‹ Fontainebleau (volume 3)Chapitre 72 sur 131 · T. IX, p. 393 : lettre à la duchesse de Bouillon · texte numérisé non relu

T. IX, p. 393 : lettre à la duchesse de Bouillon

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Mai* ce^ $*-r.*. !îf«« l'avons -lêja vu. n«:*us trompent *-..aTAi;i. Li n:«"r.. ler.îen-iemeti doit <-«>rricer* à tout rr.oïïr.er.t le* f-ïTcep'ivn* -iu ni^^nôe extérieur. La Fontaine a'ime: et eiplirie volontiers re< • îlin^ion* ■ sensorielles, V •J^f.mp'ri'* ie? iUîiSK»^^ «le la voe, rriais il ne peut admettre, |<ir rai'^'n «• i îiar <enûmenî. q'ie la couleur ■• soit aussi une halîu"în::!i'!i. Il nest }fcasf->*siWe qu'il n'v ait pas de rouleur au monde. I^tte peau blanche de femme, ces J^aiix cheveux Roir< de telle Philis. de telle Jeannetim >ont iiT'V-h-? .\ll«»:.'i dorïc! Et sc»n ■ {persiflage •• contre le< phi!''^>j»he< et •••■r.îre I>escarîes re«:Mramence tle plus belle. Par ^enlin:er:î. il s^^Dible n»»us ilire : -* Ces veux bleu<. «es \*rê< vert> que j'ai tant aimt*<, qui m'ont pris parf'»î< UiTii d»- temps, seraient donc factices, irréels? Il n'e^l pa^ {«-"i^sibl»^ que j'aie plac»* mon affection dans de la r-hin:»-:»^. il ne^l p:i< ailmissible que je me sois leurré à re jM-iiii. Sans doiite. jMMir des raisons suffisantes, j'a«im*'*t> «certaines illusions de mes <ens : mais je ne vais pas plus loin, carcv'ite théorie me désillusionne, m'enlève le« plus rfK*rs de nies rêves . Tel est bien le langage t*rr«':ié dr» notre poêle : il se refuse, cette fois, à faire <»'uvre de logjrien jusqu'au bout. Il n'eût pas été moins >nrpris. s'il avait a>sez vécu pour apprendre que la coub'ur ut^<\ autre «Irnse qu'un '• complexus »• de mouvements.

L'émotion, la passion est la base de tout être pensant: elle est le meilleur ressort de la vie. elle pousse sans r(^<>(' l'homme à l'action. Il v a deux grandes sortes de pas-

\. T. II. p. 201 : liv. VII, fable XVIll. Un animal dans la lune,

2. T. I\, p. :i-':{ et siiiv. : Lettre à la duchetse de Bouillon, loc. cil.

sions : la passion gaie et la passion triste ^ A la base de toute émotion, quelle qu'elle soit, il voit un élément commun et universel : la surprise.

L'émotion « choc » est la plus commune en même temps que la plus véhémente. Elle paralyse maintes fois l'individu dans ses fonctions physiologiques et psychiques. Nous avons pu voir que La Fontaine a été souvent contrarié de ce côté.

L'homme à qui Ton apprend subitement une mauvaise nouvelle se montre aussitôt tout transformé :

Tout lui manque à la fois, Les sens et les esprits aussi bien que la voix 2,

et, s'il lui arrive de courir quelque danger ou s'il \ient d'apprendre quelque fâcheux événement, le voici qui arrive avec les sens « troublés », et les « poumons tout essouflés^ »,

L'émotion forte (d'origine joyeuse ou triste) se caractérise souvent par le relâchement général de notre volonté, par des phénomènes organiques, comme la paralysie pharyngienne, la perte du sens de l'équilibre et de l'orientation, qui ont souvent pour résultat de nous coucher immédiatement à terre :

Le pauvre homme, Honteux, surpris, confus, non sans quelque raison, Pensa topiber en pâmoison 3.

i . Voir tout le chapitre iv de cet ouvrage. Passion est entendu ici au sens d'émotion, de sentiment : c'est le sens qu'on donnait à ce mot au XVII* siècle.

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