T. II, p. 296 : liv. VIII, fable XVI, l'Horoscope
aisées ou riches. Nous savoas combien est grande, au xvii° siècle, la misère du peuple. Les plus nombreuses familles sont logées dans des huttes misérables ; les plus beaux échantillons de la race sont soumis à des privations continuelles. C'est pourquoi Platon a dit que Tamour est fils de la pauvreté ^
Et La Fontaine s*empresse de nous consoler de la pauvreté, car elle n'est « pas un vice ». Pour sa part, il est resté une « cigale » durant toute sa vie. Ne dit-il pas complaisamment que c'est une misère que d'être riche?
Les seigneurs et les grands vivent du labeur et de la peine du pauvre. Il ne faut donc pas penser à mal, lorsqu'il nomme parfois le paysan : un cancre, un hère, un pauvre diable.
Aimons-nous les uns les autres, va-t-il répétant sans cesse, car l'on a souvent besoin d'un plus petit que soi. L'union est fille de l'harmonie ; elle donne la paix et elle rapproche les cœurs.
Gardons-nous de la sottise, de la vile vanité, car elle est parente de l'imprudence et du babil.
N'oublions pas que la société mange à deux tables différentes, dont Tune ne fournit à l'autre que les miettes, que les restes. Qu'y a-t-il de plus saisissant et de plus vrai que l'aventure du pot de terre et du pot de fer ? Quoique la raison du plus fort soit toujours la meilleure, il est bon cependant de ne point se laisser vaincre sans opposer la plus ferme résistance.
L'homme, qui tient toujours du « milieu » dont il vient, ne doit point forcer son naturel, ni contrarier ses tendances.