Lettre I h Jannart, t. IX, p
même au bout de peu de temps. Voici donc le fabuliste débutant dans Tagréable fonction de « gazetier » de grand seigneur. Sa charge se réduit à fort peu d'obligations : il se libère quatre fois Tan, vis-à-vis de son Mécène, par quelques bouts-riraés, courts, bien « troussés » et de taille « mignonne* ». Il garde par devers lui la plus grande partie de son temps. Qu'en fait-il? Nous le voyons lisant plus que jamais les anciens, les modernes et les auteurs italiens. De temps à autre il s'échappe à Reims, chez son ami Maucroix. Les seigneurs du xvii* siècle ont presque un culte pour les hommes de lettres ; ils leur ouvrent toutes grandes les portes de leurs palais. La Fontaine va être rapidement populaire dans les salons et les cénacles littéraires. A trente-huit ans, dans une pastorale un peu précieuse, il nous dépeint la célèbre campagne que possède, à Vaux, son protecteur. Mais son génie est encore en sommeil. A la fin du songe de Vaux, il se plaint justement (le ringratitude des Muses à son égard. La sécheresse poétique dont il se sent atteint le plonge dans une « noire » mélancolie :
Hélas! dis-je, pour moi, je n'ai rien fait encor; Je ne suis qu'écoutant parmi tant de merveilles. Me sera-t-il permis d'y joindre aussi mes veilles ? Quand aurai-je ma part d'un si doux entretien 2?
Mais les Muses seront, pendant quelque tejnps encore, sourdes à sa prière. Qu'il se rassure; si elles le mettent ainsi à l'épreuve, c'est pour l'en récompenser plus tard.
La disgrâce qui frappa Foucquet aurait pu être mortelle pour le fabuliste ; cependant, presque aussitôt,