‹ Fontainebleau (volume 3)Chapitre 65 sur 131 · T. VIII, p. 160 : Psyché · texte numérisé non relu

T. VIII, p. 160 : Psyché

« boutade » d'un esprit fatigué et découragé de la vie. Cette parole n'est que l'aboutissant naturel de quelqu'un qui a beaucoup joui et peu peiné. C'est un cri de lassitude morale et physique ; c'est, chez lui, un signe de déchéance et de mort prochaine.

Philosophie sociale. — La société est divisée en classes, en castes nombreuses, dont la longue énumération constitue un fonds toujours fertile pour Fample comédie en cent actes divers. Tout entre dans la composition de la société : le beau, le bien, le laid, le mal, le ridicule. La foule est impulsive, ignorante, c'est :

ï/animal aux têtes frivoles'.

La foule s'émeut pour un rien et se passionne pour pou de chose; elle est à la merci d'un « meneur », car elle ne sait pas se conduire, se maîtriser; elle ignore maintenant ce qu'elle doit faire dans quelques instants- : elle est changeante et ignorante :

La foule s'étonna comme il se pouvait faire Qu'un homme seul eût plus do sens Qu'une multitude de gens 3.

L'homme quel qu'il soit est l'égal de son semblable. Il n'est rien do plus puéril que les distinctions sociales, car le berger et le roi « sont sous même planète' ». Cependant la société est organisée de telle sorte que le pauvre souffre pour les autres, qu'il est l'esclave des classes

1. T. II, p. 232 : liv. Vlll, fable IV, le Pouvoir des Fables.

2. Voir notre ouvrage, Etudes de psychologie normale et pathologique de la femme dans la société: tout le chapitre II (V. Michalon, Paris, 1905).

3. T. L iii-18, p, 195 : liv. II, fable XX, Testament ejrp ligué par Esope.

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