DANS LES TAILLIS
Martel resta l’œil fixé sur ces deux hommes. Ils étaient là peut-être pour s’abriter contre l’orage, mais leur tournure et leurs gestes donnaient vraiment un démenti à cette hypothèse.
La pluie, qui tombait à torrents, faisait luire les canons de leurs carabines. L’un d’eux, long et décharné, portait le costume des pauvres gens de la forêt. II avait de grands cheveux mêlés sous un feutre en éteignoir; sa veste, en forme de pourpoint, retombait sur une culotte de futaine déchirée et nouée par des ficelles au-dessous du genou sur sa jambe nue.
L’autre était grand aussi, mais large et puissant
de carrure ; sa casquette de chasse en peau de loup laissait échapper dé grosses mèches de cheveux blancs. Une peau de Inque (chèvre) lui servait de frac, et ses jambes étaient recouvertes de guêtres en cuir, boutonnées jusqu’aux gfenoux.
Martel avait perdu l’envie de descendre auprès de son cheval. La tempête faisait rage; la pluie le trempait jusqu’aux os, mais il restait à son poste, regardant toujours ces deux hommes.
Au bout de quelques minutes, la cavalcade attendue déboucha derrière le rocher, de l’autre côté de Vanvre. Il y avait nombreuse compagnie de piqueurs et de gentilshommes, courbés en deux sur la selle pour éviter l’averse.
Puis venaient des valets de chiens à pied, menant des couples, et enfin deux dames en carrosse découvert, qui étendaient leurs écharpes au-dessus de leur tète comme un bouclier contre l’orage. i
Les deux hommes, tapis contre les flancs du roc, s’étalent penchés comme ils eussent fait sur un balcon.
Quand la cavalcade eut tourné le dos, celui des deux qui était vêtu d’une peau de chèvre, malgré la chaleur accablante de cette journée d’automne,
. abaissa vivement sa carabine et fit le geste de coucher en joue quelqu’un de ceux qui passaient.
C’était peut-être une bravade ou une plaisanterie de chasseur.
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! Martel nô le jugea point ainsi; ses yeux s’ouvrirent tout grands ; il devint pâle, et ses bras s’étendirent en avant comme pour arrêter ce' geste que l’on faisait à deux cents pas de lui. j
Il voulut crier, mais sa voix s’arrêta dans sa gorge; ses jambes tremblèrent; il chancela et fut ■ près de tomber à la renverse.
Bien qu’à voir cette scène muette, vous eussiez deviné que l’inquiétude poignante, peinte sur le ' visage du jeune garde française, n’avait point pour objet le groupe des chasseurs qui continuaient leur route au grand trot le long du cours de la Vanvre. Encore moins s’adressait-elle aux valets de chiens >, entourés de la meute fatiguée.
- Pour lui trouver un motif, il eût fallu glisser son regard sous les écharpes étendues, et voir dans le carrosse découvert les visages charmants de deux jeunes femmes qui riaient à l’orage et défiaient les torrents redoublés de l’averse.
Quel que fût sou objet d’ailleurs, cette inquiétude était vainc. Le paysan aux longues jambes nues toucha le bras de son compagnon qui releva son arme en haussant les épaules.
L’instant d’après il n’aurait plus été temps de se raviser. La cavalcade, en effet, arrivait à être hors de portée, et s’engagea bientôt dans la grande avenue qui conduisait au château de Prcsmes.
bcs couleurs revinrent aux joues de Martel, qui
mit la main sur son cœur et leva vers le ciel un regard de passionnée gratitude.
La cavalcade, éperonnée par l’averse, gravit l’avenue, sans ralentir son allure : elle dépassa bientôt e sommet de la colline et disparut sur le versant opposé. Quand Martel ne vit plus les écharpes déployées voltiger au-dessus du carrosse, ses regards se reportèrent vers les deux hommes embusqués sur le rocher.
Ils étaient toujours à la même place.
Leurs gestes indiquaient une conversation animée. Â chaque instant le vieillard yêtu d’une peau de chèvre étendait la main vers l'endroit où venait de disparaître la cavalcade.
11 y avait dans ces mouvements répétés de la colère et de la menace.
L’orage, cependant, faiblissait, soudain à s’évanouir comme à naître. Une dernière rafale balaya devant elle quelques gouttes de pluie égarées, et un rayon de soleil vint se jouer parmi les feuilles humides et brillantes.
L’orient était encore couvert de grands nuages noirs sur lesquels tranchaient les profils gris du rocher de Marlet. Le couchant, au contraire, où le soleil nageait dans' des vapeurs écarlates, s’illuminait magnifiquement.
