‹ Fontainebleau (volume 3)Chapitre 81 sur 131 · Ihid · texte numérisé non relu

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3. Ibid. Voir aussi Descahtes, Discours de la Méthode^ p. 34.

plisse SOU horoscope. C'est dire qu'il est impossible de réformer le caractère ou le naturel d'un individu :

Quoi qu'on fasse, Propos, conseil, enseignement, ' Rien ne change un tempérament '.

A un troisième moment de son existence, il atténue un peu son opinion : il croit, dans ce cas, que la volonté, le vouloir peut agir d'une manière efficace sur le caractère et les mauvaises habitudes. Le fataliste est devenu un « déterministe » modéré, rationnel et scientifique, disonsnous aujourd'hui. Il regrette alors beaucoup d'être un faible de caractère ; il se plaint mélancoliquement de sa conduite à M™" de la Sablière.

Il proclame hautement une certaine liberté et avoue qu'il est seul responsable de tous ses errements. Comment modifier son caractère ? La chose est pourtant possible, quand on le veut. Et Jean trouve maintenant le meilleur moyen de parvenir au but. L'on ne saurait se réformer en un. jour^. Il faut donc du temps et de la patience : il convient de ne combattre que l'une après l'autre ses niauvaises habitudes. Cette tactique prudente et sage est, sans aucun doute, la meilleure en pareil cas. Il est probable, sinon certain, que La Fontaine, ne l'a pas appliquée sur lui-même, ou, s'il l'y a appliquée, ce fut durant peu de temps, car, dans une autre circonstance, il change encore d'avis ; il estime alors que l'on doit « se corriger » quand on est jeune, parce que, dès que l'âge mûr arrive, il est presque toujours trop t«ird pour le faire.

1. T. II, p. 292 et suiv. : llv. VIII, fable XVI, VHoroscope.

2. T. III, p. 12'i : liv. XI, fable V, le Lion, le Sinr/e et les Deux Anes.

i52 JEAN DE LA FONTAINE

En résumé, Jean reconnait toujours l'action efficace de la volonté, lorsqu'il s'agitde réformer des habitudes banales.

Mais il montre nettement qu'elle est impuissante, dès qu'elle exerce son pouvoir sur le tempérament et le naturel acquis ou innés. En définitive, il la croit tantôt capable de modifier le caractère acquis, les habitudes prises, tantôt impuissante à le faire, selon qu'il est dans la passe d'optimisme ou dans la passe de pessimisme.

La volonté est l'économie de Tefi^ort. C'est par la volonté que nous acquérons des habitudes. L'habitude rend de plus en plus faciles et aisés nos actes physiques ou psychiques. Cette répétition incessante de la même action, crée « l'accoutumance » et nous fait prendre le « pli ». De la sorte, tout nous semble réalisable et « familier* ». L'homme possède une très grande plasticité. Il peut s'habituer indifféremment au mal comme au bien, à la paresse comme au travail. La volonté conduit à l'habitude. Celle-ci s'exerce de diverses manières. Telle figure humaine peut me paraître, pendant quelque temps, repoussante, répugnante même ; mais la vision s'y accoutume bien vite et la répulsion de la première heure s'atténue peu à peu.

Et peut-être que l'accoutumance effara, à la fin, une partie de la laideur du nouvel esclave^.

Mais l'esprit, toujours en éveil, toujours en mouvement, épuise vite l'individu. Cette activité permanente, cette attention toujours tendue, cette volonté toujours agissante provoquent la fatigue, c'est-à-dire le sommeil. Les « nerfs

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