‹ Fontainebleau (volume 3)Chapitre 9 sur 131 · T. IX, p. 118 : Êpîfre à la surinfeitffanfe · texte numérisé non relu

T. IX, p. 118 : Êpîfre à la surinfeitffanfe

SA MÉMOIRE, SES ASSOCIATIONS d'iDÉES 33

La mémoire affective, c'est-à-dire celle qui est liée, qui se rapporte à des faits, à des événements émotionnels, est chez lui, comme chez beaucoup d'individus, fidèle, nette et précise.

La Fontaine possède une sensibihté fine et délicate; chaque fois qu'une émotion joyeuse ou triste heurte le seuil de sa conscience, il y réagit fortement, parfois même démesurément. C'est ainsi que le «jeu de Tamour » occupe chez lui une place importante : tout ce qui, de près ou de loin, se rapporte à cet ordre de sentimentahté est enregistré, puis remémoré, avec un luxe de détails surprenant*.

Lorsque Foucquet offre au jeune roi, Louis XIV, dans sa somptueuse campagne de Vaux, la superbe fête qui lui coCita sa liberté, Jean est par là, caché dans quelque coin; il ne laisse rien passer. Il remarque finement que, entre autres choses, les « nymphes » ont sans cesse les yeux sur le roi, « ce à quoi on ne prit sans doute garde * ».

Après nous être rendu compte que les oublis qu(^ commet le fabuliste sont surtout en rapport avec des faits de détail, il importe aussi que nous constations que, très souvent, cette mémoire des petits faits et des petits détails fonctionne, chez lui, d'une manière impeccable. Mais nous verrons aussi que, plus souvent encore, il ne se rappelle que le fait général au lieu et place des faits particuliers.

Le voici décrivant à sa femme un paysage qu'il vient de visiter :

• La première (rivière) que nous rencontrâmes, ce fut l'Indre. Après ravoir passée, nous trouvâmes au bord trois hommes

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