T. VI, p. 94 : conte vu, o« partie, le Belphégor
elle crée des hallucinations sensorielles. Elle voit des gens là OLi il n'y a môme pas des ombres ; elle invente partout et sans cesse des ennemis fantaisistes» Le jaloux rencontre à tout moment Tobjet de sa « crainte » ou de son délire. Il imagine constamment des scènes chimériques; il s'abîme dans la douleur ou couve une vengeance. Jalousie, n'es-tu pas un :
Monstre toujours fécond en fantômes divers • ?
Les faibles, les timides sont toujours des scrupuleux. Ces hésitants ne savent pas se conduire dans la vie ; leur faiblesse générale les. empêche de réahserles désirs ou les actions louables qui naissent dans leur cerveau. Les âmes mystiques, qui pratiquent trop méticuleusement les petits préceptes de la religion, aboutissent presque toujours au scrupule le plus formel. Tels ces saints et ces dévotesqui voient constamment Tœil de Dieu, qui analysent avec une grande abondance de détails toutes leurs actions : ils deviennent nécessairement des faibles, des soumis, des scrupuleux 2.
Toute feinte est sujet de scrupule à des saints 3.
La honte, la rougeur, la timidité dépendent aussi pour une bonne part du scrupule. La honte, entre autres, ne va
1. T. VIII, p. 370 : Élégie n* 5. — Je recommaiide la lecture de cette <« élégie », parce qu'elle présente une analogie frappante avec celles que Musset écrira plus tard.
2. Voir VAScniDB et Vukpas, la Logique morbide^ t. t (seul paru) (1 vol. in-18, Société d'éditions scientifiques, Paris, 1903). -— Ces deux auteurs s'efforcent de montrer, comme La Fontaine, que le souci permanent de Tauto-inlrospection, conduit nécessairement et rapidement ù la logique morbide.