‹ Fontainebleau (volume 3)Chapitre 119 sur 131 · T. VIII, p. 285, le Songe de Vaux · texte numérisé non relu

T. VIII, p. 285, le Songe de Vaux

soixante *. II lui faut toujours du « blanc », mais il exige qu'il soit vrai :

La belle enfin découvre un pied dont la blancheur Aurait fait honte à Galathée^.

Je n*en finirais pas de citer des preuves de la préférence bien marquée du fabuliste pour la blancheur en général ; il ne s'excite souvent que par le blanc. Loin de moi la pensée d'en faire quelque « perverti » de l'amour ! Bien au contraire, cette préoccupation de « couleur )k nous prouve une fois de plus la finesse de ses tendances artistiques.

Tout le long de sa vie, nous Tavons aperçu, aspirant, aimant, berné, heureux, malheureux, haletant, angoissé, jaloux, craintif, coléreux et mélancolique en l'honneur de la femme. Il a vécu toutes les passions qu'elle peut faire naître chez l'homme ; il a consacré souvent le meilleur de son temps auprès des femmes, il s'est « saturé >-, pourrais-je dire, des plaisirs voluptueux.

N'oublions pas surtout que, s'il éprouve un si puissant attrait pour la femme, ce n'est pas en pure perte ni pour une fin platonique. Il veut bien faire des jargons «d'amourettes », même « confits » au miel, mais à la condition ou dans l'espoir qu'il en retirera quelque bien. Oui, souvenons-nous que, s'il aime tant la femme, ce n'est pas pour une fin chimérique, ni par dilettantisme, ainsi que l'ont prétendu certains critiques 3, mais bien pour un but précis et naturel. Il ne se paye pas de rêves en cela, et

i. O vous dont la blancheur est souvent empruntée I T. VI, p. 2-8, Poème de la captivité de Saint Malc.

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