Laxson, llislolre de la Litlénilure fran^aise^ p. oîiO
(les passions — bonnes ou mauvaises, — il a réagi à une foule d'influences sentimentales. Parfois il aime son épouse, d'autres fois il chante les doux avantages du concubinage. Aujourd'hui il glorifie le vin et la femme, demain il déplore son inconduite et sa paresse. Dire après cela, avec TaineS que « ses émotions sont parmi ce qu il y a de bon et de beau dans l'homme »,ce serait de l'inconséquence. Sans doute quelques-unes de ces émotions sont nobles et esthétiques, mais combien d'autres appartiennent à l'homme sensuel, indolent et licencieux ? N'oublions pas qu'il a dit un beau jour : « Il n'est rien qui ne me soit souverain bien. > Certes, s'il n'a jamais accompli d'acte déUctueux, il n*en a pas moins commis des actions que sa conscience devait lui reprocher fortement : passe à la rigueur pour l'époux, mais a-t-il été un bon père? Dieu me garde d'insinuer qu'il est plus ou moins respectable ou consciencieux, je veux simplement constater qu'il s'est fait parfois l'apologiste de sentiments qui, au lieu d'ennoblir l'homme, le rabaissent. Telle est ma pensée avec rien de plus, mais rien de moins.
/) Enfin, c'est un inconséquent, c'est-à-dire un impulsif, qui change sans cesse d'avis, d'opinion et de conduite. Il est à la merci des influences du moment, il pleure et il rit tour à tour du même sujet, il loue aujourd'hui ce qu'il condamnera demain. Malgré cela, on ne saurait contester sa sincérité : ce n'est pas un fourbe ni un dilettante et, pour ma part, j'ai tenu le plus grand compte de ses propos et de ses déclarations. Sa nature spontanée, son langage sans ambages, le mettent à l'abri de toute critique malveillante, c'est-à-dire écartent l'hypothèse qui en ferait un malin et un hypocrite.