Ce jour bizarre où la lumière et l’ombre se disputaient avec énergie chaque objet, donnait au
paysage un aspect nouveau. Chaque forme se dessinait plus vive. La Vanvre, rouge du côté de Presmes et noire au pied du roc de Marlet, se teignait entre ces deux points extrêmes de nuances diverses et réflétait fidèlement les mille teintes par où passait l’éclat éblouissant du couchant pour arriver à ces nuées sombres qui, vers l’est, abaissaient à l’horizon de véritables ténèbres.
De son observatoire, Martel vit les deux hommes descendre les flancs du roc en s’aidant des pieds et
des mains. Ils passèrent auprès de la maison assise contre les parois du rocher, et dont Martel n’apercevait en ce moment que la cheminée fumense.
Ils entrèrent dans le taillis. L’homme à la peau de chèvre renouvela l’amorce de sa carabine. Son compagon et lui se dirigèrent, en poursuivant leur entretien, justement vers l’endroit où se tenait le jeune garde française.
Celui-ci avait mis sa main, étendue comme une visière, au-dessus de ses yeux, et considérait attentivement- les deux interlocuteurs. Il regardait surtout le vieillard dont les cheveux blancs retombaient sur le poil fauve de sa peau de bique.
Martel ne pouvait encore distinguer son visage qu’imparfaitement. A chaque instant, en effet, le vieillard et son compagnon disparaissaient derrière les branchages humides du taillis pour se remonti'er bientôt un peu plus près. Plus il avançaient, plus le
îp - FOî^TAINïrAÜX-PElRLBS
regard de Martel se faisait perçant. Ses traits ex- > , « ppinaient une émotion croissante. On eût dit qu’il
voulait douter d’une chose qui lui sautait aux yeux
et qu’il tâchsiit à se révolter contre l’évidence.
— C’est bien lui I murmura-t-il enfin.
Le vieillard et son compagnon n’étaient plus qu’à, une trentaine de pas de la pierre sur laquelle se tenait Martel. Le sommet de cette pierre était large et plat. Martel profita d’un moment où un buisson de chêne s’interposait entre lui et les nouveaux arri-, vants pour se coucher tout de son long sur le plateau.
Dans cette position, il était impossible de l’apercevoir d’en bas.
Le vieillard et son compagnon dépassèrent le bouquet de chêne. Us étaient désormais si proches que leurs voix contenues arrivaient jusqu’aux oreilles de Martel.
C’était le vieillard qui parlait :
— 11 a donc peur de moi, le vieux fou ! dit-il eu ricanant.
— Grand’peur, notre maître, aussi vrai comme Dieu est Dieu, répliqua le paysan aux jambes unes.
Il a dit là-bas à Thorigné : « Les Carhoat sont trop près de moi pour que je laisse dormir mes fermages au château. L’argent n’y reste qu’une nuit. »
— Dans une nuit, interrompit le vieillard, on fait bien des choses.
IÇOÎÎTAINB-AÜX-PERLES ;
' Le front de Martel se couvrit d’une rongeur' épaisse. * - .
, — Ça c’est vrai, répliqua le paysan. D’autant que depuis la Saint-Mathieu, les nuits ont plus de douze' heures. Il a dit encore qu’il avait fait doubler les portes de Presmes en dedans avec du fer.
— Le vieux fou! grommela le vieillard. Il fqudi'a
pourtant bien que ma carabine lui dise un mot quelque jour. >
, Le paysan haussa les épaules. ' .
— Une charge de poudre et une bonne balle de
perdues, dit-il, outre que c’est péché de tuer un gentilhomme. »
— Et n’a-t-il point dit autre chose encore?deman«da l’homme à la peau de bique.
Si fait bien, repartit le paysan d’un air inno- , cent, mais vous allez vous fâcher...
— Va toujours !
— Il a dit...
Le paysan s’interrompit et regarda le vieillard en dessous.
Celui-ci avait sous ses épais cheveux blancs une tête belle et hardiment caractérisée. Ses sourcils, blancs comme ses chevenx, recouvraient des yeux encore pleins.de feu et brillant d’une audace toute r virile. Ses joues, vivement colorées, avaient çà et’ là quelques rides qui se groupaient et venaient sé rejoindre au coin de sa bouche, oh elles creusaient
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nn profond sillon. Cette ligne, qni se relevait dans le sourire avec l’extrémité de ses lèvres, ' donnait à toute sa physionomie une expression d’amertume railleuse qui en déparait complètement le caractère.
C’eût été, sans cela, une tête noble et austère ; avec cela, c’était encore une belle tête qui se posait comme il faut sur les épaules d’un Tieux de bonne souche.
Nous pouvons dire tout de suite que M. le marquis de Carhoal, l’homme à la peau de bique, valait, sous bien des rapports, beaucoup moins que sa figure.
11 se tenait droit, et sa taille, qui avait de la fierté, ne se ressentait point des insultes de l’àge. Malgré sa chevelure blanche, ce devait être encore un rude champion, capable de faire sa partie contre les plus robustes dans un combat d’homme à homme.
