T. IX, p. 361-362 : Lettre à la Champmeslé
SA SENSIBILITÉ. — Sdïï AÏ'FECTIVÎTÉ» — SA VOLONTÉ il
tiqUë. Eh cela, il iie fee paye pas de mots îii de chimères : Il se hidritre ardent^ itiipétueux et presque etigeaht; Il aittife à donner mn bpihion sut* la beauté et le tiiéHtë defei femmes. Il parle en toute éincédté, tar « houhi feoit qui mal y pense ».
Tant de beauté en sa personne el de richesse en son véiemerit tenteraiénl le prertiier venu^
Il nous a déjà dit souvent que les plaisirs du sens génésique ne peuvent être complétés que par les plaisirs delà bonne chère. Nous savons qu'en roccùrtence, ilaimeàse vanter des bons repas qu'il a faits. Nous savons aussi qu'il aime à célébrer les vertus du boh vin.
Les émotions d'angoisse, de surprisé, etc., sont particulièrement intéressantes, chez La t'ontaine, lorsqu'elles sont provoquées par des femmes. Nous sommes édifiés, sur ce point, si nous lisons sa correspondance avec Une de ses maîtresses, M°" Ulrich ^,
Il éprouve, pour cette femme^ une violente passion* Quoi que des amis aient pu lui en dire, rien n'a pu diminuer son amour pour elle. Mais, à un moment donnée uh point noir vient troubler le bonheur des deux amis. Cette femme ardente et Jiassionriée a un mari et un iriàri légitime.' Le spectre ou l'image du mari apparaît un jour dans ridëàtion du fabuliste : il redoute d'être Surpris pat lui. Consciemment ou non, il semble qU'il se rappelle
i. T. Vliî, p. iBi : llv. II, Psyché.
2. T. IX, p. 422-426 (deux lettres) M- Ulrich était fiUe d'un des quatrevingt-quatre violons de la musique du roi ; elle épousa le Suédois Ulrich qui était maître d'hôtel. Cette femme est restée célèbre par ses débauches. EUe fut l'objet de plusieurs rapports de police. N'ayant pd rétissir à entrer dans un couvent, elle fut placée finalement à l'Hôpital général, où elle mourut.
de son aventure avec Tabbessede Mouzon. Dans ce cas, il ne fut surpris que par une femme, et encore par la sienne ; tandis qu'ici il peut avoir maille à partir avec un homme assez robuste et peut-être... fort nrauvais.
Mais j'en viens toujours à ce diable de mari, qui est pourtant un fort honnête homme. Ne nous laissons point surprendre... Je meurs de peur que nous le voyions sans nous y attendre, comme le larron de l'Évangile K
Ainsi, on le voit, son émotion est parvenue à son comble. Il redoute encore autre chose, mais cela vient en seconde ligne. Il va renouveler ses recommandations ;
Évitons cela, je vous en supplie et si nous pouvons... car je ne suis pas non plus répondant de Madame dont je me suis porté pour caution envers, un époux qui est quelquefois un peu mutin ^.
La Fontaine est si ému, sa maîtresse est si volage, si insouciante que le contraste de la situation devient particulièrement piquant. Il ne pourra pas clore sa lettre sans faire un dernier appel à la prudence de M"' Ulrich, ni sans manifester, une dernière fois, son inquiétude :
Ne nous laissons pas surprendre, je vous en prie 3. •
La dernière peur, l'ultime émotion du fabuliste, se manifeste au moment du danger suprême, c'est-à-dire au moment où il croit qu'il va trépasser. Il écrit alors à Maucroix une lettre, dans laquelle il se révèle comme un pénitent humble et repentant :