SIXIÈME TEMPS
LA CŒLIOSCOPIE GYNECOLOGIQUE (1)
La cæœlioscopie est l’exploration des organes abdominaux à l’aide d’un appareil optique spécial introduit par la voie abdominale après création d’un pneumo-péritoine.
Elle permet l’étude « de visu » de tous les organes du petit bassin et en particulier des ovaires et des trompes, dont le rôle est capital au point de vue de la stérilité, aussi facilement que l’on explore une muqueuse vésicale à l’aide du cystoscope.
C’est une manœuvre que l’on pourra utiliser pour éclaircir deux points très importants :
1° Lorsque insufflation, lipiodol, explorations fonctionnelles hormonales ont donné des résultats sensiblement normaux, on peut se demander si des voiles péritubaires, périovariens ou inter-tubo-ovariens ne sont pas susceptibles de créer un obstacle à la migration de l’ovule.
2° Dans les cas d’oblitération au niveau des cornes utérines, la cœlioscopie renseignera sur l’état du reste de la trompe et en particulier du pavillon. Elle renseigne ensuite sur l’aspect et par là, sur la qualité des ovaires
C’est dire l’importance de cette manœuvre avant toute tentative chirurgicale pour rétablir la perméabilité des trompes.
Technique de la cælioscopie
Les cœlioscopies du service sont faites par R. PALMER à la Consultation de Gynécologie de l’Hôpital Broca, le matin, sur rendez-vous.
(1) La cœlioscopie gynécologique. Son application à l'étude de la stérilité. Docteur Elie BisMuTx. Thèse, Paris, 1945.
A. — Préparation du sujet.
Sujet à jeun. Hospitalisé quelques heures avant l’intervention. Médication calmante par ampoule de sédol, de morphine ou de gardénal. Stricte asepsie. Vessie vidée par cathétérisme. ‘
B. — Création du pneumopéritoine.
1° Aiguille à insufflation : on utilise le trocart de Kuss enfoncé à deux centimètres en haut et à gauche de l’ombilic.
2° Appareil à insufflation : c’est 1 oxygénateur de Bayeux ou l’appareïllage de Rrazr et PALMER pour insufflation utéro-tubaire.
3° Le gaz à employer est le CO? dont deux litres sont résorbés par le péritoine en 25 minutes.
4° Insufflation péritonéale. Le débit est de 500 cc. par minute. La pression de 15 à 25 mm. de Hg.
On injecte de 1 à 7 litres de gaz. On arrête l’insufflation dès les premiers signes de douleur et après disparition complète de la matité hépatique.