un spéculum de Cusco est placé avec précaution. Le col étant bien visible au fond du vagin entre les deux valves du spéculum, on saisit délicatement entre les mors d’une pince à pansement la sécrétion qui sourd de l’orifice externe du col ; la pince est alors retirée, ouverte avec précaution, pour que l’on puisse apprécier la transparence et le degré de viscosité de la glaire recueillie. On étale alors sur une lame, on recouvre d’une lamelle et l’on porte immédiatement sur la platine du microscope. A l’aide de l’oculaire 7, on procède à un examen microscopique méthodique et détaillé.
Cet examen du mucus intermenstruel est capital ; ses résultats doivent être consignés sur l’observation. Il sera refait à chacune des visites ultérieures ; les renseignements qu’il fournit sont extrêmement précieux.
1° Aspect macroscopique (très différent selon qu’il s’agit d’une glaire normale ou d’une glaire pathologique) :
a) Glaire normale :
L'aspect de la glaire varie avec la date du cycle menstruel. Il est donc extrêmement important, avant cet examén, de faire préciser la durée habituelle du cyele, la date des dernières règles et celle des règles à venir. On note sur l’observation la date de l’examen de la manière suivante :
D. R. : par ex. 6 au 9 octobre.
P. R. : par ex. 4 au 7 novembre. 10/29 (Ce qui signifie : examen pratiqué le dixième jour d’un cycle de 29
jours).
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Pour un cycle normal de 28 jours, on note du 12° au 15° jour la présence de la « glaire d’ovulation », dont l’apparition coïncide avec le moment optimum pour la fécondation,
Cette glaire que l’on voit s’écouler abondamment par l’orifice du col en gelée transparente est visqueuse, très filante, de pH supérieur à 6,5 et même 7.
SEGUY a eu le mérite d’insister sur l’importance de ces glaires filantes pour l’ascension des spermatozoïdes dans les voies génitales basses de la femme.
En dehors de cette période du 12° au 15° jours, on ne trouve, à l’orifice du col, qu’un mucus peu abondant, très peu filant, d’aspect coagulé, moins transparent que la glaire d’ovulation, de pH inférieur à 6,5.
Au voisinage des règles, il devient opaque et sanguinolent.
b) Glaire pathologique :
Alors même que l’aspect du col et de son orifice paraît normal, une altération de l’aspect macroscopique de la glaire doit attirer l’attention.
a) La glaire est transparente.
Mais elle est très peu abondante ; ou bien elle est d’abondance moyenne mais elle est épaisse, peu filante, très visqueuse,
Cela traduit une mauvaise sécrétion des glandes de la muqueuse cervicale. Il faut alors dépister une cautérisation trop poussée du col par le Filhos ou par une électrocoagulation intracervicale, une séquelle cicatricielle d’exoendo-cervicite entraînant une hypo-sécrétion par destruction de la muqueuse cervicale.
Souvent, il s’agit d’un trouble hormonal (rapports folliculine-progestérone, PALMER) que viendra confirmer la biopsie d’endomètre.
Plus rarement, on trouve une hypersécrétion par adénomatose d’origine inflammatoire.