‹ Fontainebleau (volume 3)Chapitre 5 sur 131 · Voir ci-dessous, p. 175 et suiv · texte numérisé non relu

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Le fabuliste, qui préfère cloiguer les difficultés de ce genre que de les résoudre, s'absentede plus en plus souvent de la maison familiale etsecomplait à trouver un dérivatif à ses malheurs domestiques dans les plaisirs futiles et mondains. Il tourne ses regards vers la vie gaie; il admire et loue les femmes de ses voisins ou de ses amis. Dès ce jour, il vivra, tout le long de sa route, des aventures galantes qui défrayeront la conversation de ses contemporains. Entre mille autres, son histoire avec Tabbesse de Mouzon est restée célèbre. Sa femme Tayant surpris, fiagrante delicto, en compagnie de la « révérende » religieuse, il se contente de « rengainer », de tirer une révérence et de s'esquiver :

Révérende mère en Dieu, Qui révérende n'êtes guère',

écrira-t-il plus tard à cette compagne d'un moment. Lorsqu'il s'ennuie à Château-Thierry, il a un refuge fort gai et tout indiqué dans l'hospitalière maison de son ami, le chanoine de Maucroix, qui jouit d'une grasse prébende dans la bonne ville de Reims. Dès lors, grâce au fructueux canonicat do son bon camarade, les fêtes se succéderont sans interruption.

C'est bien à tort que son père lui a légué sa charge de maître particulier des Eaux et Forêts ; il n'en a cure. S'il visite les « domaines», c'est en poète et en rêveur, mais jamais en fonctionnaire soucieux de sa charge et de sa mission. Qu'est-ce qu'un bois do grume? qu'est-ce qu'un bois de marmenteau? Il no le sait ou s'en moque.

1. Ballade à iabbesse de Mouzon^ t. IX, p. 102 et note 1. Voir aussi p. 179 et suiv. de notre ouvra^çc.

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La naissance de son fils ne corrigera en rien ses sentiments presque antitamiliaux. Il est indifférent pour la mère, il va Tétre non moins pour Tenfant. Il ne faut pas croire qu'il est indigne d'être époux, qu'il est tel parce que méchant et pervers. Cela Tennuie de diriger une famille, cela Tennuie d'être chef de maison, cela Tennuie de s'occuper de son enfant. Il aurait mieux valu qu'on ne Tait pas marié; il était fait pour vivre seul; il ne peut assumer aucune responsabiUté d'ordre social.

A trente-cinq ans, vers 1656, ses affaires sont littéralement « embourbées ». Cette fois, il va sortir de sa « torpeur »; Tûpre besoin va le réveiller un « brin ». De Reims, il adresse des lettres d'affaires à son oncle Jannart, qui témoignent de l'impérieux besoin d'argent dans lequel il se trouve. Son père n'est pas au courant de tout ce qui se passe chez lui. « Je ne romps jamais la tête à mon père de mes affaires ^ » Le voici qui vend la ferme de Damart, provenant de sa femme. Dans la joyeuse compagnie de Maucroix et de quelques autres amis, il va achever de « dépenser » le peu de fortune qui lui reste. Ruiné, il prend une décision importante. Ayant pour tout bagage littéraire sa « précieuse » adaptation de VEuniiqtie de Térence, il laisse là femme et enfant pour venir chercher la « fortune » à Paris. Son oncle Jannart, qui l'a obligé et qui l'obligera si souvent encore, l'accueille chez lui et te présente au surintendant Foucquet, dont il est le substitut. Ce seigneur, ce maître de la finance, tient à honneur de protéger, avec ostentation, les sujets de la république des lettres et des sciences. Foucquet accueille avec bien veillance notre jeune écrivain : il le « pensionne »,

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