T. IX, p. 231 et suiv. : Lettre à sa femme
92 JEAN DE h^ FONTAINB
roi ait osé faire mettre e^ prison «on éifiinent protecteur !
Je ne puis te rien dire de ce que ta m'as écrit pour mes affaires, mon cher ami ; elles ne me touchent pas tant que le malheur qui vient d'arriver au surintendant * .
Son émotion est ici émouvante. Il écrit sans savoir oii il a la tête ; il pousse de nombreuses exclamations. La fin de sa lettre est également significative :
Adieu, je t'en dirais beaucoup davantage si j'avais l'esprit tranquille présentement ^.
Mais, avons-nous dit, soi^ affectivité s'exerce à propos de sujets divers et souvent d'une importance plus ou moins grande. ïl lui suffit de rencontrer des bohémiens (c en guenilles » peur qu'il en soit profondénientémotionné.
Je frémis d'horreur à ce spectacle, et j'en ai été plus de deux jours sans pouvoir manger^.
Où trouver un exemple plus frappant et plus signi^catif de l'influence delà vie mentale sur la vie physiologi4ue ? Ainsi on dépeint d'ordinaire le fabuliste comme un homme froid et indifférent ; nous le voyons incapable de manger, parce qu'il a vu des « individus » laids et misérables, ou plutôt parce qu'il a vu un tableau répugnant, car son émotion est ici d'ordre purement artistique. Sa pitié ne va pas, pour ainsi dire, tout droit vers ces « pauvres diables de bohémiens », puisqu'il ne fait à ce sujet