Son compagnon avait sur le visage cette niaiserie futée du paysan de la Haute-Bretagne. 11 était pâle, maigre, et son feutre en éteignoir cachait les trois quarts de sa figure.
Son sourire, sa voix, ses gestes, sa pose, tout en lui indiquait une humilité hypocrite.
Si c’était un coquin, comme il en avait assez l’apparence, c’était un laid coquin dans toute la force du terme.
Lorsqu’il s’interrompit, le vieux Garhoat frappa du pied avec impatience :
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— Mons Francin Renard, grommela-t-il, on dirait que tu as envie de te faire briser les côtes!
Le paysan recula d’un pas, prudemment, et reprit sans plus de précautions oratoires :
— Eh bien, notre maître, il a dit comme ça que vous étiez gênant dans le pays, mais que vous aviez, bu et mangé ensemble tous deux un temps qui fut.
— C’est vrai! murmura Carhoat; ce temps-là, c’était le bon.
— Que vous lui faites un petit peu pitié... reprit le paysan qui recula d’un autre pas.
— Pitié I répéta Carhoat, dont l’œil brilla et dont les joues s’empourprèrent. Il a prononcé ce mot-là!
— Oui bien, notre maître, et qu’il ne voulait pas enlever à un pauvre homme comme vous son dernier asile.
Carhoat frappa violemment la terre mouillée de la crosse de sa carabine.
— Il a dit cela ! répéta-t-il.
— Oui bien, notre monsieur...
Le vieillard en&la trois ou quatre blasphèmes, et prononça quelques mots que Martel ne put entendre.
— C’est bon, c’est bon, reprit-il ensuite, il me le .payera, le vieux découpleur de chiens!
— En attendant, notre maître, poursuivit Francin Renard, il vous faudra comparaître demain devant le tribunal de la capitainerie.
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— J’avais juré, grommela le vieux Carîioat, tie ne jamais rentrer à Presmes que par la fenêtre !
—T Vous aviez compté sans Jean Tuai, le fermier de Fontaine-aux-Perles. Jl est gruyer juré, tuteur légal des chevreuils et des lapins de la forêt... vous .plaiderez, notre tnuitrel
V- Si ce Jean Tuai était un gentilhomme, gronda Carhoat, je lui dirais de venir se placer vis-à-vis de moi à vingt pas sur la roche de Marlet, nos carabines feraient le reste, mais il est clair, que c’est encore un article à mettre sur le compte de M. de Presmes. üu capitaine des chasses répond du fait de sesgruyers.
— Pour ça J oui, répondit Renard d’un ton couvain-
eu. Mais les murailles de Presmes sont bonnes.
Martel, de son observatoire, entendit la main de« Carhoat frapper sur le canon de sa carabine.
— Bah ! fit Renard, d’un air incrédule, vous lé mettez en joue trois fois par semaine, mais il y a toujours là quelqu’un pour vous arrêter le bras.
Les deux interlocuteurs avaient repris leur marche, un instant arrêtée, et tournaient autour de la pierre. Martel ne pouvait voir leur visage.
Ils .passèrent sous le vent, qui continuait de souffler avec violence, et leurs voix n’arrivèrent plus à l’oreille du garde française qu’en accents brisés et confus. 11 rampa jusqu’au bord de la plateforme, pour ne point les perdre de vue. Son regard, lais
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sant le paysan Prancin, s’attachait exclusivement à Garhoat, dont la figure rougissait de colère entre ’ les masses épaisses de ses grands cheveux blancs. ‘ ,
Les traits de Martel, pecdaut qu’il le contemplait ainsi, avaient une expression inquiète, émue et presque respectueuse.
— Ses cheveux ont blanchi 1 murmurait-il ; il a bien souffert 1 Mon Dieu , c’était un noble cœur que ^ vous aviez fait pour ce noble visage 1
En ce moment le vieux Garhoat se prit à rire ;
Renard et lui s’étaient tournés vers le château de Presmes dont les hautes cheminées se détachaient, sur les dernières lueurs du couchant.
Le nom de Lucienne, prononcé par le vieillard vint jusqu'aux oreilles de Martel, qui tendit le cou pour mieux entendre.
Les gestes des deux interlocuteurs s’animaient; leurs voix baissaient, et l’ouïe attentive de Martel > pouvait à peine saisir ça et là quelques paroles dépareillées. ‘ , .
Pau:mi ces paroles le nom de mademoiselle de Presmes et celui de la comtesse Anne revenaient
souvent. Martel ne respirait plus. Il se penchait en dehors delà plate-forme; ses yeux dévoraient les , deux interlocuteurs. Au nom de Lucienne et de la ^ .• comtesse, ceux-ci joignaient de temps à autre les noms de Prégent, de Philippe ou de Laurent. ,
. Et alors le vieil homme à la peau de bique riait
de tout son cœur d'un air méchamment triomphant. Le paysan riait aussi et jetait en l’air son entonnoir de feutre.
