‹ Fontainebleau (volume 3)Chapitre 113 sur 131 · T. IX, p. 122 à 125 : Epître au Duc de Bouillon · texte numérisé non relu

T. IX, p. 122 à 125 : Epître au Duc de Bouillon

2, Jbid,

simplicité native de sa conscience aussi bien que la valeur géniale de son style et de ses idées .

Le récipiendaire lui fait promettre qu'il n'écrira plus de « contes », mais promettre est une chose, et tenir en est une autre. Par la suite, il fréquente assidûment les séances de T Académie, mais il arrive toujours en retard; on ly surprend même, parfois, bâillant, rêvant, sommeillant. Mais qu'importe? Tous ses doctes confrères le connaissent bien et l'excusent volontiers de sa façon de participer à leurs travaux.

Lorsqu'il s'agit de trancher l'affaire de l'abbé Furetière qui s'est arrogé le droit, malgré les privilèges de l'Académie, d'écrire et de publier un Dictionnaire de la langue française j La Fontaine n'hésite pas à voter pour l'exclusion de ce membre en rupture de ban. Cet acte de saine impartialité lui valut la rancune de l'abbé, aussi bien que les reproches de son ami Boileau, qui était en même temps dans les meilleurs termes avec Furetière.

Il n'aime point à parler d'affaires, il lui répugne d'avoir à s'occuper des choses matérielles. Son entourage l'habille car il ne s'aperçoit jamais de Tusure de son rabat, de son paletot ou de ses chaussures. Il aime bien les bonnes choses, mais il n'aime pas à s'occuper des petits détails nécessaires à leur acquisition.

Une mauvaise langue l'ayant signalé à son oncle Jannart comme un joueur et un dépensier, il s'en défend aussitôt à celui-ci :

Ce qu'on vous a mandé de l'emprunt et du jeu est très faux. Si vous l'aviez cru, il me semble que vous ne pouviez moins que de m'en faire la réprimande *.

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