A MESSIEURS LES DENTISTES
Monsieur ,
- Vous connaissez sans doute les démarches que j’ai faites; auprès des diverses autorités compétentes pour tâcher d’obtenir la répression des abus qui se sont introduits dans l’exercice de la profession de Dentiste, depuis l’arrêt erroné rendu en 1827 par la Cour de cassation.
Bien que les Ministres et la Faculté, auxquels je me suis adressé, aient reconnu la légitimité de mes observations, ils n’ont pas encore jugé convenable d’y faire droit.
Je pense donc que, dans l’intérêt de notre profession, aujourd’hui si avilie par l’ignorance et le charlatanisme de ceux qui l’exercent illégalement, il serait nécessaire de faire en commun des démarches nouvelles pour obtenir enfin l’abolition des abus qui livrent notre art au premier intrus. Ne conviendrait-il même pas d’adresser à ce sujet une pétition à la Chambre des Députés, pour la supplier d’intervenir dans cette affaire, en demandant aux Ministres la franche exécution, à l’égard des Dentistes, de la loi du 19 ventôse an XI, qui régit toutes les parties de l’art de
de se reunir à moi, j’avais deux buts essentiels que je dois constater ici :
Le premier était celui de continuer en commun les démarches que j’avais, seul, si heureusement commencées pour signaler et obtenir la répression de l’abus qui s’était introduit dans l’exercice de la chirurgie dentaire, démarches qui avaient été approuvées par le chef de la Faculté et par le ministre lui-même.
guérir; et si l’on y trouvait de la difficulté, à cause de ce malheureux arrêt de la Cour de cassation, de prier Mes* sieurs les Députés de demander la présentation de la nouvelle loi préparée depuis longtemps, et dont le besoin se lait chaque jour de plus en plus sentir?
Pour parvenir à ce but, je propose à tous mes confrères dé se réunir très-prochainement chez moi, pour nommer parmi eux une commission qui serait chargée de " rédiger une supplique pour être immédiatement présentée à la Chambre législative.
Si vous approuvez ce projet, Monsieur, et si vous êtes disposé à y donner votre appui et votre concours, ayez l’obligeance de m’en donner avis, afin que je sache si je puis compter sur vous et vous adresser une lettre de convocation. •
Veuillez, Monsieur, agréer l’assurance de toute ma considération , et me croire
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Votre très-humble et très-obéissant serviteur,
AUDIBRAN,
rne de Valois-Palais-Royal, 2.
"Paris , ce lO avril 1843.
Le second et le plus important, et à la réalisation duquel j’attachais le plus grand prix, était de proposer à mes confrères la fondation de la Société dé Chirurgie dentaire. Aussi, dès que le corps dès Dentistes fut organisé, je m’empressai de proposer, à l’assémblée du 7 mai 1845 , la création de la Société que j’avais depuis longtemps méditée.
Il faut lé dire à la louange de ceux qui étaient présents à la réunion, cette proposition fut accueillie avec un enthousiasme tel qu’il serait difficile d’en donner une idée exacte, et auquel pourtant je m’étais attendu, car la Société proposée était des^ tinée à donner à la profession de Dentiste une importance; qu’elle n’avait point encore eue.
Tous les membres présents signèrent le procèsverbal qui constate ce fait. Depuis lors on peut donc dire que la Société de Chirurgie dentaire existe. Les statuts furent plus tard présentés à la sanction des Dentistes, et après corrections, ils ont été adoptés.
Ce règlement, tout d’invention, comme la Société elle-même , doit être regardé comme la Charte qui désormais doit la régir.
Nos cohfrèrés", nos successeurs, verront par l’exposé des motifs dans quelle affligeante circonstance la Société s’est formée. Ils rendront certainement justice au zèle et au dévouement de ceux qui les ont devancés dans l’exercice de l’art du Dentiste, et applaudiront sans doute aux efforts qu’ils ont faits pour retirer leur honorable profession des mains de l’ignorance et du charlatanisme.