‹ Fontainebleau (volume 3)Chapitre 67 sur 131 · T. Vin, p. 112 : Psyché · texte numérisé non relu

T. Vin, p. 112 : Psyché

t^ JHArf Um LA fOîfTJkTfK

.Si Ton veiit r»*!i«Br lan.** La vie. il 6wit **tr» «le ï^m it Ui plie et ae rtmps^paâ «lit le roseaa' .

n n'y A d'heiireax -^iie «•ein '\iii :?embleat l'être, ec ITiômme «^ui « pleui^ •» ^e:* «iooleiirs iii«>acre biea sa nacar»^ faible ►^t mLserihle.

n faut aimer le travail par-»le:»siia toat^ parce «i^a'il est •< an tréî*«/r » , Ne pro«!nre-t^ pas Je grandes o3ns<j{aii^C5 et»ie pr»^:ieii:4e^ joies? La moUe oûsiveté, aacoaCraire. es; la m*^re «ie toiw le^ Tii^e*. f insûgattioe de la (etUatk^a.

L'oa diiit ^e détîer ila tn>cnpear. de l'hypocrite, car Li m^'*tiance e^t la mère de la ^iireté. Mai» le trompé doit se venger «lu tronipear, parce qa'il y a •i«>abie plaisir à tromper le trr>mpeiir.

I>a propriété e-^t au premier «^rcupant: «.^et aaîre n'est pai^ plii.H a Jean l^pin qu'a t«jut autre : je puis donc m'en :i».er^ir. pui^i^îie j'«^ri suis le preruier hôte.

Ne -e-t-il pa5i «iépeint lors«|u'il a »iit : lliommeest faible. léger, inconstant et tient, mal sa panjle: il bénit aujourd'hui ce qii il abhorrera «leruain ; il toome à tout vent: il e5it le pliH rapri'^ieux Je tous les animaux ?

l/hyp^>^:rite, le faux, le saint homme Je rat qui se retire rlanM un fromage Je HollanJe, Perrin DanJin qui non?* (Ui\tf', le soigneur qui nous vole, le prêtre qui nous /lupo, le pépiant qui nous ment sont nos meilleurs éducaieurn, p;irre qu'ils nous apprennent la vie k nos dépens. \U'Vt''û'V('^ cr;s tniits épars et forcément incomplets, que nouH rtitouM au hîiM;inl do la plume et qui sont Jevenus Jes

proverbes de la vie courante, il n'est pas malaisé de deviner les tendances d'esprit du fabuliste. Sa morale est tout utilitaire ; elle est faite de réciprocité. J'ai besoin de mon semblable, et mon semblable a besoin de moi.

Mais La Fontaine ne s'est bien connu lui-même que pour s'aimer davantage. Il pense d'abord à lui avant de jeter un regard sur les autres. Il n*y a qu'à parcourir sa vie pour se rendre compte qu'il s'est montré trop souvent égoïste et indifférent pour autrui.

La philosophie de La Fontaine nous fournit de nombreuses preuves de sa curiosité scientifique. Il s'efforce toujours de rechercher les raisons naturelles et mécaniques des choses.

Il est un précurseur immédiat des encyclopédistes, car il a des tendances rationalistes. Comme les écrivains dii xvm* siècle, il possède déjà cet esprit critique, cette vaste curiosité qui constituent la base même de l'édifice scientifique; de même qu'eux, il rejette comme indémontrables, conime vains, les problèmes des éléments derniers des. choses ; comme eux il délaisse et persifle la religion et les prêtres.

Il préconise la science vraie, objective, palpable; il aime tout ce qui tombe sous les sens ; il recherche en tout les « raisons » naturelles et compréhensibles .

Nous savons que sa « foi >> est nettement différenciée de sa science.' Il distingue fort bien le domaine de la raison de celui de la croyance. Pour lui la foi est nécessaire, mais elle est spéciale et intime à chacun.

N'est-il pas rationaliste (nous dirions, aujourd'hui,

i28 JEAN DE LA FONTAINE

presque positiviste), lorsqu'il nous propose, pour plus Je sûreté, de réaliser le bonheur en cette vie? Il nous engage à y vivre le plus agréablement possible, parce que, à Tinstar d'Escobar, il semble dire : après tout, s'il y un autre monde, nous le verrons bien.

Au total, il y a deux hommes, je veux dire deux philosophes, chez La Fontaine. Celui du xvii" siècle, qui émane du moyen âge religieux et mystique, et celui du xvni* siècle, qui est devenu tel par la réflexion. L'un a peur de l'enfer, du diable et de la justice divine; l'autre s'éduque chaque jour et ne veut connaître que les joies et les biens de ce monde.

Mais, dès que la maladie le frappe, dès que la mort lui semble proche, le croyant par atavisme chasse le libertin qui est d'origine récente. Il se souvient alors de son éducation première, il redevient naïf, peureux et suggestionnable. La mort va venir, au diable l'esprit fort ! Dieu va juger, sans appel et .à tout jamais. Ici aussi Tinconstance remet toute chose en place, car cet état de faiblesse et de crainte ne dure pas plus de temps que la maladie. Dès que le danger a disparu, le libertin revient à la surface et se redresse plus lier et plus convaincu qu'auparavant.

C'est là le vrai La Fontaine, il est profondément rationaliste. S'étant repenti sur le tard, alors que ses sens se troublaient, nous doutons de la sincérité et de la valeur de sa conversion, parce qu'elle n'a pas été provoquée en toute liberté d'esprit et parce que, en définitive, c'est le mal et la peur qui semblent en être la cause. En admettant même que le fabuliste soit devenu librement un sincère pénitent, il n'en reste pas moins acquis que, durant son existence, il affichait un certain scepticisme, à l'égard de la Religion.

Page 1