Le jour baissait rapidement, et l’horizon se couvrait de nouveau. Garhoat et Renard revinrent sur leurs pas. Au moment où ils dépassaient la pierre, le vent reprit leurs paroles pour les porter à Martel.
— Ça sera difficile, disait Renard, bien difficile ! S’il ne s’agissait que d’attaquer les gens de l’impôt dans la forêt, je sais bien où nous trouverions des pratiques, mais le bonhomme est aimé, c’est sûr entre Château-Bourg et Liffré, vous ne trouveriez personne pour luijouer cebon tourl
— J’ai les trois enfants, répondit Garhoat ; ce sont des gentilshommes, morbleu 1 comme leur frère Martel, que j’ai envoyé là-bas servir le roi l
— Ça fait trois, répliqua Renard, et il y a au château une dizaine d’officiers de vénerie, sans compter les gardes de la capitainerie, le baron de Penchou, M. de la Baguenaudays et les gens du bonhomme.
— Eh bien I Renard, on peut aller à Rennes. 11 y a de bons Bretons au cabaret de la Mère-Noire, dans la rue du Ghamp-Doleut. Pour cent livres j’en aurais trente...
— Mais les cent livres? interrompit Renard, comment les amez-vous?
— Cent livres se trouvent sous le pas d’un cheval I
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répondit le vieillard qui caressa le canon de sa carabine.
 ce geste et à ce mot, la figure du garde française se couvrit d’une rongeur plus épaisse, son œil se baissa comme si un poids de honte eût pesé sur sa paupière.
— D’ailleurs, reprit Garboat, les enfants ont été en campagne, ils vont peut-être rapporter plus de louis qu’il ne nous faut de livres.
— Mes frères aussi 1 murmura Martel.
En ce moment un chœur de voix rudes et fortes se fit entendre vers l’endroit où la route de Saint-Aubin-du- Cormier coupait le sommet de la rampe.
— Voici les garçons ! dit Garboat.
Les nouveaux arrivants chantaient à l’unisson et à tue-tête :
Perrine, ma Pcrrine,
Lon li lan la La dcri deri dera,
Perrine, ma Perrine,
Où sont tes veaux allés?... (1)
Garboat et le paysan tournèrent autour de la pierre, pour se diriger vers le haut de la rampe à
(1) Cette chanson du pays de Rennes n’a pas moins de cent vingt couplets. Chacun d’eux est aussi remarquable, sous le rapport do la poésie, que le spécimen mis par nous sous les yeux de nos lecteurs. "
la renuontre des garçons. Ce mouvement les mit en face du pauvre cheval do Martel, qui soufflait, les naseaux dans l’herbe mouillée.
— Tiens, tiens 1 dit Renard, m’est avis que nous
n’étions pas seuls. <
1 Le .vieux Garhoat fit rapidement le tour de la pierre, et sonda les buissons avçc le canon de sa cap rabine ; puis il revint vers le cheval.
— Ce n’est pas du pays, ça ! murmura-t-il entre ses dents ; ce manteau n’a été coupé ni à Vitré ni , à Rennes! Corbleu! j’ai droit d’aubaine sur tout
ce qui passe dans le bois de Marlet. Au diable le coquin qui a éreinté cette pauvre rosse ! S’il m’entend, qu’il vienne, je vais le coucher sous le ventre de son cheval ! «
Cette bravade, prononcée à haute voix, demeura sans réponse.
— Emmène la bête, ami Francin, poursuivit Carhoat, je le la donne. Moi, je prends le manteau: j’en ferai faire un habit complet à mon petit Réné pour cet hiver.
Les garçons continuaient de chanter sur la montée et à la fin de chaque couplet ils criaient :
• — Oh ! hé ! Réné ! Oh ! hé !
Martel les vit déboucher dans une petite clairière du taillis. Ils étaient tous trois à cheval.
■ Au même instant, un pas vif et léger se fit entendre sur les feuilles sèches. ,
Dfgitized bÿ Gpogli
Un adolescent, à la taille frêle, aux longs cheveux blonds bouclés retombant en désordre autour d’un visage d’ange, bondit hors du taillis dans la clairière, et sauta sur la croupe du premier cheval eu jetant ses bras autour du cavalier.
Celui-ci se retourna et mit un baiser sur cette tète charmante qui le regardait en souriant.
Puis ce fut le tour des autres cavaliers. L’enfant se laissa glisser à terre et sauta sur la croupe des deux autres chevaux, partageant également entre les nouveaux venus ses caressantes tendresses.
Le front soucieux de Martel se dérida en un sourire. Ses yeux se reposèrent charmés sur ce bel enfant dont l’œil bleu avait une pureté céleste.