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SA MÉMOIRE, SES ASSOCIATIONS d'iDÉES 37
mais encore qu'elle est peu développée et peu cultivée. La Fontaine n'est-il pas Tadversaire résolu de l'effort et de la fatigue ? Il ne suit en tout et pour tout que son bon plaisir. Nous savons qu'il n'a jamais su se faire effort à lui-même pour apprendre la terminologie et la technique en rapport avec sa fonction de Maître particulier des Eaux et Forêts. Aussi l'abbé Furetière a beau jeu quand il reproche à l'indolent fonctionnaire de ne rien savoir de son métier :
Sa capacité est telle qu'après avoir exercé trepte ans la charge de Maître particulier des Eaux et Forêts, il avoue qu'il a appris dans le Dictionnaire universel ce que c'est que du bois de grume, qu'un bois de marmenteau, qu'un bois de touche, etc...^
Il en est peut-être de même pour ses connaissances juridiques. Dans tous les cas, lorsqu'on l'accuse de porter à tort le titre de gentilhomme, il se renseigne un peu partout, comme le ferait un ignorant de la procédure. Finalement il se choisit un avocat, avouant ingénument à M. le duc de Bouillon qu'il a laissé — pour cette affaire — toute l'initiative à son défenseur qui, d'ailleurs... « perdra sa causer ».
Sa mémoire redevient fidèle, vivace et précise, dès qu'il l'exerce, à propos de l'amour et de la bagatelle. S'il ne sait pas la langue de son métier, s'il ignore les choses du droit, qu'il a pourtant apprises autrefois, il se rappelle sur le bout du doigt, les noms, les attitudes, la taille, les tics, les habitudes et, s'il y a lieu, le degré de complai-
i . Je n'accorde pas aux paroles de Furetière une créance absolue : il s^agit là d'une épigramme. Voir la réponse de La Fontaine à Furetière , t. IX, p. 96.