‹ Fontainebleau (volume 3)Chapitre 121 sur 131 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

délibère sera toujours accessible à une remontrance: celui-ci peut s'amender parce qu'il est l'œuvre récente et plus ou moins artificielle de l'individu lui-même.

(1) C'est un méditatif, un contemplatif parfois, et un impuissant dans la vie pratique. Nous l'avons vu assez souvent, se montrer incapable de diriger sa propre maison et d'accomplir les devoirs de sa fonction administrative, pour qu'il ne nous soit pas permis de douter de son inaptitude aux affaires, fût-ce même les plus élémentaires et les moins ennuyeuses! Un homme qui se laisse constamment héberger par des amis complaisants, qui mange son fonds avec son revenu, qui emprunte sans cesse, ne saurait être reconnu comme un « brasseur » d'affaires, pas même comme un petit spéculateur ou un petit boutiquier.

J'avoue, cela étant donné, que j'ai du mal à me figurer comment La Fontaine a pu être « attentif, clairvoyant et prudent sur les affaires de ses amis* ». Il est l'homme au monde qui aime le moins les affaires et son instinctif ogoïsme pourrait être une preuve suffisante de son désintéressement envers les préoccupations d'autrui. Pour s'occuper si bienveillamment de son prochain, il faudrait quil fît un effort considérable, qu'il dérogeât à de vieilles habitudes. La Fontaine est un esprit spéculatif, une espèce de philosophe crasseux, qui ne vit que du présent et s'efforce d'éloigner de lui toutes les questions d'ordre pratique, parce qu'il les juge mesquines et terre à terre.

e) Il est un émotif dans toute l'acception du mot : il est un plastique qui réagit sans cesse aux influences sensorielles. J'aime à le répéter, La Fontaine a vécu la plupart

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